Wednesday, July 9, 2008

Valises souveraines et sagesse bon marché.



La désignation (?) de quatre portefeuilles spécifiques (en l’occurrence l’intérieur, la défense, les finances et les affaires étrangères) comme étant des ministères ‘’souverains’’, stipule conséquemment que les dix-neuf valises restantes au cabinet, ne le sont point.

Arithmétique ; ?مش هيك يا حمار

Ergo, les portefeuilles de ‘’seconde zone’’ (parce que non-souverains), tels ceux de la justice, de l’éducation nationale, de l’agriculture, de l’industrie ou de la santé publique, sont généralement octroyés en guise de dédommagement aux ‘’alliés’’ ou en lots de consolation pour les ‘’perdants’’.

Restent les ministères-dérision (et dérisoires) qui ne servent qu’à valoriser numériquement un front (une clique) ou un rassemblement (un ramassis), tels les portefeuilles de la culture, de la reforme administrative, de la jeunesse et des sports, et de l’environnement.

Imaginez-un candidat Libanais se présentant aux législatives avec un programme électoral écolo !!!!!!!


Voir au beau milieu du Masjed-el-Haram, la fontaine de Zamzam débiter du Dom Pérignon demeure une perspective bien plus envisageable.

Pour en revenir a ‘’l’état’’ Libanais et ses quatre portefeuilles ‘’souverains’’, la définition de la souveraineté étatique donnée par le Grand Littré est partiellement reproduite dans le fragment qui suit :

…‘’Souveraineté (de l'État). Qualité propre à l'État qui possède le pouvoir suprême impliquant l'exclusivité de la compétence sur le territoire national (souveraineté interne) et sur le plan international, l'indépendance vis-à-vis des puissances étrangères (limitée par les conventions ou par le droit international) ainsi que la plénitude des compétences internationales (souveraineté externe); pouvoir politique suprême dont jouit l'État.’’…/…

Wouahhahahahahahahaha ! (larmes)…

A la ‘’lumière’’ de notre réalité, ce texte acquiert soudain des intonations du plus haut burlesque, chose qui ne figurait certes pas parmi les intentions du très sérieux référent.

* * * *

L’éminent érudit et chroniqueur Arabe Abu Uthman Amr ibn Bahr al-Kinani al-Fuqaimi al-Basri, dit Al-Jahiz rapporte ce brin de conversation entre Haroun el Rachid, le calife Abbasside le plus connu et le plus flamboyant de tous les temps, et un farouche bédouin du désert.

Le bédouin : Haroun, si jamais tu te retrouves seul, perdu dans le désert sans eau ni vivres ; au troisième jour, sentant ta fin proche, ne donnerais-tu pas ton règne et ta fortune pour un verre d’eau qui te maintiendrait en vie ?

Haroun : Je le ferais.

Le bédouin : Et si l’ayant bue, cette eau s’est retrouvée retenue dans ton corps de façon a ce que tu ne puisses pas l’évacuer ; elle stagne dans tes reins, croupit dans tes veines, et se transforme en un poison qui te tue ; ne donnerais –tu pas ton règne et ta fortune pour pouvoir t’en débarrasser ?

Haroun : Je le ferais.

Le bédouin : Alors ton règne et ta fortune valent exactement le prix d’une gorgée d’eau et d’une giclée de pisse.

Ibrahim Tyan.



« Lettres du Liban » qui part en vacances et sera de retour aux environs de Septembre souhaite a tous ses amis et visiteurs, ainsi qu’à ce Liban au calvaire interminable, un été tranquille et sans problèmes.

* Visitez, les « carnets du Beyrouthin »

Sunday, June 22, 2008

E la nave va *




* Alla memoria di Federico; più grande fra i grandi.


l’endroit n’avait guère changé d’aspect, si ce n’était l’imperceptible patine laissée par le temps sur les lambris de bois, de marbre, de stuc et de cristal, leur conférant ce lustre particulier aux belles vieilleries bien entretenues qui rappellent les années insouciantes de l’ancien Beyrouth, évaporées depuis longtemps dans les couloirs insondables de l’inextinguible néant.

Attablé en compagnie de mon vieil ami Béchir a la terrasse vitrée de l’élégant bar/club Anglais situé au roof du havre feutré et quintuplement étoilé qui fleurait bon le charme délicieusement trouble d’une bourgeoisie libanaise d’avant les temps du pétrodollar, je contemplais le panorama incomparable de cette Méditerranée vue d’en haut, ( privilège désormais réservé aux Libanais riches et aux ouvriers Syriens sur les chantiers de Solidere-sur-mer), et qui étendait a perte de vue sa vibrante enclume bleue sous le marteau implacable du soleil de Juin.

