Tuesday, May 27, 2008

La Suisse du Moyen-Orient.


Israel has passed a message to Syria that it would withdraw from the Golan Heights in return for peace, according to a Syrian government minister
_ (BBC News, 23 Avril 2008).

Peace with Syria is once again knocking at our door, and it even seems to be meeting with a less-frosty reception on the Israeli side. The time is ripe for negotiations with Syria, especially since U.S. President George W. Bush's reign is drawing to a close, and among his potential successors, whether Democrat or Republican, there is a willingness to negotiate with Bashar Assad instead of boycotting him.
_ (Ha’aretz, 24 Avril 2008).

Syrian President Bashar Assad said in an interview published Thursday that his country may hold future direct talks with Israel but not until a new U.S. administration that can broker such negotiations takes office.
_ (AP, 24 Avril 2008).

Les fragments ci-haut mentionnés sont extraits de la masse de données diverses stockées dans les archives de mon PC et que seuls mon écœurement et ma honte profonde d’être Libanais m’empêchèrent jusqu’alors de commenter.

En réponse aux deux décisions aussi aberrantes qu’inattendues du gouvernement fantoche de Sanioura et qui relèvent tant du contenu que de la manière, de la provocation la plus flagrante, advint donc das Wir Kommen, et le Blitzkrieg Divin balaya Beyrouth-ouest et la moitié de la montagne entre une soirée et un lendemain.

Tombés tous deux dans le panneau Américain, le idiots du 14 Brumaire se retrouvèrent ainsi livrés sans soutien a la merci de la fureur Karbalaïste, tandis que le Hizb remplissait obtusément le rôle de ballon d’essai pour les observateurs de Washington et de Tel-Aviv, perdant du même coup le restant de crédibilité qu’il conservait encore parmi les rangs des militants Sunnites Libanais et ceux du monde entier.

Voulant pousser l’expérience jusqu’à l’extrême, Washington intima a ses sbires Chrétiens l’ordre d’ouvrir les hostilités avec les Chiites le long de l’ancienne ‘’ligne de démarcation’’ entre les deux Beyrouth. Mais un restant de lucidité et son manque de confiance dans les capacités ‘’militaires’’ de son allié Chrétien, empêcha le Hizb de tomber dans le nouveau panneau.

Ayant tiré les conclusions qui s’imposent, les Américains firent alors donner les Qatariens et tout rentra dans l’ordre comme par magie.

Et puisqu’il existe plus d’une façon pour châtrer un bouc, la solution qui consiste à estropier le Hizb de l’intérieur (campagne militaire Israélienne, guerre civile, etc.) semble avoir été temporairement abandonnée, au profit de la coupure du seul cordon qui lui assure vigueur et subsistance : la Syrie.

Déjà des signes significatifs se multiplient, les avances ‘’généreuses’’ d’Israël envers la Syrie se font concrètes, l’étau politique Occidental se desserre, et l’assassinat du Hajj machin de la résistance en plein milieu de Damas semble définitivement relégué au rang des phénomènes inexpliqués.

Devant le régime Syrien, un choix se dessine :

_ Rentrer dans l’ordre, se voir restituer le Golan et échapper définitivement a la condamnation par le tribunal International (le scenario est prêt : c’est Ghazi Kanaan a lui seul avec l’aide de quelques sous-fifres Libanais qui ont fomenté le coup ; se voyant découvert il s’est suicidé. Fin de l’enquête, rideau).

_ Soit rester dans l’axe Iranien et subir le sort du régime de Slobodan Milosevic.

Avec Hafez Assad, la Syrie ne se serait jamais laissée acculer a pareil pétrin ; mais les choses ayant étés aujourd’hui discrètement retirées d’entre les mains ineptes de Farouk et de Bachar, et confiées au cauteleux Walid et la super capable et discrète Bouthaina, les choses semblent lentement s’arranger pour les Baathistes.

Cependant, le Hizballah demeure une carte formidable que les Syriens ne lâcheront pas sans des garanties en béton armé et un lot de consolation consistant en un paquet d'actions de la société/bordel intitulée : Liban S.A.R.L.

Des questions-monstres se posent, le feu couve sous la cendre, le peuple Libanais est définitivement divisé et la haine Sunno/Chiite rivalise en férocité avec l’animosité entre les Chrétiens. Après tout cela, certains connards viennent toujours me raconter que celui qui était pro-syrien hier est devenu pro-américain aujourd’hui…

A cela, je ne daigne même pas répondre.

Mais je dis Mabrouk au nouveau président et aux Libanais et Libanaises dont une faction se fait déjà épiler et astiquer le cul en vue d’un été ‘’touristique’’ riche en coïtus, cunnilingus, annilingus et sodomie (pratique préférée chez les cheikhs en rut), alors qu'une autre reste a la recherche d’une bonne petite guerre bien meurtrière pour assurer sa continuité dans le sang et le chaos a l’ombre du grand frère Zoroastrien, et surtout pour ne point démentir les prédictions de David Welsh, porte-parole du ''Grand Chaytan''.

Ibrahim Tyan.

