Monday, April 30, 2012

Autant en emporte le vent.



Avec les moyens de bord, Lettres du Liban a monté une petite vidéo dédiée à tous les amis de ce modeste blog.

Mais le volume du dossier s’étant avéré supérieur à la capacité de téléchargement direct disponible sur Blogger, ce clip fut d’abord publié sur You tube afin de rendre possible son incorporation sur ce blog.

Pour en profiter pleinement, il serait préférable de visionner cette vidéo en mode ‘’Full Screen’’ ; pour cela, il suffit de cliquer sur le petit carré situé à l’extrémité droite de la barre de son en bas de l’image.

Have fun.

Ibrahim Tyan.     

Monday, March 26, 2012



LE DERNIER DES HOMMES.








Charbel NAHAS.

EDUCATION:

1974-1976
Ecole Polytechnique, Paris - Option Economie
1976 - 1978
Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, Paris - Option Transport et Infrastructures
1977 - 1979
Université de Paris -1, Diplôme d’Etudes Approfondies d’Economie du Développement.
1978 - 1980
Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris - Doctorat de 3ème cycle en Anthropologie Sociale.

_Auteur de nombreux livres, études et articles, Charbel NAHAS est actuellement consultant auprès d’organisations internationales, dans les domaines de l’économie, de la finance, de l’urbanisme et de la sociologie. Il intervient également dans des débats sur les relations régionales, les fonctions socioéconomiques de l’État, le fonctionnement institutionnel de l'État, la symbolique et légitimité des pouvoirs, ainsi que sur l’histoire sociale.
Source : Wikipédia Français.

Ce n’est là qu’un bref aperçu de l’homme dont le statut de ministre n’en modifia guère l’esprit plébéien, ni l’habitude de conduire lui-même sa modeste voiture usagée, dédaignant les nombreux privilèges conférés par sa position, notamment la sacro-sainte escorte de grosses cylindrées aux vitres fumées sans laquelle tout  ouistiti public Libanais se sentirait outragé dans son orgueil national.   

Qu’est-ce finalement Charbel Nahas sinon une valeur technocratique pareille à toutes celles qui constituent habituellement l’échine dorsale de l’administration dans n’importe quelle nation développée.

Mais de là à se figurer qu’une individuelle potentialité isolée puisse à elle seule apporter le moindre changement dans un système aussi constitutionnellement vermoulu qu’organiquement corrompu que le nôtre, équivaut à la sainte espérance en la reconversion de Sodome et Gomorrhe par la vertu d’un homme solitaire face à toute une nation pétrie d’iniquité et de perversité.

C’est les Ecritures et rien de moins, qui rapportent que Yahvé l’infaillible, désespéré de la vermine incorrigible qu’il a créé, décida d’en faire table rase pour tout reprendre à zéro. En d’autres termes : he nuked the hell of the goddamn motherfucking bastards, ceci dit selon le jargon des nouveaux maîtres de la planète, sans le consentement desquels rien ne va plus sur le tapis de la scène mondiale  ; chose qui vous sera confirmée quand vous le voudrez, tant par François (Hollande) of France, que par notre Tovarich national Charbel Nahas alors ministre des télécommunications, qui découvrit à ses dépens qu’oser toucher à un seul cheveu d’un fonctionnaire saboteur et véreux qui mérite au bas mot le Goulag à perpétuité, risque de provoquer un séisme généralisé dont les remous se répercuteront  de Washington jusqu’à la Mecque.  

…Il demeure qu’il existe de par le monde, avec des fluctuations variant d’un régime à l’autre, une force omnipotente et omniprésente contre laquelle la toute-puissance même de Dieu, s'avère inopérante.

Beaucoup plus formidable que la grossière parodie de Sparte qu’est le parti khomeyniste d’Allah, plus hermétique que la Franc-maçonnerie Ecossaise et plus soudée que la Cosa Nostra Sicilienne, elle se présente au Liban sous l’aspect d’une ligue de gros Banquiers, Importateurs et Entrepreneurs, autour desquels gravitent traditionnellement une pléiade de politiciens courtisans et de véreux dignitaires religieux.

Une oligarchie absolue qui garantit impunité et sanctuaire à tout KALB soumis à son autorité et prêt à exécuter ses desseins.

Dans le vent de l’histoire.
Lettres du Liban, le 12 Novembre 2009.

Et c’est justement à cette formidable nébuleuse que Charbel Nahas, promu ministre du travail, se trouva directement confronté.

Pour l’histoire, on retiendra pour notre plus grande honte (et la risée du reste du Monde), l’infamie des syndicats ouvriers subornés qui se rangèrent du côté des patrons et chefs d’entreprises contre l’intérêt de leurs propres syndiqués, allant même jusqu’à menacer de porter plainte auprès de l’OIT (Organisation Internationale de Travail), contre ce ministre du travail qui ne revendiquait pour les travailleurs que leurs droits légitimes les plus élémentaires ; lesdits droits étant demeurés ignorés durant des décennies par les négriers du système exploiteur (et comme pour confirmer le prophète du matérialisme à la barbe fleurie), qui n’ont jamais accordé à l’ouvrier que le strict minimum pour le maintenir en état de trimer, mais point de vivre.  