La présence de l’ami Béchir à Beyrouth est une aubaine et une occasion pour calibrer et peaufiner ce qui s’était transformé avec le temps en une sorte de dialogue-fleuve Homérique sur internet, tenu avec la rigueur de la véridicité et le tranchant d’un intellectualisme aussi éclectique que tridistillé.

Ainsi donc, morts et vivants, de Milan Kundera a Orson Wells et d’Ismail Kadare a Terry Gilliam en passant par Robert Musil, John Ford, Marguerite Duras, Wolfgang Amadeus Mozart, Stanley Kubrick et Omar Khayyâm, une pléiade des fleurons de la civilisation universelle défila a notre table sur les veloutes bleues des cigarettes, le bouquet revigorant de la bière glacée, et les amitiés devant lesquelles le temps impuissant, rentre ses serres et fait patte de velours

* * * *

Puerto Rico you ugly island
Island of tropic diseases
always the hurricanes blowing
Always the population growing
and the money owing
and the babies crying
And the bullets flying…

_ (Extrait du numéro : ‘’America’’ dans la pièce musicale de Broadway : ‘’West Side Story’’ (1957), paroles de Stephen Sondheim).

Si l’on remplace dans le texte ci-haut mentionné, les deux calamités naturelles que sont les cyclones et les maladies tropicales par deux de nos malheurs locaux et acquis qui sont les différends religieux et la corruption rampante, on obtiendrait une description assez fidele de ce nouvel enfer bananier Méditerranéen appelé Loubnan.

* * * *

De retour une fois de plus a ‘’Lawrence of Arabia’’ l’épopée cinématographique de David Lean, il est une scène où ‘’Auda Abu Tayi’’, bandit de grands chemins de son état et ex-mercenaire a la solde des Turcs, (jusqu’au jour où il découvrit que le Golden Sovereign Britannique valait bien plus sur le marché que la livre-or ‘’Osmalli’’), vint donc retrouver Lawrence vers la fin de leur campagne victorieuse contre l’occupant Ottoman.

_ Orenz, grogna-t-il, bientôt les combats cesseront et tout le monde rentrera chez soi.

_ Tu dois être bien content Auda de voir ton pays enfin Libéré...

_ Je m’en fous de cela Orenz ; la seule chose qui m’inquiète c’est de ne point pouvoir rentrer chez moi avec un butin ‘’honorable’’… Mon prestige auprès des miens en souffrirait.

…Et notre caduc ‘’Don’’ usagé, blasé et sevré d’’’honneurs’’ et de biens terrestres, qui ne veut plus rien pour lui ; (mais alors rien du tout) ; sauf un beau gros ministère bien juteux ‘’qui serait convenable’’ pour son rejeton.

* * * *

لماذا يستخرينا زعماؤنا ؟
_ لاْننا شعب خريوات


* * * *

" Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors et foulé aux pieds par les gens. " (Mt 5, 13-16).

Dans un pays moribond et irréversiblement désarticulé, qui persévère dans une sorte de délectation morbide à s’autodétruire a force de stratégies socio-politico-économiques aberrantes, les raisons véritables de ce comportement suicidaire sont loin d’être facilement explicables et vont bien au-delà de l’incapacité, de la corruption ou de la pure félonie, pour remettre en cause la nature véritable de l’essence même d’un peuple, avec tout ce que cette perspective comporte de troublant, voire d'effrayant.

D’où l’opposition sauvage des Libanais a toute forme d’« Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto », de laquelle la plupart d’entre eux, du sommet de la pyramide jusqu’aux bas-fonds les plus ténébreux, ne sortiront pas indemnes.

* * * *

En 1860, le philosophe, philologue, historien et écrivain Français Ernest Renan effectua dans le cadre d’une expédition archéologique Française un long séjour au Liban où il résida notamment dans la région d’Amchit (village natal de notre nouveau Mr. Wonderful ).

Chercheur insatiable, Béchir Oubary rapporte sur son site « Heuristiques Libanaises » en date du 5 Janvier 2007, un fragment d’une lettre adressée de Beyrouth par Ernest Renan a son ami Berthelot, et que je reproduis intégralement dans le paragraphe qui suivra.



Extrait d’une lettre d’Ernest Renan a Berthelot.

Beyrouth, le 9 Novembre 1860.

Mon cher ami,

"Si vous voulez voir une nature dont rien ne peut égaler le charme, une mer admirable, un ciel incomparable, des montagnes les plus belles du monde, une race hideuse au milieu de laquelle émergent des types délicieux, une société arrivée au dernier degré de désorganisation où l'on puisse descendre avant d'atteindre l'état sauvage, venez ici..."



