Saturday, January 26, 2008

La fin d'un monde.



Un des spectacles qui me comblait d’émerveillement lorsque j’étais enfant, était celui des camions-arrosoirs jaunes de la municipalité de Beyrouth qui déferlaient le soir et au petit matin de chaque journée d’été, aspergeant de leurs jets puissants la chaussée, balayant dans un nuage blanc de vapeur et d’embrun la poussière des rues, laissant derrière eux la voie fraîche et luisante comme après une première pluie.

Je me souviens encore de ma joie lorsque du bout de la rue, je voyais apparaître le grand véhicule jaune, flanqué de ses larges jets d’eau latéraux semblables aux ailes translucides d’une géante libellule, et de l’odeur enivrante de la pierre et du macadam mouillés qui flottait dans les lieux après son passage.

Une autre source d’enchantement était la petite camionnette-fumigène verte qui passait plusieurs fois par semaine toujours durant les après-midis, répandant un épais nuage de fumée insecticide anti-moustiques qui enveloppait le quartier pendant des instants trop brefs pour l’enfant précoce et imaginatif que j’étais, d’un manteau féerique de brouillard et de mystère.

Souvent un fourgon blanc à cage grillagée de laquelle fusait des jappements violents et des hurlements à la mort, passait dans le quartier ; c’était celui de la fourrière chargé de recueillir les chiens errants sans maître.
Pour moi, c’était jour de fête lorsque le van parquait sous notre balcon, et l’homme en descendait vêtu de son uniforme gris et muni de sa longue canne noire terminée par un lasso.

Aujourd’hui, je ne vois pratiquement plus de chiens errants dans les rues malgré la disparition des véhicules de la fourrière depuis belle lurette.

C’est qu’ils ont étés remplacés au pied levé par des tout jeunes munis d’AK-47 et M-16 à lunette télescopique, qui entre deux sniffées de chnouf, s’exercent à tirer de leur balcon sur tout ce qui bouge ; chiens, chats, rats et même quelques malheureux pigeons dont le destin funeste les emmène picorer dans le sillage de leur ligne de mire.

Faut bien tuer le temps en attendant que le temps de tuer ne vienne ; entretemps on rend service à la communauté.

Vers la fin de l’hiver, les arbres de mon quartier ainsi que ceux de tout Beyrouth (qui était une ville verte avant l’invasion urbaine de la civilisation Wahhabite) étaient consciencieusement taillés et leurs troncs recouverts d’une solution à base de chaux contre les insectes, chenilles, et autres bestioles nuisibles.
Le joli spectacle de ces arbres verts fraîchement élagués, au tronc à moitié peint en blanc qui égayait la ville de leur présence silencieuse mais bienfaisante était la première annonce de la venue du printemps.
Et puisque arbre implique naturellement oiseau, croyez moi que ça gazouillait ferme à la belle saison dans le Beyrouth d’antan.

Un autre objet de curiosité qui intriguait grandement ma nature déjà singulièrement fureteuse et inquisitive était ces nombreuses caisses massives en métal gris frappés du sceau de la république et de l’emblème du cèdre, que je voyais fixées aux murs, parsemant la route qui menait de notre ancienne maison du quartier des Jésuites jusqu’à la cathédrale de Saint-joseph de l’USJ, où mon père entreprit de m’y traîner chaque dimanche sitôt que je fus en mesure de me tenir à la verticale.

Plus tard je compris que c’étaient tout simplement les boites aux lettres des PTT ( ancien ministère de la poste, téléphone et télégraphe) dans lesquelles l’on pouvait glisser en toute confiance son enveloppe timbrée à destination de n’importe quel point du globe et recevoir la réponse à domicile, rapportée par le facteur en uniforme sur sa sempiternelle bicyclette.

Les boites aux lettres ont disparu depuis, les facteurs et les bicyclettes aussi ; mais le Cheikh Amine mon illustre voisin d’antan, qui attendait le bus de l’école sur le trottoir d’en face sous la surveillance d’une vieille bonne, est resté.

Car le meilleur s’en va ; mais reste le pire.
Plutôt que d’en pleurer, mieux vaut en rire.