Sur qui ou quoi comptait donc le ministre militant pour partir ainsi en guerre contre les moulins à vent ?

Serait-ce sur un peuple Zombi qui ne réagit qu’au tam-tam du Vaudou de l’électoralisme sectaire ?

Ou sur les promesses d’appui inconditionnel de celui dont le trajet est pavé d’engagements non tenus, et de braves soldats, hauts officiers et fidèles partisans, abandonnés à leur sort dès 1990, jusqu’au vieux compagnon de lutte et d’exil, le vénérable général Issam Abou-Jamra qui sacrifia pour la cause famille et carrière, avant de se retrouver aujourd’hui mis gentiment à la porte, tel un petit chat qui dérange !

General Aoun,

Insensé est celui qui prétends connaitre le fond de la pensée des autres.

Mais être motivé ou non par les meilleures intentions est une chose, et Laisser en pâture aux chiens, celui qui a cru en votre parole, en est une autre.

Tout en ne vous rapportant strictement RIEN, le sacrifice de Charbel Nahas ne vous portera pas bonheur.

En espérant que la lecture du passage qui suit vous aidera à recouvrer quelque peu de raison.

Beaucoup plus qu’un Hassan Nasrallah ou un Michel Aoun qui ne seront jamais que des importuns sur la scène politique Libanaise, c’est les Istiz Nabih, les Walid Bey, les Cheikh Boutros, le Baron Abou-Elias de Bteghrine, l’Ingegneri Nassib, et leurs semblables qui constituent le prolongement naturel de la lignée accaparatrice et opportuniste qui a composé depuis toujours la flore quintessentielle du régime Libanais.

Un accord tacite sur le partage de la tunique du crucifié (le citoyen), semble unir cette Cosa Nostra du défaitisme et de la corruption en une puissante Franc-maçonnerie datant d’avant la première république…

Position intenable et dilemme Cornélien.
Lettres du Liban, le 22 Avril 2009.

Las de servir des perles aux pourceaux, le ministre du travail balança donc sa démission à la hure de qui de droit, et s’en retourna vers d’autres lieux où il est apprécié à sa juste valeur.

Outre la satisfaction quotidiennement renouvelée tant que dura sa présence au sein du gouvernement, je dois au ministre sortant, au moins deux délicieux moments que je ne suis pas prêt à oublier de sitôt.

1_ Au beau milieu d’une des dernières sessions du cabinet défunt de Saad el Hariri, lorsque ce dernier, excédé de ne pouvoir mettre le grappin sur les quelque US$ : 1 Milliard stockés dans la trésorerie du ministère des télécommunications, (montant qui correspondait comme par hasard au chiffre du déficit dans les finances personnelles du dyslexique), ce dernier perdit complètement les pédales pour cracher sa rancœur impuissante au visage d’un Charbel Nahas imperturbable : الله لا يخلّيني أذا بخلّيك يا شربل نحّاس  
Traduction approximative : (Qu’Allah me confonde si je ne te brise, ô Charbel Nahas.)

2_ Récemment, lorsque dans la conférence de presse télévisée qui suivit sa démission, Charbel Nahas qualifia le pouvoir au Liban de Régime Fasciste.

En entendant cette rhétorique quelque peu oubliée, un léger sourire me vint aux lèvres et ma mémoire vagabonda loin, très loin, jusqu’aux confins d’une époque à jamais révolue.

Celle du temps perdu de l’innocence.



Ibrahim Tyan,

Wednesday, February 1, 2012





ممرّ وليس مقرّ*
*Traduction approximative : Un lieu de passage sans plus…

C’est en ces termes exquisément rimés que notre ministre de l’intérieur s’adressa à ses concitoyens  à la veille du nouvel an, pour les rassurer avec une candeur touchante sur le statut actuel de leur pays, tel qu’envisagé  par les stratèges d’Al Qaeda.

Tout le monde ne pouvant être Ionesco, Camus, ou Schopenhauer, il est des absurdités qui ne valent même pas la peine de s’y arrêter ; et pourtant…

Le doute est semé ; et la seule pensée des assassins d’Allah zigzaguant  librement parmi nous, n’est pas une perspective des plus réconfortantes ; d’autant plus que notre valeureux ministre a négligé dans sa déclaration de nous éclairer sur les mobiles véritables de ces gens-là, et par où, et avec l’aide de qui, rentrent-ils et sortent de chez nous comme dans un moulin ; également si leur couloir Libanais fonctionnerait à sens unique ou dans les deux sens…

Mais trêve de batifolages!

Comment expliquer à l’Occidental moyen abruti par un bourrage médiatique indiscontinu, la réalité sur l’énigme d’Al Qaeda qui n’a guère importuné d’ institutions Juives ou de ressortissants Israéliens à travers le monde, mais qui  s’acharne impitoyablement, tant sur les Musulmans Chiites que sur les restants des Chrétiens de l’Irak, du Pakistan, de l’Egypte ou d’ailleurs ; mais jamais en Terre Promise où le peuple élu s’est personnellement chargé de purifier le berceau de la Chrétienté de toute présence Chrétienne.
    