* * * *

En attendant (?) ; se déroule aujourd’hui même a la place des Martyrs une cérémonie grandiose pour la totemisation, (Oops, mille fois pardon gentes Dames et gentils Messieurs, je voulais dire: la ‘’Béatification’’) d’un certain père Yacoub ; ce qui constitue une promotion majeure dans l’hiérarchie céleste, et une etape principale sur le chemin d’être ‘’canonné’’ saint a part entière.

En l’occurrence, une massive overdose de ce que l’illustre doctrinaire appelait du haut de sa barbe fleurie : ‘’ L’opium des peuples ‘’.

A eux donc l'extase des paradis artificiels, et a moi de vaquer à ce qui me reste de mieux à faire et qui ait encore quelque signification:



Ibrahim Tyan.

* Visitez : « Les carnets du Beyrouthin »

Wednesday, June 4, 2008

The loneliness of the long distance runner *


* De Tony Richardson ; avec Michael Redgrave et Tom Courtenay, 1962.

* * * *

Comme sur un lit de saphirs criblé de pépites, de longs et profonds frémissements sensuels parcouraient l’azur Méditerranéen sous la caresse ardente d’un Phébus au summum de sa splendeur Messidorale.

Eperdument indifférente a la grotesque mascarade humaine qui se déroulait sur ses rivages, l’immémoriale symphonie d’onde et de lumière déployait sa splendeur triomphale comme pour en faire un pendant a cette non moins séculaire vanité des hommes dont la légende veut que leur premier représentant en cette vallée de larmes soit un exilé qui perdit sa place au paradis par sottise et cupidité.

Engoncé dans mon profond isolement de libre-penseur minoritaire au sein de cette prétentieuse imposture qu’est la ‘’riche pluralité Libanaise’’ faite d’un imbroglio aberrant de patriarcales confessionnelles, sectaires ou feudataires, je ne pouvais m’empêcher de rigoler tout seul sur mon banc de pierre a l’idée de ces braves corniauds (ou sales menteurs) qui ont encore la candeur (ou le culot) de me chanter les louanges d’une ‘’démocratie’’ qui fait que les 128 parlementaires sensés représenter le peuple Libanais soient en vérité réduits au nombre de 4 ou 5 gros bras, trainant chacun dans son sillage un troupeau de ‘’députaillons’’ semblables a des gerbes de tourterelles, cailles ou perdrix pendus a la ceinture d’un braconnier.

Ou de me les casser menu a me hâbler inlassablement que ‘’beaucoup plus qu’une nation, le Liban est une mission’’, chose qui n’a jamais réellement existé que dans les divagations brumeuses du vieux gaga apostolique lors de sa visite historiquement inutile au pays du cèdre, et qui a été reprise depuis par son néo-facho de successeur qui continue également a soutenir que toute utilisation de n’importe quelle méthode de contraception au sein d’un couple est un péché mortel, et qu’il faut accepter avec humilité et remerciement toute progéniture, aussi nombreuse soit-elle, et dont le Bon Dieu veut bien bénir un foyer croyant.

C’aurait été parfait si sa sainteté avait du même coup assumé la charge matérielle de toute naissance advenue par l'effet de cette loi divine en excédent au planning familial originel ; hélas il n’en fut rien, et les fideles restèrent comme a l’habitude devant un dilemme aussi insoluble tant sur le plan métaphysique que matériel.

* * * *

_ ‘’So long as the Arabs fight tribe against tribe, so long will they be a little people, a silly people - greedy, barbarous, and cruel, as you are.’’

(T.E Lawrence s’adressant au Sharif Ali bin El Hareth lors de leur première rencontre).

Les lecteurs cinéphiles qui ont vu ‘’Lawrence of Arabia’’ l’œuvre-mammouth de David Lean qui suit assez fidèlement le livre de T.E. Lawrence, ‘’les sept piliers de la sagesse’’, se rappelleront peut-être de la scène inénarrable vers la fin du film lorsqu’après avoir libéré Damas du joug Ottoman, devançant du même coup les forces Anglaises commandées par le général Allenby, Lawrence assiste impuissant a la bagarre homérique qui éclata entre les tribus Arabes lors du partage du butin et des ‘’postes de prestige’’ dans la capitale conquise. Ainsi, la tribu des ‘’Howeitat’’ voulait être seule responsable du secteur de l’électricité, les ‘’Hareth’’ de la compagnie des eaux, ‘’Banou Wajh’’ de la compagnie du chemin de fer etc.
Tout cela finit très mal bien entendu, et les Arabes, incapables de gérer leur prise, finiront par Abandonner Damas encore plus rapidement qu’il ne leur fallut pour la conquérir, et les Anglais de s'y établir tranquillement sans coup férir.