* Visitez ‘’les carnets du Beyrouthin’’

Tuesday, May 13, 2008

حيوانات ...حيوانات ...حيوانات


Entre hier et aujourd’hui, je reçus quatre messages e-mail ainsi qu’une intervention sur le Forum, et qui semblent s’être tous donnés le mot pour s’enquérir sur les raisons de mon silence.

Cette sorte de télépathie entre gens qui ne se connaissent pas, jointe a la pierre tombale qui me pèse sur le cœur, ont déterminé les quelques lignes qui suivront, et qui sont destinées a tous ceux qui ont pris la peine de m’écrire, et que je ne peux que remercier par une réponse aussi sincère qu’intégrale:

‘’ L’infâme mascarade qui se déroule actuellement au Liban ; cette absurdité aussi ridicule que mortelle, me paralyse la tête et la main.

Avec d’un côté un ‘’peuple’’ et de l’autre des ‘’chefs’’ et des ‘’dirigeants’’ ; qui rivalisent a qui mieux, en bestialité, corruption, obscurantisme, perversité et analphabétisme, le Maître de ce blog qui s’est toujours considéré comme le plus Musulman d’entre les Chrétiens, le plus Arabe des Libanais et le plus Occidental parmi les Levantins, ne veut rien avoir avec cette souche aussi irrationnelle que criminelle.

Ni par action, ni par parole, ni par pensée. ''


Ibrahim Tyan.

Tuesday, April 15, 2008

Les univers parallèles d'Aïn-el-Mraïsseh.


Assis sur mon banc préféré face a la Méditerranée d’Aïn-el-Mraïsseh je lisais le nouvel éditorial de Georges Naccache paru aujourd’hui même a la une du journal ‘’L’Orient’’ et qui porte un titre augural : ‘’Deux négations ne font pas une nation’’.

J’aurais bien pu en écrire un a mon tour qui s’intitulerait : ‘’Un don n’est pas toujours une Bénédiction’’


Venus du yacht club de l’hôtel Saint-Georges, des canots à moteur fendaient avec un chuintement sourd la surface du miroir aquatique cristallin qui s’étendait à perte de vue devant moi, entraînant dans leur sillage les skieurs nautiques, Poséidon modernes chevauchant allégrement la vague, le vent et la joie de vivre. .

A quelques dizaines de kilomètres de ce tableau idyllique, les tribus conquérantes de Lévi, Yehouda, Zabulon et Nephtali, ainsi que d’autres venus des quartes coins du globe, achevaient d’assurer leur mainmise sur la terre promise ; et les hordes vaincues des Philistins, déracinés de leur univers séculaire, campaient déjà sur la terre du cèdre, hagards, affamés et rengorgeant du fond des yeux la haine universelle.

Au 13 avril 2008, quelques centaines de Libanais répondront timidement a l’appel de l’association ‘’Offre-Joie’’ pour dire ‘’plus jamais’’ a la guerre civile qui fit dans leurs rangs plus de 100.000 morts, 300.000 blessés et un million de déportés ; paradoxalement, ils se rallieront toujours par centaines de milliers aux appels fanatiques, sectaires et divisionnistes, alimentant leur infâme désunion.

S’il est vrai qu’avec le temps, l’Histoire a tendance à se répéter, il est aussi vrai que cela n’arrive que chez les peuples incultes.

Au fond, qu'est-ce que le temps ? Personne ne le sait vraiment. Et pour cause : dès que l'on s'intéresse à lui de trop près, il se durcit systématiquement en énigme…

Un filet invisible tomba soudain sur la place inondée de soleil en ce glorieux midi de Février ; le gazouillis des enfants, les cris des mouettes, et le chien qui jappait allégrement derrière la balle cessèrent énigmatiquement pour faire place à un silence minéralisé.

Assis sur mon banc, je regardais Hajj Abou-Ragheb qui me tournait le dos, fumant sa cigarette face a la mer, lorsqu’à l’horizon devant lui se profila une énorme nuée noire venue du côté de l’hôtel Saint-Georges.

Pendant de longues secondes l’insupportable silence régna encore avant que la première onde vibratoire ne vienne transpercer les êtres et les choses d’une vrille infernale doublée d’un hideux grondement sourd qui allait en s’amplifiant avec la cruauté de l’inexorable.

L’une après l’autre, les vitres de l’immeuble derrière moi volèrent en mille éclats comme de vulgaires coquilles d’œuf ; Abou Ragheb, pétrifié tel une statue de sel me regarda avec des yeux vides de toute expression :

_ Qu’Allah le Miséricordieux nous vienne en aide !

Mais déjà je ne l’entendais plus ; derrière lui, une nuée ardente pointait au firmament de la sombre nébuleuse qui recouvrait à présent l’horizon en entier, et au centre de laquelle se détachaient nettement semblables à des langues de feu, les Cavaliers.

Chacun comprend de quoi l'on parle lorsqu'on parle du Temps. Nul besoin d'être Kant, Einstein ou Heidegger (ou même Proust) pour y aller de son petit avis personnel. Mais que signifie au juste une phrase aussi simple que : « le temps passe », et que nous répétons inlassablement tant elle nous semble pétrie de bon sens ? Personne ne conteste que le temps est ce qui fait que toute chose passe, mais de là à dire que c'est le temps lui-même qui passe, n'est-ce pas là commettre un abus de langage ou s’exposer a un dérapage de sens ?