Comment faire comprendre au hooligan Européen ou au redneck Yankee, tous deux imbus de bière et de préjugés, qu’Al Qaeda d’aujourd’hui dont le haut clergé constitue paradoxalement un des alliés les plus efficients de l’Occident, a cessé depuis longtemps d’être une organisation, un parti, ou un groupe bien défini, pour muer en une sorte de croyance, d’un état, et d’un destin auquel  il suffit d’y croire pour y adhérer par action, par parole, voire par pensée ; d’où les innombrables factions, ramifications et transmutations qui s'y apparentent, ainsi que ses millions d’adeptes silencieux dans un monde Islamique Sunnite à la recherche d’un portemanteau pour y accrocher sa misère ou ses désillusions.    

Mais faut-il être né et avoir grandi en cette partie du globe et d’avoir le cerveau relativement épuré des préconceptions restrictives, pour être en mesure de saisir les raisons qui poussent  le Musulman Sunnite à se tourner vers  Al Qaeda, tout comme son coreligionnaire Chiite à se confier aveuglement à la volonté suprême du Faquih.

Un sujet bien triste, je ne vous le fais pas dire.    

Mais le pire reste encore à venir, et le ‘’Printemps Arabe’’ démystifié dès ses premiers temps sur les pages de ce blog, continue  son sinistre développement avec ces jours-ci en premier plan, le bain de sang Syrien.
  
Comment finira la guerre civile en Syrie ? Qui le sait ! Mais déjà une petite constatation (marginale) s’impose.

L’échec lamentable des services de sécurité Syriens et leur incapacité flagrante ‏à prévoir l’ampleur de l’éruption qui couvait pourtant sous leurs pieds, est un démenti formel à la réputation d’efficacité que ces organismes acquirent naguère, lors de la période d’occupation Syrienne du Liban.  

Leur présente déconfiture sur leur propre terrain, démontre une fois de plus que leurs prouesses ‘’libanaises’’ passées, devaient  presque tout à la coopération zélée de leurs collaborateurs Libanais.

A la lumière ces entrefaites, lequel des deux partis aurait-il été selon vous, le plus criminel envers le Pays du Cèdre ?

Le monde Islamique traverse aujourd’hui une crise d’identité qui n’est pas sans rappeler celle du Christianisme Moyenâgeux de l'inquisition ; et l’intégrisme Islamiste ascendant,  ravit systématiquement aux jeunes générations Musulmanes assoiffées de liberté et de progrès, tous les fruits de leur lutte et de leurs sacrifices. Tellement, qu’une citation populaire qui circule actuellement en Egypte relate que le peuple est désormais scindé en deux factions distinctes :

 جماعة ألتكفير وألهجرة    

وجماعة ألتفكير في ألهجرة   

En Français : « Ceux qui espèrent en une Egypte Islamiste, et ceux qui aspirent à foutre le camp ». Malheureusement la verve savoureuse du jeu de mots en Arabe me demeure quasi intraduisible.

Finalement, gare au jour où l’autorité de l’admirable Shenoda III ne sera plus suffisante  pour contenir la rage des  millions de Coptes Egyptiens, las de tendre indéfiniment  l’autre joue.

Ce jour-là, le glas de l’Egypte aura vraiment sonné.

Et si le chaos ‘’révolutionnaire’’ apparait de manière plus discrète au sein du peuple Tunisien, c’est uniquement  grâce aux vestiges de l’héritage Bourguibien que les Islamistes n’ont pu encore altérer ; mais déjà, ce précaire rempart moral s’effrite sous les coups de boutoir des hordes qui considèrent que les règles et les préceptes de l’Islam sont les seuls acceptables pour gérer un Etat et établir une constitution.    
       





Mais encore une fois, trêve de verbiage inutile!

Autrefois, l’immense Charles De Gaulle n’hésitait pas à afficher son mépris pour l’ONU en l’appelant dédaigneusement : « ce machin… ». A présent, rares sont ceux qui ignorent encore que  l’ONU, autant que la Cour Pénale Internationale, ne sont point des organismes au service de la paix comme on veut nous le faire croire, mais de véritables instruments de guerre au service de l’impérialisme Occidental qui va jusqu’à sacrifier  EN TOUTE IMPUNITÉ, des nations entières, pour la sauvegarde de ses intérêts…

En dernier exemple, le difficilement  justifiable charnier Libyen qui laissa sur le sol plus de 100.000 victimes, dans un pays ravagé d’un bout à l’autre.

Mais qu’à cela ne tienne puisque les sites d'exploitation pétrolifère demeurées miraculeusement intactes, fonctionnent toujours à plein régime sous la jalouse égide de l’OTAN.            



D’où l’absurdité d’aspirer à un avenir meilleur dans un monde où les porte-flambeaux présumés de la civilisation se trouvent être de cyniques arnaqueurs sans foi ni loi ; et leurs supposées victimes, d’immondes scélérats indignes de toute compassion !!!