Un coup d’œil rapide sur la scène locale et régionale actuelle démontre éloquemment que depuis l’époque de la prise de Damas par la légion Arabe du colonel Lawrence pour le compte du roi Faysal d’Arabie et du trône d’Angleterre, les critères politiques et sociaux dans cette partie du monde n’ont pas évolué d’un iota.

* * * *

Pour enterrer la hache de guerre civile, rétablir leur économie moribonde, et moderniser leurs institutions vétustes.
Pour combler le fossé qui sépare les Libanais, remédier a l’injustice sociale et entamer les reformes nécessaires pour un système qui enfin ne serait plus générateur de discorde et de corruption, le Libanais n’ont pas trouvé mieux que de remettre en vigueur la loi électorale de 1960 (modifiée, SVP.).

En d’autres termes, ils ont définitivement scellé et légalisé leur division, tant a l’horizontale qu’à la verticale.

Mais qu’a cela ne tienne car au génie Libanais rien d’impossible ; et si jamais la loi de 1960 s’avère insuffisante, le passé rengorge de trésors inestimables desquels les Libanais pourront toujours puiser l’inspiration pour leur salut.

Du droit de cuissage jusqu'au code d’Hammourabi.

Dans l’attente de ces jours heureux, la France s’emmène chez nous en fin de cette semaine pour nous gratifier de son traditionnel appui ‘’lyrique’’.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin

Tuesday, May 27, 2008

La Suisse du Moyen-Orient.


Israel has passed a message to Syria that it would withdraw from the Golan Heights in return for peace, according to a Syrian government minister
_ (BBC News, 23 Avril 2008).

Peace with Syria is once again knocking at our door, and it even seems to be meeting with a less-frosty reception on the Israeli side. The time is ripe for negotiations with Syria, especially since U.S. President George W. Bush's reign is drawing to a close, and among his potential successors, whether Democrat or Republican, there is a willingness to negotiate with Bashar Assad instead of boycotting him.
_ (Ha’aretz, 24 Avril 2008).

Syrian President Bashar Assad said in an interview published Thursday that his country may hold future direct talks with Israel but not until a new U.S. administration that can broker such negotiations takes office.
_ (AP, 24 Avril 2008).

Les fragments ci-haut mentionnés sont extraits de la masse de données diverses stockées dans les archives de mon PC et que seuls mon écœurement et ma honte profonde d’être Libanais m’empêchèrent jusqu’alors de commenter.

En réponse aux deux décisions aussi aberrantes qu’inattendues du gouvernement fantoche de Sanioura et qui relèvent tant du contenu que de la manière, de la provocation la plus flagrante, advint donc das Wir Kommen, et le Blitzkrieg Divin balaya Beyrouth-ouest et la moitié de la montagne entre une soirée et un lendemain.

Tombés tous deux dans le panneau Américain, le idiots du 14 Brumaire se retrouvèrent ainsi livrés sans soutien a la merci de la fureur Karbalaïste, tandis que le Hizb remplissait obtusément le rôle de ballon d’essai pour les observateurs de Washington et de Tel-Aviv, perdant du même coup le restant de crédibilité qu’il conservait encore parmi les rangs des militants Sunnites Libanais et ceux du monde entier.

Voulant pousser l’expérience jusqu’à l’extrême, Washington intima a ses sbires Chrétiens l’ordre d’ouvrir les hostilités avec les Chiites le long de l’ancienne ‘’ligne de démarcation’’ entre les deux Beyrouth. Mais un restant de lucidité et son manque de confiance dans les capacités ‘’militaires’’ de son allié Chrétien, empêcha le Hizb de tomber dans le nouveau panneau.

Ayant tiré les conclusions qui s’imposent, les Américains firent alors donner les Qatariens et tout rentra dans l’ordre comme par magie.

Et puisqu’il existe plus d’une façon pour châtrer un bouc, la solution qui consiste à estropier le Hizb de l’intérieur (campagne militaire Israélienne, guerre civile, etc.) semble avoir été temporairement abandonnée, au profit de la coupure du seul cordon qui lui assure vigueur et subsistance : la Syrie.

Déjà des signes significatifs se multiplient, les avances ‘’généreuses’’ d’Israël envers la Syrie se font concrètes, l’étau politique Occidental se desserre, et l’assassinat du Hajj machin de la résistance en plein milieu de Damas semble définitivement relégué au rang des phénomènes inexpliqués.

Devant le régime Syrien, un choix se dessine :

_ Rentrer dans l’ordre, se voir restituer le Golan et échapper définitivement a la condamnation par le tribunal International (le scenario est prêt : c’est Ghazi Kanaan a lui seul avec l’aide de quelques sous-fifres Libanais qui ont fomenté le coup ; se voyant découvert il s’est suicidé. Fin de l’enquête, rideau).

