Saturday, June 17, 2017

CHIMĖRES ET AUTRES RÉFLEXIONS CRÉPUSCULAIRES



Un coucher de soleil au firmament cristallin d’un eté Méditerranéen est sans doute l’un des derniers vestiges d’un immémorial Éden, à jamais compromis par l’absurdité de l’homme qui s’en retrouve aujourd’hui frappé jusque dans ses ressources les plus vitales: son manger, son boire, et l’air qu’il respire ; nonobstant le scepticisme du brutal magnat de l’immobilier qui ne croit pas au réchauffement climatique, et que les WASP, Rednecks, et autres KKK de l’oncle Sam ont sacré nouveau Maître du monde, au détriment de la vilaine Carabosse dont le déguisement en Mary Poppins s’avéra insuffisant pour l’Occasion.

Du haut de ma vaine tour de verre et d’acier, j’assistais religieusement au dernier mouvement de l’éternelle symphonie solaire qui émaillait d’une éphémère splendeur les toits de la ville ingrate qui fut un jour la perle convoitée d’une terre idyllique que les Libanais s’évertuèrent, sitôt leur autonomie concédée, à transformer en une véritable porcherie.

***


C’était vers le milieu du siècle dernier  lorsque Albert Einstein qualifia  Gandhi du ‘’plus grand génie politique de notre civilisation’’. 


Fut-il mérité ou nom, ce magnifique hommage  ne peut cependant réfuter la réalité historique concernant le frêle vieillard qui mit l’orgueilleux British Empire à genoux, mais se cassa les chicots sur l’absurde  dilemme intérieur  des différends religieux  qui ternirent  l’éclat de son triomphe et voilèrent de sang et de sécession, la désillusion de  ses derniers jours.

Sagesse millénaire, spiritualité transcendante et l’aura d’un leader mythique n’y purent rien contre la montée sauvage du fanatisme religieux ; véritable VIH de l’esprit, qui poursuit sa proie jusque dans l’au-delà.

A la lumière de cette petite rétrospective, à quoi s’attendre aujourd’hui de la part d’une ignare populace  dépourvue de mémoire et d’aspirations, qui se laisse passivement exploiter par une assemblée d’odieux  sagouins dont le plus éminent est indigne d’essuyer de la largeur de sa langur,  les vieilles sandales au Mahatma ?

Ceci dit, et bien que le temps des  réquisitoires soit définitivement révolu, il demeure impossible de passer outre certains péchés irrémissibles commis par les Libanais ; à commencer par l’ignominie d’avoir irrémédiablement dénaturé cette quintessence unique qui faisait l’incomparable originalité du Liban; mais aussi (et surtout) pour avoir eu la suprême ânerie de remettre leur sort (adonc, le mien), entre les mains de son  Ayatollahissime, Al Waliy Al Faqih.


Sacrés Libanais !

Leur fine fleur ayant déserté le rivage natal  depuis belle lurette, n’est resté au logis  qu’un résidu d’énergumènes et d’hurluberlus, trop malins pour être intelligents, trop pervers pour être fiables et beaucoup trop assujettis pour songer à se solidariser, dussent-ils pour cela  crever de faim jusqu’au dernier.


****
Fuyant le charnier ouvert de leur pays éclaté, une bonne moitié du peuple Syrien partit en exode à la recherche d’un asile protecteur, notamment chez les pays avoisinants parmi lesquels figure naturellement, le Liban. 
 

Mais si pour faire face à cette délicate situation,  des mesures exceptionnelles furent prises sous les auspices de l’UNHCR par tous les pays concernés, il n’rn fut rien au Liban où nos petits Judas coutumiers, permirent à quelque 2 millions d’inconnus de franchir allégrement nos frontières sans autre forme de procès, et d’investir sans la moindre restriction cette nouvelle terre d’opportunités, suscitant un indescriptible chaos économique et social dans un pays à l’équilibre déjà précaire.
 

    

Réfugiés ou envahisseurs ?
That is the question ! 



Paradoxalement, tout porte à croire que l’invraisemblable  état de grâce et de stabilité  dont jouit actuellement le Liban  est essentiellement dû à la présence sur son territoire de ces ‘’envahisseurs’’ que les ‘’Grands’’ ont résolu de les y réserver au frais pour un usage ultérieur.