Au café d’Aïn-el-Mraïsseh, Hicham, Bilal et Zeidan étaient aux petits soins pour les deux nouveaux venus d’un certain âge et dont la mise soignée et les bonnes manières dénotaient des clients de choix.

_ Fameuse trouvaille que cet endroit magnifique ya Abou Youssef (ah si Joe l’entendrait m’appeler ainsi !), et si bien caché. Tu y viens souvent ?

_ C’est bien la première fois ya Abou Bahaa’ (Un mensonge ? Oui et non !). Des amis me l’avaient recommandé mais je tenais à l’inaugurer avec toi. Alors qu’est ce qu’on boit ?

Une gêne que je m’empressai de dissiper traversa furtivement le regard pénétrant du Grand Homme.

_Tu sais ya Abou Bahaa’, ici personne ne te connais ; tu as ma garantie formelle.

_ Je m’en suis aperçu et j’en suis bien étonné ! Bof…, allons-y pour de l’Arak puisqu’on va commencer par les mezzés.

Ayant pris soin dès notre entrée de glisser discrètement un joli billet craquant de LL. 25 dans la patte du cuistot ébahi, (ce brave Mahmoud qui ne soupçonne même pas combien on se connaît…), la sarabande affriolante des petits plats plus délicieux les uns que les autres déferla sur notre table.

Après le deuxième verre, Abou Bahaa’ tomba la veste, dénoua la cravate et se rabattit voluptueusement sur le dossier de son siège avec un soupir d’extase.

- Ah ya Abou Youssef, comme j’avais besoin de cette soirée et combien ce Mdardara est une pure merveille dont je n’en ai goûté de pareil depuis l’époque de mon enfance a Saïda.

Quittant sa table au fin fond de la jetée, un jeune homme de belle prestance accompagné d’une femme qui exhalait le sui generis libidinal de tous les pores de son anatomie sculpturale gagna la sortie suivi par les salutations serviles des larbins ; et bien qu’il ne me reconnut point (comment l'aurait-il pu?) mon sang a son passage ne fit qu’un tour.

_ Belle pouliche, s’exclama Abou Bahaa’ rendu romantique par la tendre nuit d’été, le doux murmure des vagues et l’Arak d’excellente qualité. – C’est beau l’amour.

Ayant suffisamment repris mes esprits je lui rétorquais :

_ Pour la nana, je n’en sais rien ; mais pour ce qui est du mec, mon petit doigt me dit que ses intentions au mieux ne doivent en aucune façon excéder celles du Cheikh Mouhammad el Nefzaoui.

_ Hahahaha ! S’esclaffa le Grand Homme ; tu me cites enfin là une référence familière, pas comme tes deux hurluberlus de stratèges dont tu m’en as rabattu les oreilles pendant tout l’aprèm.

_ Tu veux sans doute parler de Machiavel et de Clausewitz.

_ Oui c’est bien cela. Crois-moi mon cher ami, si ces gens-là avaient quelque valeur, ils n’auraient jamais passé leur vie à trimer pour les autres. Tiens, prends par exemple mon Fouad, c’est là un homme brillant et un excellent second ; mais catapulte-le a la première place, et tu le verras déconner de première.

_ que te fait dire cela ?

_ Simple. Il a certes des qualifications que je ne possède pas, par contre il manque totalement de vision.

Sur ce, Mahmoud s’emmena en personne avec les brochettes fumantes de tendre Méchoui, Kafta et Chiche-Taouk, et des Sultan Ibrahim croustillants.

_ Ho ho ho ! Quel delice mon cher. Tu me traites-là comme un roi Ô Abou Youssef mon ami.

_Tu es bel et bien un roi ya Abou Bahaa’ ; et même que ta royauté est bien plus authentique que celle de celui qui se considère comme ton monarque et bienfaiteur.

Ici je crus voir une ombre traverser le visage du Grand Homme ; rêveusement il se parla beaucoup plus qu’il ne m'adressa :

_ Beaucoup d’erreurs et beaucoup trop de concessions…mais la partie est loin d’être finie, en fait elle vient tout juste de commencer…

Puis reprenant contenance, il me fixa de son regard redevenu perçant :

_ Par Allah tout puissant, et sa sainte volonté qui voulut bien nous réunir en cette merveilleuse soirée, je te jure ya Abou Youssef que je n’aurais de répit que lorsque le Liban redeviendra le paradis de l’Orient et Beyrouth sa perle rare.

_ Kassak (a ta santé) Abou Bahaa’

Redevenu joyeux et expansif Abou Bahaa’ m’annonça :

_ Tiens, j’invite demain chez moi un lot de gens fort intéressants à déjeuner et je voudrais que tu sois de la partie.

_ …

_ Tatata. Je n’admets aucune excuse. Demain (Inch’ Allah) tu me rejoins au café de ‘’l’étoile’’ où j’y serais de 11H. Jusqu’à midi en compagnie de Bassel (un autre intello comme tu les aimes.)

_ (L’impuissance, l’agonie et le silence... Ce maudit code de passivité et du SILENCE sous peine de déclencher une réaction en chaine aux proportions inimaginables…).