_ Soit rester dans l’axe Iranien et subir le sort du régime de Slobodan Milosevic.

Avec Hafez Assad, la Syrie ne se serait jamais laissée acculer a pareil pétrin ; mais les choses ayant étés aujourd’hui discrètement retirées d’entre les mains ineptes de Farouk et de Bachar, et confiées au cauteleux Walid et la super capable et discrète Bouthaina, les choses semblent lentement s’arranger pour les Baathistes.

Cependant, le Hizballah demeure une carte formidable que les Syriens ne lâcheront pas sans des garanties en béton armé et un lot de consolation consistant en un paquet d'actions de la société/bordel intitulée : Liban S.A.R.L.

Des questions-monstres se posent, le feu couve sous la cendre, le peuple Libanais est définitivement divisé et la haine Sunno/Chiite rivalise en férocité avec l’animosité entre les Chrétiens. Après tout cela, certains connards viennent toujours me raconter que celui qui était pro-syrien hier est devenu pro-américain aujourd’hui…

A cela, je ne daigne même pas répondre.

Mais je dis Mabrouk au nouveau président et aux Libanais et Libanaises dont une faction se fait déjà épiler et astiquer le cul en vue d’un été ‘’touristique’’ riche en coïtus, cunnilingus, annilingus et sodomie (pratique préférée chez les cheikhs en rut), alors qu'une autre reste a la recherche d’une bonne petite guerre bien meurtrière pour assurer sa continuité dans le sang et le chaos a l’ombre du grand frère Zoroastrien, et surtout pour ne point démentir les prédictions de David Welsh, porte-parole du ''Grand Chaytan''.

Ibrahim Tyan.

* Visitez ‘’les carnets du Beyrouthin’’

Tuesday, May 13, 2008

حيوانات ...حيوانات ...حيوانات


Entre hier et aujourd’hui, je reçus quatre messages e-mail ainsi qu’une intervention sur le Forum, et qui semblent s’être tous donnés le mot pour s’enquérir sur les raisons de mon silence.

Cette sorte de télépathie entre gens qui ne se connaissent pas, jointe a la pierre tombale qui me pèse sur le cœur, ont déterminé les quelques lignes qui suivront, et qui sont destinées a tous ceux qui ont pris la peine de m’écrire, et que je ne peux que remercier par une réponse aussi sincère qu’intégrale:

‘’ L’infâme mascarade qui se déroule actuellement au Liban ; cette absurdité aussi ridicule que mortelle, me paralyse la tête et la main.

Avec d’un côté un ‘’peuple’’ et de l’autre des ‘’chefs’’ et des ‘’dirigeants’’ ; qui rivalisent a qui mieux, en bestialité, corruption, obscurantisme, perversité et analphabétisme, le Maître de ce blog qui s’est toujours considéré comme le plus Musulman d’entre les Chrétiens, le plus Arabe des Libanais et le plus Occidental parmi les Levantins, ne veut rien avoir avec cette souche aussi irrationnelle que criminelle.

Ni par action, ni par parole, ni par pensée. ''


Ibrahim Tyan.

Tuesday, April 15, 2008

Les univers parallèles d'Aïn-el-Mraïsseh.


Assis sur mon banc préféré face a la Méditerranée d’Aïn-el-Mraïsseh je lisais le nouvel éditorial de Georges Naccache paru aujourd’hui même a la une du journal ‘’L’Orient’’ et qui porte un titre augural : ‘’Deux négations ne font pas une nation’’.

J’aurais bien pu en écrire un a mon tour qui s’intitulerait : ‘’Un don n’est pas toujours une Bénédiction’’


Venus du yacht club de l’hôtel Saint-Georges, des canots à moteur fendaient avec un chuintement sourd la surface du miroir aquatique cristallin qui s’étendait à perte de vue devant moi, entraînant dans leur sillage les skieurs nautiques, Poséidon modernes chevauchant allégrement la vague, le vent et la joie de vivre. .

A quelques dizaines de kilomètres de ce tableau idyllique, les tribus conquérantes de Lévi, Yehouda, Zabulon et Nephtali, ainsi que d’autres venus des quartes coins du globe, achevaient d’assurer leur mainmise sur la terre promise ; et les hordes vaincues des Philistins, déracinés de leur univers séculaire, campaient déjà sur la terre du cèdre, hagards, affamés et rengorgeant du fond des yeux la haine universelle.

Au 13 avril 2008, quelques centaines de Libanais répondront timidement a l’appel de l’association ‘’Offre-Joie’’ pour dire ‘’plus jamais’’ a la guerre civile qui fit dans leurs rangs plus de 100.000 morts, 300.000 blessés et un million de déportés ; paradoxalement, ils se rallieront toujours par centaines de milliers aux appels fanatiques, sectaires et divisionnistes, alimentant leur infâme désunion.