Un bien désolant tableau à la lugubre monotonie si elle n’était rompue de temps à autre par d’extraordinaires transmutations qui relevaient dans un passé encore proche, du domaine de l’impensable.

Tel le néo-communisme capitaliste au sanctum du Maoïsme.



Ou le Néo-Tsarisme à peine camouflé au berceau du Bolchevisme.       
  


En revanche, il est à craindre que la race des Charlots politiques absolus n’ait pris fin avec la disparition de la scène mondiale du regretté Mouammar Kadhafi. En tel cas, on ne peut que souhaiter longue vie au Maboul d’Istamboul, travaillé par un conflit intérieur aussi intense que complexe, partagé d’un côté par la mission qui lui a été assignée par ses maitres Occidentaux  et qui consiste à assumer pour leur compte le lourd turban du Sultan Selim I Calife de l’Orient et Emir des croyants (chose qui n’est pas pour déplaire à l’égocentrisme exacerbé de l’intégriste refoulé), et de l’autre, par sa pleine conscience de son statut réel qui n’excèdera jamais celui d’un Bachi-Bouzouk à la solde de l’OTAN.
Pour se défouler, l’ambitieux descendant  des Seldjoukides se rabat sur les restes de la Turquie Ataturkienne, déterminant ainsi sa fin de ses propres mains.    
             

















Hélas les autres personnages sur scène ne pouvant être aussi rigolos, les grosses pointures d’un Occident qui a troqué les lumières de l’humanisme contre une fuligineuse identité Judéo-Chrétienne, finissent tous par recourir à la prophylaxie de  l’inévitable coiffe protectrice des incalculables misères qui guettent tant le tracé public que privé, de tout politicailleur Occidental insoumis.    



Telles les épaisses nuées annonciatrices du Déluge, les présages d’un conflit armé généralisé s’amoncellent à l’horizon et ne se dissipent pas.

A quoi bon d’en énumérer une fois de plus les causes, puisque de toute façon, notre zone jusque-là épargnée des grandes boucheries de l’histoire, pourrait bien cette fois-ci, servir d’amorce pour la charge qui pourrait facilement emporter avec elle la majeure partie de la planète.  

Là-bas, au-dessus d’un petit détroit reliant le golfe Persique au golfe D’Oman et qui doit son nom à l’ile Iranienne d’Ormuz, Azraël aiguise posément sa faux, avec l’impassibilité de ceux qui ont toute l’éternité pour eux.     





















La video qui suit est tirée de l’excellent film de Tony Richardson; The loneliness of the long distance runner -1962.

Dans l’Angleterre des années 1960’, de jeunes délinquants dans une maison de correction, chantent en chœur le cantique de Jérusalem*, généralement considéré comme l’hymne national officieux de La Grande Bretagne et dont les paroles sont dues au poème à la fois mystique et avant-gardiste de William Blake.     

*Cet hymne fut dernièrement entonné par la chorale de Westminster Abbey lors de la célébration des noces des deux parasites sociaux, William et Catherine dite ‘’Kate’’.



…/…
Bring me my bow of burning gold;
Bring me my arrows of desire;
Bring me my spear, O clouds unfold,
Bring me my chariot of fire.

I will not cease from mental fight,
Nor shall my sword sleep in my hand;
Till we have built Jerusalem,
In England’s green and pleasant land.

Hahahahahahahahahahahahahaha!

AMEN, AMEN, AMEN et AMEN !

Ibrahim Tyan.

EPILOGUE.

Quel est donc  cet élément démoniaque enraciné dans l’esprit des hommes qui les pousse constamment à changer leur paradis en enfer ?



_ Soylent green . Richard Fleischer 1973.


Friday, August 26, 2011

Derrière la mer.

Derrière la mer, que de récits,  
captifs des palais oubliés.  
D’autres mers au-delà des mers, et des contes d’hiver ;
de marches verdoyantes et de lunes errantes,
et des sentiers qui courent après d’autres sentiers.  
Que de récits qui dorment, derrière la mer.

_Chou fi khalf el Bahr – (Salwa El Katrib, 1953-2009).

C’est en compagnie de ces notes nostalgiques que Lettres du Liban part en vacances cette année.

Qui se souvient encore de Salwa El Katrib dans cet infortuné pays en décomposition, au milieu d’une région oubliée des dieux ?
De la dernière diva d’un Liban oublié, qui déclina un jour, par pur attachement à sa terre natale, le pont d’or que lui tendait l’Occident.

Beaucoup plus qu’une beauté, tu possédais chère Salwa cet unique rayonnement fait d’un inné méritoire et d’un acquis obtenu à force d'application et de persévérance ; et si le grand public était familier avec ta presence éthérée et ton unique classe scénique, ceux qui t’avaient connu de près témoignent encore aujourd'ui de ton authentique modestie, de ta culture, de ta gentillesse, et de la décence irréprochable qui  régit toute ta vie.