_ Alors tu viens ?

_ Inch’Allah ya Abou Bahaa’ murmurais-je la mort dans l’âme ; Inch’Allah.



Ibrahim Tyan.

* Visitez, « Les carnets du Beyrouthin ».

Wednesday, April 9, 2008

UN RÊVE.


Un songe (me devrais-je inquiéter d'un songe?)
Entretient dans mon cœur un chagrin qui le ronge.

Jean Racine, (Athalie, acte II, Scène V.)


Dans la nuit du Samedi 5 avril 2008, je fis un rêve :

Par l’entremise de je ne sais quel contexte, je me retrouvais en compagnie du Grand Bienfaiteur en personne dont la dépouille repose en paix, (du moins je le lui souhaite), a la place du Saint-Sépulcre au beau milieu d’un Beyrouth séculaire et qui en a vu d’autres.

Pour des raisons non éclaircies, une complicité étroite semblait nous unir, et nous nous retrouvâmes en train de deviser amicalement dans le confort feutré de sa limousine blindée, en chemin vers l’hôtel Phoenicia où l’homme était attendu pour l’inauguration d’un quelconque congrès suivi de l’inévitable banquet.

Au beau milieu du trajet, le Premier Ministre intima brusquement à son chauffeur l’ordre de changer de direction.

_ Je suis las de ces corvées fastidieuses - me dit-il – Tiens, je t’emmène déjeuner en tête a tête dans un endroit bien tranquille où nous pourrions deviser de choses et d’autres a notre aise.

Sitôt dit sitôt fait. Quittant les belles avenues de Solidere-sur-mer, la puissante conduite intérieure s’engagea dans de petites ruelles de plus en plus sinueuses jusqu'à l’atteinte d’une modeste zone prolétaire où le chauffeur parqua en habitué, devant une méchante bâtisse a l’aspect triste et lugubre.

De plus en plus intrigué, j’observais le Grand Magnat qui frétillait littéralement de joie en descendant allégrement de sa bagnole rutilante, me faisant prestement signe de dévaler derrière lui un escalier obscur qui serpentait vers un sous-sol où planaient des effluves d’oignon frit, d’hygiène douteuse et de pauvreté opiniâtre.

Une vieille porte vermoulue s’ouvrit sur une vénérable Hajjé en Hijab dont le Grand Homme s’empressa de baiser les deux mains avant de la prendre dans ses bras en de longues effusions d’affection et de tendresse.

A mon tour je fus invité d’entrer et me retrouvais dans une unique pièce aux murs lépreux, meublée misérablement de façon à servir a la fois de cuisine, de salle de séjour et de chambre à coucher pour ses occupants.

Devant mes yeux incrédules, l’un des hommes les plus riches et les plus puissants de la planète, ôta la veste, dénoua la cravate, déboucla la ceinture et s’affala en se déchaussant avec un Ahhhhhh d’extase sur une méchante litière, entouré d’une marmaille bruyante et déguenillée surgie d’on ne sait où, qui lui grimpaient sur le ventre, lui tiraillaient la chemise et lui ébouriffaient les cheveux dans des ébats tumultueux et sonores qui semblaient le porter au comble de la félicité.

Une voix sans nom et sans visage sortie de nulle part vint me chuchoter : Il n’est vraiment en paix que sous le toit paternel !

* * * *

Dimanche soir, j’étais encore sous l’emprise de ce rêve étrange lorsque je constatais la présence (rarissime) de mon fils cadet à la maison.

Saisi d’une impulsion soudaine je décidais de m’ouvrir au fieffé coquin qui cache beaucoup plus qu’il ne montre.

Passant a ses yeux pour un doux coco, (une attitude tout a fait saine chez un gars de 21 ans, et que je préfère de loin a celle qui consiste a voir en l’auteur de ses jours l’incarnation même de Yahvé sur terre), je me risquais de lui relater mon rêve, en l’asticotant comme quoi, lorsqu’on est a sa quatrième année de médecine, on est sensé avoir quand-même glané quelques rudiments de psychologie.

_ Tu sais Papp’, me répliqua le gredin avec un sourire mi-tendre mi-narquois, il est normal que tu ne puisses trouver la clé de ton rêve tant que tu t’obstines a t’accrocher a tes conceptions Freudiennes dépassées ; cependant l’explication en est des plus simples : Dans ton rêve, Hariri n’est autre que TOI ; et il semble qu’il y a quelque chose qui t’emmerde tellement dans le présent et te panique si fort pour l’avenir que tu regrettes secrètement de ne point pouvoir faire marche-arrière…

Sur ce, son portable carillonna et après un bref échange téléphonique tout en monosyllabes, le grand escogriffe m’allongea une tape affectueuse sur l’épaule et partit en trombe me laissant seul avec mes pensées comme deux ronds de flan.

Moralité, il ne faut jamais sous-estimer le sang nouveau…

N’en déplaise aux arriérés chroniques dont les concepts se limitent à l’obscurantisme moyenâgeux du ‘’jugement de Dieu’’, ou de leurs opposants qui s’affichent en ‘’libéraux’’ alors que leur vision sociopolitique n’atteint même pas les entendements de l’époque d’avant la première révolution industrielle.