S’il est vrai qu’avec le temps, l’Histoire a tendance à se répéter, il est aussi vrai que cela n’arrive que chez les peuples incultes.

Au fond, qu'est-ce que le temps ? Personne ne le sait vraiment. Et pour cause : dès que l'on s'intéresse à lui de trop près, il se durcit systématiquement en énigme…

Un filet invisible tomba soudain sur la place inondée de soleil en ce glorieux midi de Février ; le gazouillis des enfants, les cris des mouettes, et le chien qui jappait allégrement derrière la balle cessèrent énigmatiquement pour faire place à un silence minéralisé.

Assis sur mon banc, je regardais Hajj Abou-Ragheb qui me tournait le dos, fumant sa cigarette face a la mer, lorsqu’à l’horizon devant lui se profila une énorme nuée noire venue du côté de l’hôtel Saint-Georges.

Pendant de longues secondes l’insupportable silence régna encore avant que la première onde vibratoire ne vienne transpercer les êtres et les choses d’une vrille infernale doublée d’un hideux grondement sourd qui allait en s’amplifiant avec la cruauté de l’inexorable.

L’une après l’autre, les vitres de l’immeuble derrière moi volèrent en mille éclats comme de vulgaires coquilles d’œuf ; Abou Ragheb, pétrifié tel une statue de sel me regarda avec des yeux vides de toute expression :

_ Qu’Allah le Miséricordieux nous vienne en aide !

Mais déjà je ne l’entendais plus ; derrière lui, une nuée ardente pointait au firmament de la sombre nébuleuse qui recouvrait à présent l’horizon en entier, et au centre de laquelle se détachaient nettement semblables à des langues de feu, les Cavaliers.

Chacun comprend de quoi l'on parle lorsqu'on parle du Temps. Nul besoin d'être Kant, Einstein ou Heidegger (ou même Proust) pour y aller de son petit avis personnel. Mais que signifie au juste une phrase aussi simple que : « le temps passe », et que nous répétons inlassablement tant elle nous semble pétrie de bon sens ? Personne ne conteste que le temps est ce qui fait que toute chose passe, mais de là à dire que c'est le temps lui-même qui passe, n'est-ce pas là commettre un abus de langage ou s’exposer a un dérapage de sens ?

Au café d’Aïn-el-Mraïsseh, Hicham, Bilal et Zeidan étaient aux petits soins pour les deux nouveaux venus d’un certain âge et dont la mise soignée et les bonnes manières dénotaient des clients de choix.

_ Fameuse trouvaille que cet endroit magnifique ya Abou Youssef (ah si Joe l’entendrait m’appeler ainsi !), et si bien caché. Tu y viens souvent ?

_ C’est bien la première fois ya Abou Bahaa’ (Un mensonge ? Oui et non !). Des amis me l’avaient recommandé mais je tenais à l’inaugurer avec toi. Alors qu’est ce qu’on boit ?

Une gêne que je m’empressai de dissiper traversa furtivement le regard pénétrant du Grand Homme.

_Tu sais ya Abou Bahaa’, ici personne ne te connais ; tu as ma garantie formelle.

_ Je m’en suis aperçu et j’en suis bien étonné ! Bof…, allons-y pour de l’Arak puisqu’on va commencer par les mezzés.

Ayant pris soin dès notre entrée de glisser discrètement un joli billet craquant de LL. 25 dans la patte du cuistot ébahi, (ce brave Mahmoud qui ne soupçonne même pas combien on se connaît…), la sarabande affriolante des petits plats plus délicieux les uns que les autres déferla sur notre table.

Après le deuxième verre, Abou Bahaa’ tomba la veste, dénoua la cravate et se rabattit voluptueusement sur le dossier de son siège avec un soupir d’extase.

- Ah ya Abou Youssef, comme j’avais besoin de cette soirée et combien ce Mdardara est une pure merveille dont je n’en ai goûté de pareil depuis l’époque de mon enfance a Saïda.

Quittant sa table au fin fond de la jetée, un jeune homme de belle prestance accompagné d’une femme qui exhalait le sui generis libidinal de tous les pores de son anatomie sculpturale gagna la sortie suivi par les salutations serviles des larbins ; et bien qu’il ne me reconnut point (comment l'aurait-il pu?) mon sang a son passage ne fit qu’un tour.

_ Belle pouliche, s’exclama Abou Bahaa’ rendu romantique par la tendre nuit d’été, le doux murmure des vagues et l’Arak d’excellente qualité. – C’est beau l’amour.

Ayant suffisamment repris mes esprits je lui rétorquais :

_ Pour la nana, je n’en sais rien ; mais pour ce qui est du mec, mon petit doigt me dit que ses intentions au mieux ne doivent en aucune façon excéder celles du Cheikh Mouhammad el Nefzaoui.