Sans tapage ni scandales et barouf médiatique, tu as discrètement vécu pour ta petite famille et ton art.

Et comme si tout cela ne suffisait pas pour rendre ta mémoire insupportable aux gourgandines du lupanar ''artistique'' Libanais des derniers temps, tu avais poussé l’effronterie jusqu'à chanter juste !

Et ça, c’est impardonnable.

Dors en paix Salwa ; ici, tu vis.






















Ibrahim Tyan
.

Tuesday, August 16, 2011


Pour ceux qui ne le savent pas, les Samboussek sont d’exquis petits hors-d’œuvre faits avec de la simple pâte à pain sans levain travaillée à l’huile d’olive vierge extra, et que l’on étale au rouleau le plus finement possible avant de la découper en petits cercles qu’on garnit soit de bon fromage frais de brebis mélangé à de la ciboulette et aux fines herbes, soit avec du hachis d’agneau qu’on a fait revenir au préalable dans du beurre, avec des épices, des échalotes et des pignons ; lesdits cercles étant ensuite refermés en demi-lune, scellés en torsade et brièvement dorés à la friteuse avant d’être égouttés et servis chauds.

Un pur bonheur.

Et puisque l’on sait depuis Confucius qu’une image vaut mille mots, la petite photo se détachant au bas du coin droit de l’illustration principale qui accompagne ce billet, représente assez fidèlement ces fameux Samboussek torsadés qui font partie intégrante des innombrables délices du Mezzé Libanais.  

Aujourd’hui, peu de gens avertis songeraient à contester sa valeur culturelle à l’art culinaire ; l’un des exemples les plus frappants étant la cuisine Japonaise qui par sa préciosité, son raffinement et son élégance dépouillée rappelant les arrangements Ikebana, semble aspirer à vous servir l’essentiel de la philosophie Zen dans un plat. En tenant toutefois à préciser que l’admiration pour l’esthétique recherchée de cette cuisine est bien une chose, et la consommation effective d’une tranche de poisson cru entourée d’une couche de riz froid et gluant empestant le vinaigre et la sauce soya, le tout cerclé d’un feuillet d’algues marines séchées, en est une autre…

Sacrés tordus que ces Nippons ; mais quels tordus sublimes quand-même !

Une des premières découvertes qui laissa pantois les bédouins enrichis qui déferlèrent sur le Liban dès les années 50’ du siècle dernier, fut la révélation de la prodigieuse richesse de l’éventail gastronomique de la race humaine qui s’étendait infiniment au-delà du riz au gras de mouton, du lait de chamelle et des dates séchées.

Ainsi donc, ces preux du désert qui firent connaissance avec les merveilles de la table Méditerranéenne en furent tellement subjugués qu’ils demandèrent (que dis-je moi : qu’ils commandèrent) à leurs Harîms embobelinées de noir et masquées à la Zorro de reconstituer chez elles le Samboussek Libanais ; tâche d’une trompeuse simplicité qui s’avéra beaucoup trop subtile pour les petits doigts boudinés habitués à allaiter indéfiniment chamelles et chameaux ; alors bobonne eut recours au savoir-faire de sa Nafissatou asiatique qui ne put faire que ce qu’elle pouvait ; en l’occurrence, une sorte de spring roll triangulaire confectionné à partir de feuillets de pâte filo surgelée, et fourré d’Allah sait quoi ; bref d’un ersatz qui n’avait plus du Samboussek original que le nom ; ce qui ne l’empêcha pas d’obtenir un franc succès, du Golfe à l’Océan.(voir l’illustration principale ci-haut).

Or, et d’après un canard local, les autorités Somaliennes (!?!) auraient récemment décrété une loi interdisant sur l’ensemble de leur territoire cette version bédouine du Samboussek, pour cause de sa forme triangulaire rappelant le symbole utilisé par l’église chrétienne pour représenter les trois hypostases de la trinité divine.

Concernant le même sujet et selon d’autres sources, nombre de haut magistères islamiques seraient actuellement penchés sur la question afin de trancher de la nécessité d’instituer à partir de l’exemple Somalien une Fatwa généralisée ou non.

Mais pourquoi donc cette nouvelle n’a fait que me ramener à la petite ville côtière de Jounieh et ses chrétiens d’autochtones qui protestèrent violement contre leurs autorités municipales pour avoir ‘’planté trop de palmiers’’ aux confins de leur cher patelin ; ces gracieux arécacées étant considérés par ces descendants de pêcheurs de rouget, comme des ‘’symboles islamiques’’.

Au fait ; où sont-ils donc passés ces magnifiques palmiers centenaires de ma capitale d’antan ? 

La seule parcelle rescapée de mon passé s’étendait devant moi en une ligne d’horizon d’un bleu infini alors que sur mon banc de pierre, mon esprit vagabondait nonchalamment entre Samboussek, palmiers, triangles et autres batifolages absurdes, fruits de la vanité des hommes qui ne cessent de se forger de nouvelles terminologies pour indiquer toujours les mêmes évidences vieilles comme le monde.

Désormais, les forces de l’intolérance, du fanatisme, de l’intégrisme et du fascisme longtemps dissimulés sous d’autres noms, sortent aujourd’hui de l’ombre pour recueillir comme des fruits mûrs, tant les mystifiés du Marxisme trafiqué d’antan, que les laissés-pour-compte d’un capitalisme asphyxié qui récolte en ce moment ce qu’il a longtemps semé.

_ Cela s’est déjà vu, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

C’est à peu prés en ces termes que parla ‘’Qohelet’’, alias Salomon fils de David qui en bon juif avisé, composa son hérétique « Ecclésiaste » sous un faux nom, possiblement dans l’espoir de tromper ainsi la vigilance de son jaloux de dieu.

Pour une fois, je ne suis pas trop mecontent de me retrouver en ces temps-là dans cette partie du monde qui s’agite, fusionne, explose et se métamorphose POUR RIEN !

Où donc ailleurs aurais-je pu accéder au privilège d’assister à partir du premier rang, à ces immenses soulèvements historiques téléguidés, et ces révolutions sans tête mais à queues multiples ?

Mais comme rien n’est parfait en ce monde, la quiétude du poste d’observation idéal qu’offre le Liban est gâchée par deux menaces mortelles que les Libanais ont emmenées sur eux de leurs propres mains :

_ Le tic-tac inexorable du tribunal international spécial pour le Liban.

_ La stupidité sans bornes des deux factions Libanaises principales et antagonistes dont l’une persiste contre toute logique à appuyer inconditionnellement les atrocités sanglantes de la dictature Syrienne ; et l’autre qui s’est totalement et aveuglement compromise, tant physiquement que moralement du côté des insurgés.

Bof ; qui vivra verra.

Pour le moment, mon problème majeur consiste à trouver en l’absence de tout moyen de transport public, la meilleure façon possible pour rentrer chez moi sans trop de casse.

Et puisqu’une image vaut mille mots, la photo qui clôt ce billet ne représente qu’une infime partie de la jungle routière qui m’attend.

Même le futé Shlomoh de Yerushaláyim s’y perdrait.
























Ibrahim Tyan.

Thursday, June 23, 2011





Et ne nous laissez pas, succomber à la tentation.
(Pater Noster).

Lorsque Jacques Delors, persuadé de ne pouvoir disposer de la majorité nécessaire pour l’application de sa politique, refusa en 1994 de se porter candidat à la présidence malgré les instances de son parti et les sondages qui le donnaient grand favori, il sonnait indirectement le glas pour toute une lignée d’hommes dont l’ère semblait à jamais révolue.

Vint alors le temps de la médiocrité. Celui des demi-portions et des subornés ; mais aussi de mon intérêt sans cesse déclinant, jusqu'à ce qu’une récente affaire qui relève beaucoup plus des tabloïds à sensation que de politique à proprement parler, ne vienne quelque peu raviver.

Ceci dit, il me faut bien reconnaître que jusque-là, le dénommé Dominique Strauss-Kahn n’existait dans mon data personnel qu’en qualité d’époux de la pulpeuse Anne Sinclair sans plus ; ni moins.

Cependant, et malgré mon dossier qui s’est considérablement étoffé depuis (et possiblement pour cause de cela), le présent billet n’a guère pour intention de ruminer ce que la media internationale a déjà dûment mâché et remâché, mais juste de méditer librement sur la précarité de la condition humaine et de la misère de l’insensé.

Marié à une femme intelligente, désirable, riche, et dévouée, DSK occupait une des positions les plus influentes de la planète lui conférant le pouvoir de renflouer d’un trait de plume toute une nation, ou de l’affamer. Devant lui, un boulevard s’ouvrait avec (parait-il) la présidence de la république au bout. Avec la soixantaine encore alerte et gaillarde, il lui était facilement permis d’aspirer à maints honneurs et satisfactions encore à venir.

Un homme apparemment comblé de tout.

Hélas Dr Jeckyll !

Telle ton ombre, Mr Hyde marche à tes côtés ; et c’est jusque dans la tombe que nous accompagneront, nos démons familiers.

Victime d’une machination diabolique telle que l’affirment nombre de ses compatriotes fidèles à la sempiternelle théorie du complot, ou réellement coupable ? La réponse à cela est désormais l’apanage de la justice des hommes, ou plus exactement de la justice Yankee qui trouva le moyen d’acquitter dans un passé encore proche, la brute homicide qu’est O.J. Simpson, ou de fournir à plusieurs reprises, de risibles échappatoires à un cancrelat pédophile et récidiviste tel Michael Jackson. Mais aussi de proscrire durant des décennies les écrits d’Henry Miller, de forcer Stanley Kubrick et ses semblables à de longs exils volontaires, et de briser la vie à un Roman Polanski pour avoir faibli un soir devant les appas d’une mineure nymphomane.

En outre, il est essentiel d’avoir bien assimilé la mentalité américaine pour surprendre la sourde haine cordiale nourrie par les Etats-uniens envers leurs alliés français, et que l’on retrouve même dans les grandes métropoles cosmopolites telles New York, où le simple terme de French (ou Frog en argot), est passé dans le jargon usuel en tant que litote pour sous-entendre des épithètes telles que : Morgue, pédantisme et mœurs dissolues.