...Et le fait d’avoir pu avec un discours fallacieux, berner ignoblement tout Libanais sincère, assoiffé de réforme et de changement véritables.

Car aussi vrai qu'une longue disette finit par miner la resistance tant physique que morale de n’importe quel organisme, nombreux sont les Libanais longtemps desesperés de se voir un jour gerés par un regime fiable, qui tomberent comme des fruits mûrs dans le panneau du médiocre démagogue populiste, mégalomane et assoiffé de pouvoir.
Le culte de la personnalité n'ayant jamais été seyant ni payant, qu’en serait- il si la personnalité en question s'avère etre de surcroit , un aventurier  irresponsable ?

Parce que le cas est classique et que l’histoire rengorge d’exemples identiques, Le destin irrévocable du ''Tayyar el Watani el Hurr'' est d’exploser en de petites particules qui vont aller s’evanouir l'une après l'autre dans le néant de l'oubli.


Déjà les zébrures apparaissent de plus en plus nombreuses dans la muraille orange, l’édifice se lézarde, la déficience du vent bâti sur du vent apparaît au grand jour et avec elle les premières désertions.

C’est l’hallali, la curée, le sauve-qui-peut contagieux, et l’écroulement du rêve de beaucoup d’honnêtes et sincères Libanais.

Et du mien qui tourne au cauchemar.

Ibrahim. Tyan.

…Out, out, brief candle.
Life's but a walking shadow, a poor player
that struts and frets his hour upon the stage,
and then is heard no more. It is a tale
told by an idiot, full of sound and fury,
signifying nothing.

William Shakespeare, (Macbeth. 5.5.22-27).

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin ».

Thursday, April 3, 2008

Le nouveau peuple errant.


Nul homme n’est une île
Suffisante en elle-même
Mais un fragment d’un continent
Une part d’un Tout…

De par mon appartenance au genre humain
La mort de chaque homme me diminue
N’envoyez plus vous enquérir :
Pour qui sonne le glas,
Il sonne pour vous.


John Donne. (1572-1631).
Méditation XVII.

* * * *

Le degré de non-appartenance à son pays d’origine varie considérablement d’un individu à l’autre.

Alors que certains se considèrent par conviction comme de libres citoyens du monde pour lesquels le terme de ‘’patrie’’ relève de l’anachronisme le plus obsolète, d’autres affichent pour des raisons moins conceptuelles, une indifférence totale envers leur nationalité d’origine, mais sont prêts pour en acquérir une autre à lutter avec l’énergie du désespoir.

Dans cette dernière catégorie on y trouve la plupart des Libanais ; et je serais le dernier a les en blâmer.

Mais le spectacle des efforts désespérés de certains de mes compatriotes pour s’intégrer coûte que coûte dans une société étrangère alors que rien dans leur formation civique, académique ou intellectuelle ne les en prédispose a toujours été pour moi un spectacle amèrement désolant.

Je m’en souviens encore d’une petite midinette Libanaise résidente illégalement depuis quelques mois aux Etats-Unis qui me demanda lors d’un séjour de travail qui m’emmena là-bas en 2002, ce que j’en pensais des événements du 11 Septembre 2001.

A ma réponse laconique que je n’en pensais rien du tout, la bonne femme, saisie a mon grand étonnement d’une sainte fureur ‘’patriotique’’ faillit m’arracher les yeux de la tête, me traitant d’ogre insensible et d’apologiste de la terreur.

Mère nature m’ayant pourvu d’un tempérament particulièrement tranquille et conciliant, je renonçais a la méchante tentation de lui demander de bien vouloir m’aligner les trois noms de Thomas Jefferson, Andrew Jackson et Abraham Lincoln dans l’ordre chronologique de la date de leur accession a la présidence des Etats-Unis, ou de lui demander lequel d’entre Sinclair Lewis, F. Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway eut le plus d’influence sur la littérature Américaine contemporaine. (Ces connaissances étant a la portée de n’importe quel petit morveux de yankee qui a fait des études secondaires).

Mais avec ses jeans qui parvenaient à peine à contenir son fessier imposant, son T-shirt arborant une pomme rouge et le slogan ‘’I Luv NY.’’, sa casquette de base-ball et ses baskets, la pauvrette qui faisait l’impossible pour passer inaperçue des agents du département de l’immigration était paniquée a l’idée de quelque camera-micro cachée par la FBI qui la prendrait en flagrant délit d’anti-américanisme en compagnie de l’agnostique radical organique venu du pays des sauvages.

Après l’explosion de leur pays en 1975, les Libanais furent projetés sans ménagement hors de leur douillet petit cocon Méditerranéen pour se retrouver éparpillés aux quatre coins du globe, essayant désespérément de s’incruster a n’importe quelle paroi passible de leur assurer un semblant de l’existence normale dont ils avaient étés si brutalement dépossédés.

Aussi navrant est le cas des Libanais de l’intérieur, déportés par les guerres intestines, le triage confessionnel et sectaire, les invasions palestiniennes, Syriennes et Israéliennes, et réduits a l’état de refugiés dans leur propre pays.