Une image restée à jamais gravée dans ma mémoire d’enfant de moins de cinq ans est celle de la messe solennelle du jour de Noël célébrée en grande pompe à la basilique de Saint-Joseph en présence du président de la république le Cheikh Béchara el Khoury, court et râblé avec son faciès de bouledogue en redingote noire et chapeau haut de forme. Au dehors, le tapis rouge était déroulé et la fanfare alignée au grand complet annonçait l’arrivée de chaque personnalité éminente ou délégation étrangère.

Debout à l’intérieur de l’église à côté de mon père, c’était justement le spectacle de ces délégations étrangères avec leurs officiers fringants en tenue de parade qui me fascinait. Tout là n’était que gants blancs et sabres scintillants, poitrines médaillées, gallons et boutons dorés, panaches et épaulettes rutilants ; et ce monde féerique baignait dans la lumière irréelle distillée à travers les immenses vitraux multicolores et du parfum capiteux de l’encens mêlé à celui des belles femmes.

Une fresque splendide digne du meilleur Visconti.

C’était au temps où le Liban nouvellement indépendant vivait encore à l’heure du mandat Français et selon ses lois, règlements, et principes civiques et urbains

Mais la nature eut vite fait de reprendre ses droits et les bonnes habitudes s’effritèrent les unes après les autres, certes sous l’influence de l’environnement régional, mais aussi et surtout dû à la médiocrité générale des Libanais et de leur manque total de vision et d'éthiques les plus élémentaires.

Devant l’hégémonie Israélo-Américaine, l’influence Syro-Iranienne et la néo-culture Wahhabite qui se disputent aujourd’hui les derniers lambeaux d’un Liban moribond, une pensée que rien ni personne au monde n’aurait jadis pu m’en convaincre s’installe désormais dans ma tête au point de me la faire étaler noir sur blanc aux yeux de tous, sans le moindre embarras ni l’ombre d’une gêne :

Je regrette infiniment le temps béni du mandat Français.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »

Sunday, January 20, 2008

Les Faucilles noires d'Aïn-el-Mraïsseh.





Cada uno lleva su cruz.
_ Buenos Dias Sixt’ ;)


Le soleil de Janvier brille à pleins feux au zénith d’un firmament presque douloureux à force de bleu et de clarté. .

Un soleil à faire perpétrer son acte absurde à ‘’l’étranger’’ Meursault ; et le jeune Mauresque de mordre une fois de plus le sable doré de la plage illuminée…

Mais sur la ville, une bise Sibérienne fouette les places et les gens d’un frimas sec et cruel.

A la TV, de vénérables Nestor se souviennent que Beyrouth n’avait plus enduré pareille froidure depuis 1920.

Et comme par hasard, le prix de la tonne de fuel-oil à frisé depuis le début de cet hiver la barre des $ : 800, à laquelle est venue s’ajouter la pénurie chronique en électricité. Et les chaudières et les brûleurs de la plupart des demeures Libanaises demeurèrent éteints, couverts d’un linceul glacial fait de misère et d’oubli que rien ne vient troubler sinon parfois la méchante toux d’un enfant malade.

Profitant d’une petite éclaircie au milieu d’un emploi de temps particulièrement chargé, je me décidais donc de déserter mes lieux de travail en cette radieuse et glaciale matinée de Janvier pour effectuer mon pèlerinage longtemps délaissé vers la Méditerranée d’Aïn-el-Mraïsseh, avec la pleine conscience que les risques de voir mon parcours coïncider avec le passage d’un personnage sur lequel la mort avait déjà en ce jour-là jeté son dévolu, étaient sérieuses, réelles et bien présentes.

Quitter le havre relatif de son environnement immédiat pour s’aventurer dans les rues de sa ville est devenu pour le Beyrouthin une sorte de jeu de roulette Russe, un défi quotidien au destin et une tombola de la mort.

On à beau faire le bravache et afficher un stoïcisme à toute épreuve, la pensée de l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête continue à faire ses ravages silencieux dans les ténèbres de l’inconscient.

Aussi, l’idée d’être détenteur d’un passeport jadis prestigieux et respecté, et qui équivaut aujourd’hui dans la bourse des postes de vérification aux aéroports mondiaux, à la valeur d’un papier hygiénique…utilisé.

Etre devenu une sorte de paria international, pour une raison semblable à celle qui fit de tout homme qui voit le jour, un coupable marqué au front du sceau du ‘’péché originel’’…

ولك يا ابراهيم ليش بتضلّك حامل السلّم بالعرض؟

C’est ainsi que certains de mes bons amis, sincèrement inquiets de me voir me faire autant de mauvais sang pour rien, m’adressent.

Sans mettre aucunement en cause leur sincérité ou leur attachement à leur terre natale, je réponds invariablement par la réplique magistrale adressée par Richard Widmark, en différend majeur avec Laurence Harvey dans une scène du super navet Hollywoodien de John Wayne, ‘’The Alamo’’ :

_ ‘’Let it go Will… You are what you are, and I am what I am - And we both can’t help it.’’

Un hommage de plus au grand Luis Buñuel qui affirmait que dans chaque navet, il y a toujours quelques instants de merveilleux.

* * * *

Depuis la vaste arnaque qui le vit passer du statut de place publique et historique à celui de propriété privée d’une seule famille Libanaise (et quelques milliardaires Bédouins), la traversée du centre-ville de Beyrouth est devenue pour mes nerfs une épreuve à la limite du supportable.

Mais ayant aujourd’hui décidé de ne point laisser le souvenir du Grand Martyr qui repose désormais dans les entrailles de sa terre usurpée me troubler la sérénité, je m’efforçais de penser à quelque chose de plus rigolo ; en l’occurrence à « l’initiative Arabe » accourue à notre secours après ‘’l’échec’’ de ses précédentes Française et Américaine. .

Hahahahahahahahahahaah !

C’est plus fort que moi ; mais comment oublier leur mutisme gêné au conseil de sécurité lorsque le Liban croulait sous le feu Israélien en 2006 ;
ou la lâcheté et l’hypocrisie de leurs émissaires venus nous ‘’soutenir’’ pour quelques heures le 7 Août de la même année, et leur seul souci de déguerpir au triple galop avant l’écoulement de l’ultimatum que l’état Hébreu leur avait fixé à 6 PM tapantes du même jour.

Qu’attendre de l’Egypte qui continue à ignorer ce qui se passe sur ses frontières immédiates ; des carnages de Gaza et du désastre du Darfour ?
Ou des Wahhabites et autres Emirats en carton-pâte qui servirent de base de départ à l'armada Américano-Sioniste pour l’annihilation de l’Iraq, et qui demeurèrent par la suite aveugles, sourds et muets devant le spectacle d’un million d’Iraquiens froidement massacrés ?
Alors يا اسياد, on ambitionne maintenant de résoudre la crise du Liban ?

Rien que ça ?

حيّاك الله يا خوي و مشكور يا شهم
بسّ قبل ما تساعدني ت خلّص من خازوقي
بلّش بالاْول شيل اللي فايت بطيزك


* * * *

Aïn-el-Mraïsseh est en plein remue-ménage ces jours-ci, les bancs de pierre ont étés (temporairement j’espère) enlevés pour faciliter les travaux de renouvellement du carrelage dont la large chaussée en avait grand besoin.

Moins heureuse était la nouvelle balustrade massive en aluminium brillant dans le plus pur style des chaînes de fast-food Américains, qui borde maintenant la côte, lui conférant des airs de Disneyland-sur-Méditerranée.

Mais c’est le spectacle extraordinaire des nouveaux réverbères adhérant directement à cette balustrade face à la mer et qui partent d’Aïn-el-Mraïsseh jusqu’à Ramlet-el-Baïda qui me laissa pantois.

Une forêt métallique faite de poteaux noirs et massifs terminés par de longues lames recourbées semblables à la faux d'Azraël l'ange de la mort, se déroule à perte de vue devant mes yeux incrédules.

Tels notre aéroport international (jadis un des plus élégants au monde) que des ânes analphabètes transformèrent en un sinistre et coûteux mausolée en granite froid et asphyxiant, les lames noires des faucilles de la néo-culture Wahhabite du New Hariristan écorchent désormais la face radieuse et ancestrale de la Méditerranée d’Aïn-el-Mraïsseh.

Trois images accompagnent ce texte.

Dans l’image (1), il n’est pas nécessaire au lecteur d’être un paysagiste qualifié pour mesurer l’ampleur du désastre.

Dans l’image (2), la célèbre ‘’Promenade des Anglais’’ à Nice sur la côte d’azur est une preuve éloquente que simplicité fait beauté.
Remarquez l'emplacement judicieux loin de la côte des réverbères, et la balustrade réduite à son expression la plus simple dans le but d'entraver le moins possible la vue dégagée sur la mer.

Dans l’image (3) on voit la sinistre faux se profiler en premier plan devant la bâtisse kitch du restaurant élevé sur les ruines de l’ancien café d’Aïn-el-Mraïsseh, où nous dégustâmes durant cet été, mon vieil ami BeO et moi, des Rougets frits ma foi assez surprenants, lors de son dernier passage au Liban.

Durant cette joyeuse entrevue, BeO me surprit agréablement en me faisant cadeau du CD de la superbe version d’Herbert Von Karajan du Requiem (Diabolique) de Mozart, qu’il avait eu la délicatesse (rareté chez BeO) de me rapporter de Paris.

A mon tour je lui remis une copie du manuscrit encore non publié de ‘’l’Ange déchu de la rue de Phénicie’’ pour qu’il le lise à ses moments perdus.

Le soir même, BeO me contacta :

_ Pas mal ton truc, me dit-il – cependant le point le plus important dans ton récit demeure non éclairci…

Je sentais venir la giclée d’humour féroce dont j’étais si familier ; et elle vint.

_ Finalement l’as-tu bel et bien baisé(e), OUI ou NON ?

Ibrahim Tyan.

* * * *

BeO, qui but jusqu’à la lie à la splendeur disparue de la Métropole du Levant et s’est ensoleillé le cœur et le corps à l’or bleu de la Mère Ancestrale, vient de résumer aujourd’hui toute l’affaire en ces quelques lignes magistrales:


Il est l'un des rares dont l'amitié s'est bonifiée avec l'âge
Beyrouth était notre paradis et notre seul point d'ancrage
Royaume de nos frasques et de nos équipées sauvages
Au souvenir desquelles se poursuit encore notre mirage
Hédoniste que rien n'arrêtera, ni le temps, ni ses ravages.
Inutile d'expliquer le culte qu'avec toi, cher ami, je partage
Mare Nostrum gardera à jamais le secret de notre passage.

BeO


Ces vers dont l'auteur honora ''lettres du Liban'' en date du lundi 21 janvier 2008, sont reproduites avec émotion et fierté sur ce blog, en hommage à l'excellence, la sincérité et l'amitié.


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Tuesday, January 1, 2008

La bonne année.





Les images qui illustrent cet article sont tirées de deux chefs-d’œuvre du cinéma moderne représentant des visions aussi lucides que différentes de deux aspects parmi les facettes multiples, incroyablement riches et complexes du subconscient.

_ La sublimation et le merveilleux, vus par Terry Gilliam dans ‘’Brazil’’ - 1985

_ L’inhibition et l’infernal vus par David Lynch dans ‘’Mulholland Drive’’ - 2001



Dans le sens commun, l’inconscient est tout ce qui n’est pas conscient. Le Maréchal de France Jacques de la Palice, (qui serait encore en vie s’il n’était hélas mort), en aurait dit autant.

Cependant, l’avènement du père Sigmund à l’esprit peu enclin pour ce genre de badinerie, ajouta aux sens déjà existants pour ce terme, une signification nouvelle aussi extraordinaire que troublante.

En simplifiant les choses, l’inconscient revu par Freud serait une sorte de tiroir secret, logé aux tréfonds de l’être, qui regroupe toutes les énergies ou tensions, qui ne peuvent apparaître à la surface lorsqu’elles vont à l'encontre des mœurs et des conventions imposées par la société.

Mais les parois de ce tiroir n’étant point infiniment extensibles, son bourrage jusqu’à saturation entraînerait des troubles plus ou moins graves de la personnalité, dont la névrose constitue une des formes les plus répandues.

Avec les vicissitudes de la vie moderne, la névrose est devenue une affection courante ; cependant, le cas d’un peuple entier ravagé par ce mal demeure une inusité presque sans précédent dans les annales de l’histoire moderne.

Tel est le cas des Libanais d’aujourd’hui qui certes continuent à manger, boire, baiser et aller chaque jour au boulot comme cela se fait partout ailleurs, mais dans un état second qui les apparente beaucoup plus à ces Zombies chers à George Romero, plutôt qu’à des êtres vivants mus par l’intelligence, la volonté et l’espoir.

On le serait devenu à moins, et je ne connais point de race existante qui aurait résisté plus que les Libanais aux forces considérables qui se sont liguées contre eux, dans le seul but de les annihiler.

Hier encore, je raillais férocement ceux qui soutenaient la théorie du ‘’complot’’, rejetant l’entièreté du blâme sur la tête des Libanais eux-mêmes ; mais aujourd’hui, force m’est de constater que le Liban est bel et bien victime d’une machination Israélo-Américaine implacable à laquelle est venue se superposer une complicité Arabe conduite par les Wahhabites, toute en fourberie enrobée des meilleures intentions du monde.

A un degré moindre (uniquement au niveau des moyens, mais non des intentions) un dessein Syro-Iranien effectue simultanément son travail de sape sur les fondements mêmes de la nation ; et si les visées Syriennes concernant le Liban sont claires et bien définies, celles de l’Iran demeurent en grande partie occultes et autrement plus sinistres.

Depuis 2005, tout avait été fait pour créer un fossé incommensurable entre les Libanais et si aujourd’hui le problème (bien réel) de la coexistence pacifique entre Chrétiens et Musulmans est soulevé, peu sont conscients du désastre véritable résidant dans le schisme exacerbé jusqu’au paroxysme entre les Musulmans Sunnites et Chiites.

En vérité, PERSONNE ne veut d’un Liban tel que toi et moi, cher lecteur Libanais authentique et sincère le souhaitons.

Un Liban de rêve dont les clochers et les minarets s’accolent en une somptueuse symphonie de culture à mille facettes ; une terre d’abondance de tolérance et de paix où il fait bon vivre et mourir.

Pfffft ! Une utopie faite de candeur, de naïveté et d’illusions perdues…

Pour commencer, JAMAIS Israël ne permettrait à un concurrent si redoutable de voir le jour. De même que les ‘’frères’’ Arabes dont un Liban pareil constituerait un démenti formel et une menace directe pour leurs régimes de pacotille basés sur l’ignorance, le totalitarisme et l’intolérance intellective et religieuse.

Les seigneurs Wahhabites ont juré depuis belle lurette l’Islamisation du Liban, et sont prêts pour cela à accorder aux Etats-Unis toutes les concessions possibles et imaginables en vue de leur aide dans l’accomplissement de ce dessein. De leur côté, les sieurs Hachémites œuvrent inlassablement pour que le Liban paie en même temps sa facture et la leur, dans le cadre de la note générale de frais qu’engendrerait une solution finale à la crise du Moyen-Orient.
Les Syriens veulent tout bonnement se l’annexer ; quant aux Israéliens, la mainmise sur les précieuses réserves en eau du Liban notamment celles du Litani, demeurent leur objectif principal, avec la partition et la désagrégation du reste du pays dans un second temps.

Quant aux grandes puissances Occidentales, ce sont là de fidèles amis et d’inconditionnels alliés à l’état Hébreu et au Sionisme mondial.

Que les connards et les connardes de chez nous se vrillent définitivement cette vérité dans l’épaisseur de leur cortex cérébral s’ils en sont capables !!!

Aujourd’hui les Chrétiens Libanais affligés d’un psychopathe dangereux au casier judiciaire accablant, rongé par la rancœur et le désir de vengeance, et d’un ramassis de crapules abjectes qui les ont mille fois vendus au plus payant, ainsi que d’une autorité religieuse aussi inconsciente que criminelle, vivent leurs jours les plus désespérés, dans la peur et l’incertitude pour leur avenir dans un pays qu’ils s’étaient autrefois bâtis pour leur servir de havre de paix et de sécurité au milieu d’un océan Islamique hostile et intolérant.
Leur seul espoir réside désormais en le Don Quixote idéaliste et fougueux mais hélas, avec nulle ombre d’un seul Sancho Panza dévoué à ses côtés.