Sous de tels auspices, faut-il être drôlement guignard pour tomber dans la gueule du loup yankee, lorsqu'on est un superbe Frog royal de tout premier choix.

Mais pourrait-on véritablement parler de guigne lorsqu’on s’avère être l’artisan de son propre malheur, et que l’on sait depuis Platon que l’homme est le pire ennemi de lui-même ?

Que la ‘’victime’’ soit une ‘’refugiée politique’’, employée modèle et mère-courage irréprochable comme la présente l’accusation, ou plus vraisemblablement, une refugiée ‘’alimentaire’’ et femme de ménage de son état, qui se met volontiers à genoux ou à quatre pattes pour arrondir ses fins de mois, ne change pas grand-chose au seul aspect qui m’intéresse dans l’affaire, et qui est celui de la chute vertigineuse d’un homme ; foudroyante comme dans une tragédie de Sophocle, atroce comme l’enfer Dostoïevskien et aussi absurde que le sort de Gregor Samsa dans le cauchemar Kafkaïen de ‘’La Métamorphose’’.

Hagard, les traits tirés, fripé et lamentable après une nuit passée en geôle, celui qui était pas plus tard qu’hier un des personnages les plus privilégiés de la planète, défila escorté par les policiers, les mains menottées derrière le dos sous les invectives d’une foule vengeresse ; mais surtout devant sa femme et sa fille qui durent entendre avec lui les termes intolérablement humiliants de l’acte accusatoire qui tombaient tels des couperets de glace : « …/… quelle fut sa surprise (l’agressée) de le voir sortir tout nu de la salle de bains et de l’agresser brutalement…/… dans l’intention de la sodomiser…/… dans l’incapacité de le faire, il l’obligea à pratiquer sur sa personne une fellation …/…des liquides corporels furent retrouvés sur la moquette…/… »

J’en ai encore froid dans le dos.

Mais le pire reste à venir dans une affaire où tous les coups seront permis, et où sera démontré une fois de plus que sous une dérisoire couche de civilisation factice, l’homme demeure un loup pour l’homme.

Revient la question principale : innocent ou coupable ?

Du ‘’viol’’ de la boniche guinéenne, je n’en sais rien ; quoique le passé du personnage, jalonné de précédents plus ou moins similaires ne joue pas en sa faveur.

Par contre, il est une lourde incrimination à laquelle il ne peut échapper : Celle de s’être stupidement TRAHI dans un moment d’égarement ; d’une trahison qui s’est critiquement répercutée sur les siens, son parti politique, et ses responsabilités locales et internationales.

Et ça, c’est impardonnable.

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Et le vieil homme entra dans un long hiver – Antoine Blondin (Un singe en hiver).


Ibrahim Tyan.

Friday, May 13, 2011

MICRO, MACRO et MAQUEREAUX.





Au terme d’un sexennat de bons et loyaux services, notre fidèle servante Ethiopienne rentra chez elle chargée de cadeaux et de substantielles gratifications, ainsi que d’un billet de vol direct Beyrouth/Addis Abeba à bord d’une compagnie aérienne de premier choix.   

Presque en même temps, débarquait chez nous sa compatriote de remplaçante ; une timide créature à peine sortie de l’enfance, avec les dérisoires guenilles couvrant sa petite personne frêle et apeurée pour tout bagage.  

Maudite soit la misère !

Parmi nous tous, ma femme fut la première à remarquer la longue éraflure rouge de fraîche date que la nouvelle venue portait au cou ; hélas, ne pouvant s’exprimer qu’en son dialecte tribal, nous ne pûmes recueillir de la pauvrette à ce sujet qu’un inintelligible baragouinage entrecoupé de sanglots. Mais c’était mal connaitre la détermination de ma charmante moitié qui lui dénicha je ne sais d’où, une payse qui eut tôt fait de nous révéler le suivant :

Au lieu de joindre Beyrouth par vol direct tel que spécifié dans son contrat et dûment réglé à l’avance par votre humble serviteur, ‘’notre’’ fille et ses infortunées compagnes, éternelles victimes de la rapacité sordide des ‘’agences de recrutement’’, durent effectuer une bien plus longue odyssée avec escale et changement d’avion à l’aéroport de Sana’a où un ‘’officiel’’ Yéménite, offensé dans sa foi par le spectacle d’un symbole idolâtre sur son sol purifié, arracha sauvagement à la malheureuse, la petite croix en pacotille qu’elle portait au cou, lui causant du même coup la mystérieuse estafilade, et un choc émotif duquel elle ne se remettra pas de sitôt.

Une question ne cesse de me tarauder depuis : Quelle aurait été l’attitude de cette crapule pédophile, onaniste, incestueuse et tarée, vis-à-vis d’une quelconque vacancière Américaine, dut-elle en plus d’une croix, arborer les quatorze stations du via crucis pendues au cou ?  

Le pire, c’est que j’en connais parfaitement la réponse !  

Veule et poltron comme toutes les crottes de dromadaire de son espèce qui n’osent épancher leur barbarie que sur plus faible qu’eux, cette expectoration purulente de l’humanité aurait commencé par baisser ses yeux trachomeux, avant de sourire servilement à la grosse bobonne Yankee de tous ses chicots noircis par le Kat tout en lui souhaitant obséquieusement la bienvenue au pays des oasis d’Allah… et de suivre d’un regard concupiscent le tressautement obscène de l’énorme fessier gélatineux nourri au plus pur U.S. Junk, en se triturant rêveusement le Zob.

Mais passons…

L’important dans tout cela c’est que j’ai retrouvé récemment les composants essentiels de ce micro-incident, mais alors amplifiés à l’échelle macrocosmique de la manière la plus remarquable, et ceci dans une série d’événements universels qui tournent autour d’un même contexte et que je vais essayer de relater dans les lignes qui suivront, à commencer par une petite rétrospective.  

Le souvenir est encore assez frais du caricaturiste Danois qui eut la malencontreuse idée de faire publier en 2006 quelques planches (sans grande valeur artistique d’ailleurs) ridiculisant le prophète Mohammad et son entourage, et du tollé monstre que cet acte souleva au sein du monde Islamique.

Autour des ambassades du Danemark à travers le monde, ce n’était plus qu’émeutes et affrontements sanglants ; tant et si bien que le Vatican se vit dans l’obligation de sortir un communiqué ‘’déplorant l’usage de tout moyen d’expression en vue de porter atteinte aux convictions religieuses d’autrui’’.

Les choses ne furent pas meilleures au Liban, et les habitants de la zone résidentielle Chrétienne d’Achrafieh, qui par manque de pot abritait également les bureaux de l’ambassade Danoise, se souviendront longtemps de cette matinée du Dimanche 5 Février 2006, lorsque les hordes parties de Dar-al-Iftaa’ accompagnées par les bénédictions de SE le Mufti Mohammad Rachid Kabbani avec pour mission de ‘’protester’’ devant l’ambassade impie, s’engouffrèrent dans les quartiers chic de Beyrouth-Est, rasant tout sur leur passage.

Immeubles résidentiels cossus, bureaux, églises, véhicules flambants neufs, magasins et boutiques élégantes furent lapidés, ravagés, mis à sac ou brûlés ; et même les réverbères publics, les arbres et les chaussées reçurent leur part de vandalisme dans un maelstrom insensé de frénésie destructrice.

Assis devant mon petit écran, je vis ce jour-là un jeune bouc hirsute, loqueteux et comme en proie à de violentes transes, se faire questionner par une reporter de la chaine Libanaise NTV qui lui demanda (au péril de sa vie) sur ses raisons pour s’en prendre aux biens de gens qui ne lui ont fait aucun mal ; et l’ahuri de braire :

_ كلهم خنازير  (Qu’importe ; c’est tous des porcs). Les porcs ici étant évidemment les Chrétiens.


A la lumière de ce rapide flash-back, je vous laisse imaginer l’étendue de mon désarroi lorsque je vis Terry Jones en Floride, brûler le Coran en ce début du mois d’Avril 2011, après l’avoir ‘’jugé’’ et trouvé coupable de ‘’crimes contre l’humanité’’.

Seigneur tout-puissant et que le ciel (qui n’existe pas) nous vienne en aide.

Car cette fois-ci, ce n’était plus au prophète que l’on touchait mais à l’essence même de l’Islam. Pire ; à ALLAH en personne !!

Rivé devant mon écran, j’observais la gorge sèche, l’énergumène forcené à la sale gueule de vieil éthylique dépravé et qui se faisait appeler ‘’pasteur’’, noyer de kérosène les saintes pages contenant la parole Divine dictée au prophète par le Seigneur Jibril (l’ange Gabriel) lui-même, et de les mettre en flammes.

Non content de l’abomination commise, le profanateur Yankee enfonça le pieu de plus belle en déclarant grossièrement aux sources médiatiques que le Coran ‘’avait brûlé sans problème, d’une belle flamme claire appropriée à la cuisson du hamburger ou la grillade de marshmallows’’.

Plus impie que ça, tu meurs.

Alors j’ai attendu que le ciel nous tombe d’une minute à l’autre sur la tête, mais à ma grande stupéfaction, mon expectation fut vaine car les jours se succédèrent aux jours, et le silence au silence ;  et si l’on excepte quelque timide soubresaut par-ci ou un quelconque râle inaudible par là, c’est toujours motus et bouche cousue, du Golfe à l’Océan.

* * * *  

L’essentiel dans tout cela c’est la petite orpheline démunie, qui retrouva un semblant de sérénité à l'abri d'un foyer protecteur, et d'une petite croix en or venue en remplacement de celle en étain, à jamais disparue au pays de la foi absolue.

Ibrahim Tyan.

Cliquez pour entendre Yusuf Islam (alias Cat Stevens avant l’illumination).