Mais le pire est encore ce qui reste à venir.

Il suffit aujourd’hui d’observer Israël, coincé entre le marteau du Hamas & Jihad a Gaza et en Cis Jordanie, et l’enclume du Hizballah avec ses 40.000 missiles pointés sur ses villes principales a partir du territoire Libanais, avec derrière lui l’ombre de la menace pour bientôt nucléaire de l’Iran, pour sentir les émanations sulfureuses de l’enfer balayer déjà la région de leur souffle mortel.

Il suffit aussi d’observer une partie importante des Libanais qui ont choisi d’appuyer une Syrie qui continue méthodiquement a saboter leur pays, assassiner leur fine fleur et bloquer toute solution a leur crise ; et de se retourner contre le reste de la planète pour se faire hacher menu dans des guerres absurdes qui ne servent qu’aux intérêts des autres.

Ne s’allie avec un régime terroriste, fourbe et criminel que celui qui est pétri de la même pâte.

De Gaza a Téhéran en passant par Damas et Tel-Aviv, la zone de mort est désormais délimitée et le compte a rebours a commencé.

Fidèle au rendez-vous et respectueux de ses ''engagements Divins'', le Hizballah en poste avancé Iranien a placé de force le Liban au beau milieu de cette tourmente.

Cependant, retors et double-face, Damas pourrait bien offrir in extremis la tête du Hizb aux Américano-Sionistes en échange de gages solides garantissant son impunité.

Mais qu’elle le fasse ou non, c’est le Liban qui dans les deux cas payera le prix exorbitant.

Entretemps Sayyed Hassan (pour des raisons qu’il connait très bien) continue à paralyser le gouvernement, Istiz Nabih (pour des raisons de salut personnel) garde la chambre des députés bien fermée, et le Général Taratatata (pour des raisons d’ordre purement clinique) bloque les élections présidentielles.

Privé de gouvernement, sans institutions ni président, c’est dans cet état que le Liban recevra de plein fouet le maelstrom qui arrive.

* * * *

Devant la mer d’Aïn-el-Mraïsseh, la formidable symphonie d’or et de lumière déroulait sa splendeur inaltérable, imperturbable à la folie des hommes et leurs chimères en cette radieuse journée printanière.

Le bruit familier des dés du trictrac mêlé au parfum de café frais à la cardamome me remplissait le cœur d’une paix profonde et les cris joyeux des enfants me parvenaient semblables à des gazouillements.

Gaily bedight,
A gallant knight
In sunshine and in shadow,
Had journeyed long,
Singing a song,
In search of El Dorado.


Edgar Allan Poe. (1809 – 1849)


Ibrahim Tyan.

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Monday, March 24, 2008

l'éternelle Histoire.


Lorsque Caïn, fils ainé d’Adam et d’Eve tua son frère Abel, la Genèse nous rapporte que l’acte fratricide fut motivé par l’acceptation par Yahvé de l’offrande d’Abel et de son rejet pour celle de Caïn, entrainant ainsi l’amertume de ce dernier et son dépit envers son frère cadet.

Il demeure que la Bible ne relate pas clairement les causes du favoritisme de Yahvé, chose qui confère à l’acte de Caïn un sens purement implicatif et non explicatif.

Cependant, il serait judicieux et hautement informatif de considérer le point de vue de nos ‘’cousins’’ Hébraïques qui sont après tout à l’ origine de cette fable.

Ainsi donc le ‘’Midrash’’ aussi bien que d’autres anciennes écritures Juives Exégètes de la ‘’Tora’ rapportent que les deux frères possédaient en réalité deux sœurs jumelles qui leurs étaient destinées en mariage. Etant tombé amoureux de la ‘’promise’’ d’Abel qui était la plus belle, Caïn tua son frère afin d’avoir le champ libre pour prendre la femme qu’il convoitait.

Ramenée à des dimensions plus prosaïques, (une vulgaire histoire de fesse) l’explication Juive gagne en plausibilité, sinon en compréhensibilité ; cependant l’église rejette dédaigneusement l’interprétation par trop terre à terre de ceux qui en sont pourtant les auteurs véritables, pour se cantonner dans une version nébuleuse et obscure propre à entretenir l’imbroglio superstitieux dans l’esprit du peuple, mais surtout l’appréhension devant l’indéchiffrable et l’inconnu.

* * * *

La pensée manichéenne de la majorité écrasante des Libanais est à l’origine de leurs plus grands maux ; depuis l’époque où le Cheikh Pierre Gemayel (Le Fondateur) clamait : ‘’ tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous’’ jusqu'à nos jours présents où le Sayyed affuble de trahison tous ceux qui ne partagent pas ses visées (déclarées) de guerre totale contre les Etats-Unis et le Sionisme :
ألموت لاْمريكا ألموت لاْسرائيل
…et nous promet de couper ‘’bras, langue et cou’’ a tout Libanais qui oserait lui réclamer de déposer les armes au profit d’un état central, souverain et non-aligné. .

Pour les Libanais, un daltonisme navrant entrave la santé de leur vision faussée par la lentille déformante des passions et des impulsions primaires exacerbées. De toute la gamme de l’arc-en-ciel, leur optique détériorée ne perçoit plus désormais que le Noir ou le Blanc, qui par ailleurs selon l’échelle des couleurs ne le sont point.