Mais pour ne point rester dans l’ambigüité, et pour n’évoquer qu’une seule possibilité parmi tant d’autres, rien n’empêche par exemple de recourir à ces miséreux pour en lever de parmi eux  en temps voulu, une armée de dix, vingt ou trente mille assassins, contre lesquels, les missiles balistiques du Parti de Dieu n’y peuvent rien.

Effrayante perspective certes, nais tout aussi inévitable s’il demeure toujours dans les intentions de Maitres du Monde d’en faire de cette terre des ânes, un nouveau Kossovo.

 **** 


Pour toutes ces raisons parmi tant d’autres, je ne vis plus au Liban.

Nuance, je vis chez moi.

Et ce chez moi est un domaine souverain et indépendant où ne sont admis que des insulaires comme moi.

Et lorsque je sors pour vaquer à mes affaires, je ne manque  jamais d’endosser ma carapace de ‘’civilisé’’ pour ne point effaroucher mes gentils contemporains par le spectacle d’un Cro-Magnon survivant de l’âge prénumérique, qui pratique encore le culte du soleil, croit à l’immortalité de l’âme et n’a jamais pu remplacer les sempiternelles conceptions  du Bien et du Mal par celles fallacieuses du légal et de l’illégal.


Anarchisme latent me diriez-vous ?

Même pas.

Juste une immense lassitude, au point d’en invoquer  l’esprit de nnon  délicieux  Michel Audiard pour lui laisser le soin de conclure à ma place avec ce trait magistral: Je ne parle pas aux cons, ça les instruit.

Ibrahim TYAN.  

 



Thursday, December 22, 2016

ADIS ABEBA

En date du 13 Mai 2011, parut sur ce blog, le dit de ‎l'odyssée de la petite Éthiopienne à peine sortie de ‎l'enfance, et de ses déboires lors d'une mémorable ‎escale au pays des croyants, avant de rallier plus ‎morte que vive, le havre protecteur de notre ‎modeste demeure familiale.

Traitée convenablement pour la première fois de sa ‎vie, le petit animal farouche et renfrogné ne tarda ‎pas à muer sous notre toit en une jeune personne ‎alerte, décidée et d'une loyauté à toute épreuve. ‎

Or il advint récemment que la petite, clairement ‎excédée par les coupures d'électricité continuelles ‎qui l'empêchaient de mener à bien ses tâches ‎quotidiennes, me demanda dans un Anglais ‎approximatif inculqué par ma femme à force de ‎patience angélique : - Why government no fix ? ‎

Venant de la part d'une personne présumée sous ‎développée et pratiquement inculte, l'Utilisation à ‎bon escient du terme government me fit tiquer au ‎point de recourir à l'internet pour m'enquérir au ‎sujet de l'Éthiopie dont je croyais jusqu'alors en ‎connaitre l'essentiel.‎

Effectivement, je n'y trouvais que le panorama ‎habituel fait de misère, famine, et différends ‎ethniques, politiques et sociaux ; mais pour ne point ‎rentrer bredouille, j'ai ramené quelques clichés de la ‎ville d'Adis Abela dont j'en ai fait un petit montage ‎vidéo, histoire de montrer à mes chers ânes de ‎compatriotes à quoi ressemble la capitale d'un des ‎pays les plus démunis de la planète. ‎
De tout ce qu'ils possèdent et que nous n'aurons ‎jamais, c'est le spectacle des abattoirs qui semblent ‎modernes et hygiéniques à souhait, qui m'a le plus ‎fait mal au cœur.

‎****‎

Q: - Why government no fix?‎
A: - Hehehe; that is the question. ‎

Ibrahim Tyan ‎

Saturday, May 28, 2016

HAPPY ARABIA*



*Arabia: An ancient mythical and illusionary geopolitical concept that  was temporally revived in the beginning of the 20th century by Col. T.E. Lawrence of the British Intelligence as a mean to unify the Bedouin tribes of Hejaz against the Ottoman occupation. The theory also inspired a group of Mideastern liberals and free thinkers (mainly Christian Lebanese and Syrians ) who strived to market the idea of Arab Nationalism in the region, but to no avail.  