_ Hahahaha ! S’esclaffa le Grand Homme ; tu me cites enfin là une référence familière, pas comme tes deux hurluberlus de stratèges dont tu m’en as rabattu les oreilles pendant tout l’aprèm.

_ Tu veux sans doute parler de Machiavel et de Clausewitz.

_ Oui c’est bien cela. Crois-moi mon cher ami, si ces gens-là avaient quelque valeur, ils n’auraient jamais passé leur vie à trimer pour les autres. Tiens, prends par exemple mon Fouad, c’est là un homme brillant et un excellent second ; mais catapulte-le a la première place, et tu le verras déconner de première.

_ que te fait dire cela ?

_ Simple. Il a certes des qualifications que je ne possède pas, par contre il manque totalement de vision.

Sur ce, Mahmoud s’emmena en personne avec les brochettes fumantes de tendre Méchoui, Kafta et Chiche-Taouk, et des Sultan Ibrahim croustillants.

_ Ho ho ho ! Quel delice mon cher. Tu me traites-là comme un roi Ô Abou Youssef mon ami.

_Tu es bel et bien un roi ya Abou Bahaa’ ; et même que ta royauté est bien plus authentique que celle de celui qui se considère comme ton monarque et bienfaiteur.

Ici je crus voir une ombre traverser le visage du Grand Homme ; rêveusement il se parla beaucoup plus qu’il ne m'adressa :

_ Beaucoup d’erreurs et beaucoup trop de concessions…mais la partie est loin d’être finie, en fait elle vient tout juste de commencer…

Puis reprenant contenance, il me fixa de son regard redevenu perçant :

_ Par Allah tout puissant, et sa sainte volonté qui voulut bien nous réunir en cette merveilleuse soirée, je te jure ya Abou Youssef que je n’aurais de répit que lorsque le Liban redeviendra le paradis de l’Orient et Beyrouth sa perle rare.

_ Kassak (a ta santé) Abou Bahaa’

Redevenu joyeux et expansif Abou Bahaa’ m’annonça :

_ Tiens, j’invite demain chez moi un lot de gens fort intéressants à déjeuner et je voudrais que tu sois de la partie.

_ …

_ Tatata. Je n’admets aucune excuse. Demain (Inch’ Allah) tu me rejoins au café de ‘’l’étoile’’ où j’y serais de 11H. Jusqu’à midi en compagnie de Bassel (un autre intello comme tu les aimes.)

_ (L’impuissance, l’agonie et le silence... Ce maudit code de passivité et du SILENCE sous peine de déclencher une réaction en chaine aux proportions inimaginables…).

_ Alors tu viens ?

_ Inch’Allah ya Abou Bahaa’ murmurais-je la mort dans l’âme ; Inch’Allah.



Ibrahim Tyan.

* Visitez, « Les carnets du Beyrouthin ».

Wednesday, April 9, 2008

UN RÊVE.


Un songe (me devrais-je inquiéter d'un songe?)
Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge.

Jean Racine, (Athalie, acte II, Scène V.)


Dans la nuit du Samedi 5 avril 2008, je fis un rêve :

Par l’entremise de je ne sais quel contexte, je me retrouvais en compagnie du Grand Bienfaiteur en personne dont la dépouille repose en paix, (du moins je le lui souhaite), a la place du Saint-Sépulcre au beau milieu d’un Beyrouth séculaire et qui en a vu d’autres.

Pour des raisons non éclaircies, une complicité étroite semblait nous unir, et nous nous retrouvâmes en train de deviser amicalement dans le confort feutré de sa limousine blindée, en chemin vers l’hôtel Phoenicia où l’homme était attendu pour l’inauguration d’un quelconque congrès suivi de l’inévitable banquet.

Au beau milieu du trajet, le Premier Ministre intima brusquement à son chauffeur l’ordre de changer de direction.

_ Je suis las de ces corvées fastidieuses - me dit-il – Tiens, je t’emmène déjeuner en tête a tête dans un endroit bien tranquille où nous pourrions deviser de choses et d’autres a notre aise.

Sitôt dit sitôt fait. Quittant les belles avenues de Solidere-sur-mer, la puissante conduite intérieure s’engagea dans de petites ruelles de plus en plus sinueuses jusqu'à l’atteinte d’une modeste zone prolétaire où le chauffeur parqua en habitué, devant une méchante bâtisse a l’aspect triste et lugubre.

De plus en plus intrigué, j’observais le Grand Magnat qui frétillait littéralement de joie en descendant allégrement de sa bagnole rutilante, me faisant prestement signe de dévaler derrière lui un escalier obscur qui serpentait vers un sous-sol où planaient des effluves d’oignon frit, d’hygiène douteuse et de pauvreté opiniâtre.