Dans la période allant de 1994 jusqu'à 2004, l’occupant Syrien pompa au trésor Libanais la somme invraisemblable de $ 200 Milliards pour les réinjecter dans le gouffre insatiable de son économie défaillante.

Durant la même période, l’absorbation de l’état Libanais au sein de la ‘’Grande Syrie’’ avait déjà accompli d’importantes étapes ; les institutions nationales, l’armée et la classe politique avaient déjà subi d’importantes mutations, et l’Arabisation du système éducationnel Libanais (qui faisait pourtant dans son unicité éclectique la distinction du Liban), et son rattachement a l’enseignement archaïque Syrien, avait déjà ses nombreux défenseurs au sein de la nouvelle classe dirigeante Libanaise créée de toute pièce par les forces de l’occupant.

Lentement mais inexorablement la dissolution de l’identité Libanaise dans l’océan Baassiste ‘’fraternel s’accomplissait sous l’œil indifférent du reste du monde.

Mais le plus grand drame du Liban réside dans la file interminable des martyrs comprenant la fine fleur de ses penseurs, politiciens, autorités religieuses et autres valeurs nationales irremplaçables, systématiquement ‘’éliminés’’ depuis 1975 par un régime Bassiste qui a élevé le terrorisme et l’assassinat politique au rang de doctrine d'état.

Il est un dicton populaire Libanais tout en fine espièglerie :
أللي طلّع الحمار على راس ألمادنة هوّي وحدو بيعرف ينزّلو
En Français : ‘’Ne peut faire descendre l’âne du haut du minaret que celui qui l’y a haussé.’’

Ainsi donc les Libanais virent la Syrie qui n’aurait jamais OSÉ sans le feu vert Américain et l’endos de l’état Hébreu occuper leur pays, y déguerpir au triple galop avec la queue entre les jambes après 30 ans d’occupation assujettissante, suite à la menace ferme et intransigeante de l’ultimatum Américain.

N’en déplaise à certaines âmes candides qui croient encore que ce sont les châles multicolores et les slogans enflammés du grand carnaval du 14 mars qui ont arraché le Liban aux serres du rapace Syrien.

Faut-il pour cela en remercier les Etats-Unis ?

Pas obligatoire ; puisque ce sont finalement les vents des intérêts Américains qui mènent la frégate Américaine ; mais de là a prendre les Etats-Unis en hostilité et de leur déclarer franchement la guerre relève de l’idiotie politique la plus totale, sinon de la criminalité la plus pure vis-à-vis de son peuple et de sa nation.

Surtout lorsqu’il s’avère (du moins on nous le raconte) que tout ce soulèvement ‘’Divin’’ qui menace d’emporter avec lui la nation entière est fait dans le seul but d’un sordide petit partage TRIBAL qui se limite a un ministre par ci, et deux ministères par là.

Pas plus que pour la logique bêtifiante de certains ‘’sages’’ qui prennent en exemple les relations idéales d’aujourd’hui entre la France et l’Allemagne pour nous endoctriner que ‘’la Syrie étant rentrée en Syrie, rien n’empêche la reprise des relations les plus cordiales entre les deux états-frères’
Aurait-il été possible pour un Charles De Gaulle d’entamer son rapprochement spectaculaire avec l’Allemagne après les affres de WWII, si a la place de l’égide sage et modérée d’un Conrad Adenauer, il se serait trouvé face a un régime néo-nazi ?

De même pour ces Sunnites qu’au lieu d’encourager pour s’être finalement découverts des âmes de patriotes après des décennies d’allégeance fanatique et sectaire envers mainte influence étrangère, ‘’on’’ les taxe aujourd’hui de traitrise et de servilisme envers l’ennemi Américano-Sioniste.

De mémoire visiblement défaillante, ces mêmes ‘’on’’ oublient (ou font semblant) le jour mémorable où Cheikh Bachir Gemayel leur leader iconique, arriva au palais de Baabda juché sur la tourelle d’un Mirkava Israélien.

Faut dire qu’à cette époque-là, Israël faisait pour ses mêmes détracteurs d’aujourd’hui figure d’ange salvateur…

Le renard passe passe.
A chacun a son tour.


Rien ne vaut le cœur et la limpidité d’une âme d’enfant ; voila pourquoi je clos le présent billet avec cette charmante ritournelle puisée du monde féerique de l’enfance.

Ibrahim Tyan.

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Sunday, March 16, 2008

Sin City.


Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l'eau d'une fontaine
Et quelques cris de haine

Jacques Brel (La ville s’endormait).

Le glorieux soleil du matin entame son parcours triomphal a travers la splendeur du ciel du levant, effleurant de ses tendres caresses vermeilles mon vieux Beyrouth adoré et son Sanctum Sanctorum désormais profané par les huttes de l’obscurantisme érigées sur ses remparts du Sud, et le bivouac des insensés déshonorant ses frontières du côté de l’Est.

Ô soleil, toi dont la lumière a éclairé ces lieux dans un autrefois dont il ne reste pas de souvenir, puissent les égarés d’aujourd’hui apprendre qu’il n’y aura pas plus de mémoire d’eux pour l’avenir.

Les jours se succèdent aux jours et les nuits aux nuits, et la place qui était encore vibrante dans un passé tout proche voit décliner et se racornir sa vitalité a peine retrouvée, pour renouer avec les nuits sans lune d’antan, et le vent glacial de Mars qui hulule a la mort l’emprise des barbares sur le cœur battant de la ville des villes, du joyau de l’Orient et de la perle de la Méditerranée.

Au loin, la flamme agonisante d’un brasero de fortune vacille silencieusement dans le noir, semblable à la lueur fantomatique d’un feu follet dansant sur la face pétrifiée d’une eau morte.

Phénix un temps ressuscité, Beyrouth reprend à pas somnambulesques le chemin du sépulcre à la lumière blafarde des torches des fanatiques Ostrogoth issus des ténèbres de l’ignorantisme et qui craignent la lumière, ainsi que des reliquats des croisés devenus mercenaires a suivre les chimères désastreuses de leur mestre acéphale, sur les sentiers de la désespérance et de l’absurde.

Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous habillés en brebis, mais en dedans, ils sont des loups rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ! (Mathieu 7.15-16).

L’aspect inquiétant du fiasco libanais réside surtout dans sa longévité. Non seulement parce qu’elle trahit la gravité du différend qui sépare les Libanais, mais surtout parce qu’elle menace de mener le reste du monde a un désintéressement progressif envers une nation incurablement malade ; ou encore plus cruellement de décider de sa partition, a l’instar des grands requins de la finance qui s’approprient a un prix dérisoire une société en difficulté pour ensuite la démembrer et en revendre avec profit les lambeaux aux plus payants.

Arrivés a ce stade, les Libanais, notamment ceux qui répondent a l’appel de :
يا شعب لبنان ألعظيم
Ou encore a celui de :
يا أكرم ألنّاس وأطهر ألنّاس وأشرف ألنّاس
Découvriront l’inefficacité incantatoire de ces invocations lorsque la sorcellerie se retournera contre les malheureux abusés qui payeront au prix cher pour s’être laissé posséder par les mystifications des imposteurs, mais aussi contre le reste du peuple Libanais sacrifié sur l’autel sanguinaire de la voracité Zoroastrienne, ou celui de l’ambition paranoïaque de la mégalomanie suicidaire.

Aujourd’hui, les causes de l’attitude déconfite affichée par Bernard Kouchner au terme de sa reprise des pourparlers avec les Libanais après la conférence de Saint-Cloud, commencent déjà à être livrées au grand jour.

Des sources sûres rapportent que la nouvelle autorité a l’Elysée, qui fut d’un côté favorablement impressionnée par le rapport de leur émissaire au Liban Jean-Claude Cousseran après ses multiples entretiens avec le Général et le Hizballah, et de l’autre désirant effacer l’image populaire possiblement exagérée d’une certaine connivence d’ordre mercantile qui aurait existé entre Rafic el Hariri et l’autorité Française précédente, dépêcha son ministre des affaires étrangères au Liban avec un message explicite spécifiant clairement que la France serait favorable pour l’élection de Michel Aoun pour la présidence, et la ferme promesse d’exercer tout son pouvoir au sein de l’Union Européenne pour la réhabilitation de l’image du Hizb, dans le cadre d’une solution globale et radicale de la crise Libanaise.

Quel fut l’embarras, que dis-je : le désarroi le plus complet des Français, lorsqu’ils s’aperçurent que la violente contestation qui étouffa leur initiative dans l’œuf vint des rangs de l’opposition Libanaise et non de la majorité gouvernante comme a l'attendu !

_ …toi aussi Brutus ? Alors que meure César !

Suite a sa mésaventure Libanaise, la politique de détente et de rapprochement entamée par la France vis-à-vis du régime Syrien, mua en une froideur totale, voire hostile…

Malgré les affirmations rassurantes de quelques analystes optimistes, les éléments de la guerre civile s’amassent dans le ciel Libanais comme des rapaces au-dessus d’une charogne.

De la haine et la discorde divisant un peuple aux émotions primaires chauffées a blanc, jusqu’à l’écroulement des institutions nationales dont la présidence de la république, la chambre des députés paralysée et un gouvernement amoindri et impuissant ne sont pas les moindres, en passant par les livraisons massives d’armes qui continuent a parvenir de tous les côtés a tous les partis antagonistes du Liban.

Et pourtant ces éminents rêve-bleuîtes affirment qu’une condition nécessaire pour l’embrasement de la guerre civile demeure l’appui d’une ou plusieurs puissances étrangères ; chose qui n’est pas disponible jusqu'à ce moment.

C’est mal connaître le régime Baassiste de notre ‘’sœur ainée’’, et les manifestations de bonne volonté fallacieuses de l’état plus totalitaire que jamais des Ayatollah.

En vérité, c’est la PEUR de retoucher a une entreprise dont ils gardent encore les stigmates horribles sur leurs esprits, leurs biens et leur chair qui constitue le dernier barrage entre les Libanais et les flots dévastateurs du déluge.

Tiendra-t-il ?

Ibrahim Tyan.

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