Sunday, April 10, 2016

BY THE RIVERS DARK.

 written, composed and performed by Leonard Cohen. 

Sunday, March 27, 2016

ترشيد النكاح



اطلبوا العلم ولو في الصين     

Tuesday, March 22, 2016

OMBRES ET VISAGES 2016

Ce fut au cours d'un bel après-midi radieux et Printanier de l'année de ‎grâce 1975, que les premiers obus déchirèrent la sérénité Dominicale des ‎faubourgs de la région Beyrouthine et Chrétienne d'Achrafieh, inaugurant ‎du même pas la pratique sinistre et encore inconnue au pays du cèdre, du ‎pilonnage aveugle des zones résidentielles à des fins purement terroristes. ‎ 

En ce Dimanche-là, je me trouvais dans la vieille maison paternelle située ‎au cœur de cette région coutumièrement rutilante de vie et de couleurs, et ‎que la guerre changea en moins de rien, en une longue file de ruines ‎désertes qui divisait en deux, un Beyrouth désemparé de se retrouver livré ‎du jour au lendemain aux pires sévices de l'absurdité humaine.‎ 

Aujourd'hui encore, je garde dans les oreilles le chuintement sourd laissé au ‎passage du premier projectile qui alla s'écraser devant mes yeux incrédules au beau milieu de la ‎chaussée, sitôt suivi par un second qui percuta ‎en plein la toiture au-dessus de ma tête dans une détonation ‎assourdissante. 

‎Et si les bonnes vieilles briques tinrent vaillamment le coup, il n'en fut pas ‎de même pour le stuc ornemental aux plafonds qui s'effondra de toute part ‎dans un vacarme de fin du monde, remplissant la maison d'une épaisse ‎nuée poudreuse de laquelle j'émergeais à moitié groggy, et plus blanc que ‎la conscience du regretté Rachid Effendi qui se prélasse à l'heure qu'il est ‎dans les vastes lupanars d'Allah, en compagnie de son pote Abou-Ammar ‎qui pointa tout irradié au Polonium Hébreu. 

Mais pour en revenir à notre sujet, ce ne fut que plus tard que je me rendis ‎compte de ma veine (!) pour n'avoir eu affaire ce jour-là, qu'à des obus de ‎mortier léger de calibre 37mm, pesant à peine1.5 Kg per unit... une babiole ‎quoi ! ‎ 

Ayant comblé par la suite cette navrante lacune dans mon éducation, je ‎devins rapidement maître en l'art de discerner instantanément le ‎vrombissement feutré d'un obus de mortier, du sifflement mélodieux d'un ‎projectile de canon de campagne, ou encore du miaulement rageur d'une ‎roquette Katioucha ; mais toute cette data partit en fumée le jour où je ‎découvris que l'obus qui aura ma peau sera celui que je n'entendrais jamais ‎venir !‎ 

Cependant, il est des réminiscences que je conserve farouchement et que ‎je me suis férocement interdit d'oublier ; à commencer par le fait que les ‎premiers obus dont il est question tout le long de ce texte, furent tirés par nos ‎frères Palestiniens appartenant au mouvement politique et militaire ''As-‎Saika'', créé de toute pièce et contrôlé par nos autres frères Syriens...‎ ‎ 

****‎ 

Profitant d'ne accalmie relative advenue en fin de cette journée insensée, ‎je pus enfin fumer une cigarette adossé au rebord de la grande fenêtre de ‎ma chambre jonchée de livres, albums, disques et autres foutaises ‎culturelles éparpillés parmi les monceaux de gravats et de verre brisé.‎ 

Et la clarté blafarde du néon des réverbères conférait un aspect ‎étrangement fantomal à une Rue de Damas déserte à perte de vue, alors ‎qu'au lointain, sur le trottoir faisant le coin avec l'avenue Bechara-El-‎Khoury, un arbre touché de plein fouet achevait de se consumer ‎silencieusement dans les dernières lueurs du soleil mourant.‎ 

Ibrahim TYAN. ‎