Une vieille porte vermoulue s’ouvrit sur une vénérable Hajjé en Hijab dont le Grand Homme s’empressa de baiser les deux mains avant de la prendre dans ses bras en de longues effusions d’affection et de tendresse.

A mon tour je fus invité d’entrer et me retrouvais dans une unique pièce aux murs lépreux, meublée misérablement de façon à servir a la fois de cuisine, de salle de séjour et de chambre à coucher pour ses occupants.

Devant mes yeux incrédules, l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de la planète, ôta la veste, dénoua la cravate, déboucla la ceinture et s’affala en se déchaussant avec un Ahhhhhh d’extase sur une méchante litière, entouré d’une marmaille bruyante et déguenillée surgie d’on ne sait où, qui lui grimpaient sur le ventre, lui tiraillaient la chemise et lui ébouriffaient les cheveux dans des ébats tumultueux et sonores qui semblaient le porter au comble de la félicité.

Une voix sans nom et sans visage sortie de nulle part vint me chuchoter : Il n’est vraiment en paix que sous le toit paternel !

* * * *

Dimanche soir, j’étais encore sous l’emprise de ce rêve étrange lorsque je constatais la présence (rarissime) de mon fils cadet à la maison.

Saisi d’une impulsion soudaine je décidais de m’ouvrir au fieffé coquin qui cache beaucoup plus qu’il ne montre.

Passant a ses yeux pour un doux coco, (une attitude tout a fait saine chez un gars de 21 ans, et que je préfère de loin a celle qui consiste a voir en l’auteur de ses jours l’incarnation même de Yahvé sur terre), je me risquais de lui relater mon rêve, en l’asticotant comme quoi, lorsqu’on est a sa quatrième année de médecine, on est sensé avoir quand-même glané quelques rudiments de psychologie.

_ Tu sais Papp’, me répliqua le gredin avec un sourire mi-tendre mi-narquois, il est normal que tu ne puisses trouver la clé de ton rêve tant que tu t’obstines a t’accrocher a tes conceptions Freudiennes dépassées ; cependant l’explication en est des plus simples : Dans ton rêve, Hariri n’est autre que TOI ; et il semble qu’il y a quelque chose qui t’emmerde tellement dans le présent et te panique si fort pour l’avenir que tu regrettes secrètement de ne point pouvoir faire marche-arrière…

Sur ce, son portable carillonna et après un bref échange téléphonique tout en monosyllabes, le grand escogriffe m’allongea une tape affectueuse sur l’épaule et partit en trombe me laissant seul avec mes pensées comme deux ronds de flan.

Moralité, il ne faut jamais sous-estimer le sang nouveau…

N’en déplaise aux arriérés chroniques dont les concepts se limitent à l’obscurantisme moyenâgeux du ‘’jugement de Dieu’’, ou de leurs opposants qui s’affichent en ‘’libéraux’’ alors que leur vision sociopolitique n’atteint même pas les entendements de l’époque d’avant la première révolution industrielle.

...Et le fait d’avoir pu avec un discours fallacieux, berner ignoblement tout Libanais sincère, assoiffé de réforme et de changement véritables.

Car aussi vrai qu'une longue disette finit par miner la resistance tant physique que morale de n’importe quel organisme, nombreux sont les Libanais longtemps desesperés de se voir un jour gerés par un regime fiable, qui tomberent comme des fruits mûrs dans le panneau du médiocre démagogue populiste, mégalomane et assoiffé de pouvoir.
Le culte de la personnalité n'ayant jamais été seyant ni payant, qu’en serait- il si la personnalité en question s'avère etre de surcroit , un aventurier  irresponsable ?

Parce que le cas est classique et que l’histoire rengorge d’exemples identiques, Le destin irrévocable du ''Tayyar el Watani el Hurr'' est d’exploser en de petites particules qui vont aller s’evanouir l'une après l'autre dans le néant de l'oubli.


Déjà les zébrures apparaissent de plus en plus nombreuses dans la muraille orange, l’édifice se lézarde, la déficience du vent bâti sur du vent apparaît au grand jour et avec elle les premières désertions.

C’est l’hallali, la curée, le sauve-qui-peut contagieux, et l’écroulement du rêve de beaucoup d’honnêtes et sincères Libanais.

Et du mien qui tourne au cauchemar.

Ibrahim. Tyan.

…Out, out, brief candle.
Life's but a walking shadow, a poor player
that struts and frets his hour upon the stage,
and then is heard no more. It is a tale
told by an idiot, full of sound and fury,
signifying nothing.

William Shakespeare, (Macbeth. 5.5.22-27).

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin ».