Monday, April 9, 2007

Le repos du guerrier.



(Version revue, corrigée et enrichie de l’ancien texte).

Rien ne vaut l'exercice et l'effort physique intense pour combattre le stress. Courir jusqu’ à en perdre haleine, ralentir pour récupérer, et puis repartir de plus belle. Pousser sa machine jusqu’à l’extrême pour s’arracher des tréfonds mêmes de ses cellules, ne fut-ce que l’espace d’un moment, le souvenir déchirant d’être né au Liban et d’en être tombé irrémédiablement amoureux.

Il est un instant merveilleux que je connais bien ; celui du dépassement de ce qu’on croyait être le seuil ultime de ses capacités physiques ; lorsque la fatigue, la nausée et la douleur musculaire s’estompent comme par magie, pour faire place à une sorte de béatitude sereine et vaporeuse.

Et l’on se sent soudain comme lovés à l’intérieur d’une bulle translucide et ouatée qui nous isole du monde, tandis que nos sens deviennent paradoxalement mille fois plus acérés.

Et l’on sent le doux ultra violet bienfaiteur du soleil de Mars se frayer langoureusement un passage sous sa peau, et l’enivrante senteur tenace de la mer envahir tout notre être de ses relents iodés faits d’algues et de lichens mêlés à du souffre et du sel ; ce sensuel parfum marin incrusté dans la mémoire millénaire de nos gènes et qui fut à l’aube d’un jour perdu dans la nuit des temps, l’odeur même des entrailles océanes, berceau de nos origines premières.

C’est en ces moments magiques que m’apparaît la vérité crue dans toute sa cruelle nudité, et le péché impardonnable qu’est celui de dilapider cette essence précieuse et éphémère qu’est la vie, en de navrantes imbécillités futiles et sans issue.

Combiens stupides me paraissent alors des questions comme 19+10+1 contre 19+11, et combiens lointaines et absurdes deviennent les machinations désespérées d’un Walid Joumblatt, les analyses alambiquées d’un Seymour Hersh, les admonestations cyniques de Condoleeza la vilaine et les menaces de Zipora (Tzippi) Livni.

Ceci dit, et malgré le fossé éthique et idéologique incommensurable qui nous sépare, je ne peux toujours pas m’empêcher de ressentir de délicieux picotements me courir le long de l’échine à chaque fois que la maturité blonde et glorieuse de la pulpeuse Zipora fait son apparition sur mon écran TV ; preuve irréfutable d’une solide nature qui refuse de laisser mes opinions politiques influencer ma libido.

Quel beau pays stupidement dilapidé et que de braves gens sauvagement sacrifiés !

Les Libanais sont bons, positifs, intelligents et généreux ; j’en suis des moindres…

Alors pourquoi se laissent-ils mener comme des moutons vers l’abattoir par des criminels sans scrupules ,et comment faire pour que cela cesse à tout jamais ?

« ÉCRASONS L’INFÂME », répétait inlassablement Voltaire en parlant de la religion.

Ô grand homme, respect et vénération pour ta pensée et ta mémoire.

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Le soleil a mis son pyjama (comme disait mon cher et regretté Léo Ferré).

Quel beau pays qui est le mien, et quel coucher de soleil grandiose sur cette Méditerranée ancestrale, berceau des civilisations qui ont donné à l’esprit Humain ses lettres de noblesse.

Notre Liban a été béni d’amont en aval par un littoral magnifique qui fait de lui une longue plage merveilleuse qui n’a point de pareil. Qu’en serait-il advenu si, dès le début, des dirigeants éclairés avaient décrété l’interdiction formelle de bâtir quoique ce soit sur la bande côtière pour en faire la plage la plus longue et la plus belle au monde ?

Au lieu de cela, nous voyons aujourd’hui n’importe quel imbécile, appuyé par un quelconque Akhou Charmouta lui-même soutenu par quelque gros Kalb, bâtir illégalement sur un espace côtier qui ne lui appartient pas, une quelconque bouge ou gargote qui nous cache la mer et rivalise en vulgarité et hideur avec les bâtisses avoisinantes érigées par d’autres imbéciles par le truchement de procédés semblables.

Et je vois quotidiennement nos ‘responsables’ sauter comme des cabris et couiner inlassablement sur tous les canaux médiatiques : Le Tourisme…Le Tourisme…, alors que tout est mis en chantier pour défigurer le Liban et le dépouiller de ses derniers attributs touristiques et culturels.

Car c’est à un autre genre de tourisme que nos dirigeants visent, le tourisme du sexe, genre Bangkok ; mais en version de luxe pour hommes du désert assoiffés de chair fraiche et cousus d’or, et dont la conception du tourisme se borne aux quelques mots suivants : Hôtel – Restaurant – Cabaret – Entremetteur – Pute.

Hurriya. Siyada. Istiklal…

Mais c’est le plus grand bordel du Levant que je vois venir, si jamais ‘’ils’’ réussissent à avoir le dernier mot.

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Je t’aime mon Liban, je t’aime et je crains pour toi.

Tu es dans mon cœur.

Ibrahim Tyan.

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