Moins apparente mais tout aussi cruelle est la crise intérieure des Sunnites qui se voient relégués au banc des ‘’Oumalas’’ (collabos) Sionistes ; paradoxe suprême pour ceux qui de toujours ont tété le Nationalisme Arabe et le Djihad contre l’oppresseur Occidental avec le lait de leurs mères.
Aujourd’hui, ils se retrouvent déclassés dans leur propre domaine par leurs frères ennemis Chiites, qui récoltent les lauriers de la victoire sur Israël et l’adulation des masses Arabes ; et cela leur est intolérable.
Mais l’euphorie du pouvoir brigué aux Maronites est trop enivrante, alors ils s’en accommodent avec leur Cheikh dyslexique, endossent ‘’l’Abaya’’ Wahhabite, lèchent à contrecœur le cul yankee et se remettent à Allah, espérant secrètement d’avoir fait le bon choix…

En bref, ajoutons que l’inquiétude Chiite n’est pas moins grande car le fait de s’être mis sur le dos la totalité du monde Occidental ainsi que la presque totalité des régimes Arabes, mais surtout de la majorité Sunnite dans leur propre pays, ajoutés à la haine éternelle de l’état Hébreu et de leur dépendance complète d’un régime Syrien fourbe et retors qui constitue désormais leur seul cordon ombilical avec l’Iran ; tout cela contre le gain local d’une alliance avec le Général Orange, n’a pour eux rien de rassurant.

Nous ne relaterons finalement l’état de la petite communauté Druze transformée en une balle de Ping-pong par les oscillations vertigineuses de son Baron Féodal, que pour son indéniable effet comique.

Le libanais à trop vu, trop entendu et trop enduré pendant trop longtemps pour que sa raison et son bon sens pourtant légendaires demeurent inaffectés.

Aujourd’hui se profile devant lui la perspective d’un état totalitaire et archaïque, ou celui de la domination d’une mafia d’argent qui achèverait de lui sucer la moelle ; sinon le spectre hideux de la guerre civile à défaut des deux.

Entretemps, les vestiges des biens de la nation continuent à être distribués verticalement et non horizontalement comme il se doit, jusqu’à atteinte de la statistique incroyable qui indique qu’aujourd’hui 10% de la population accaparent 90% de la richesse nationale.

Et le nombre des pains dans leur paquet continue à diminuer.
Et la sécurité médicale ne fonctionne plus.
Et la caisse de la sécurité sociale est au bord de la faillite.
Et les prix des denrées essentielles à augmenté de 50%.
Et le réseau routier est dans un état catastrophique.
Et l’eau potable du robinet n’existe pas dans un pays qui forme avec la Turquie les deux plus importantes réserves d’eau de la région.
Et l’électricité que nous n’avons toujours pas, malgré le drainage incessant de MILLIARDS de Dollars de la poche du contribuable en vue de lui réinsuffler un semblant de vie.
Et l’absence de tout semblant d’ordre, de sécurité ou d’autorité judiciaire sérieuse.
Et la pauvreté sordide qui mord aujourd’hui à pleine dents la majorité de la population.

Et je pourrais continuer à énumérer nos malheurs jusqu’à l'aube de demain...

Trop de choses sont refoulées dans l’inconscient des Libanais.
Trop de souffrance, de douleur, de frustration, de déception, de répression, de rage, d’horreur, et de haine.

Trop de mensonges, de tromperie, d’aberration, d’arnaque et d’injustice.

Et comme l’accumulation des éléments finit par créer un état complètement nouveau, j’observe avec effroi le changement fondamental qui s'effectue et ne présage rien de bon, et qui affecte (à commencer par l’auteur de ces lignes) la nature même de ce bon peuple Libanais qui se métamorphose lentement mais sûrement en une sorte de monstruosité Kafkaïenne que je ne reconnais presque plus.

Maladie ou mutation ?

Deux perspectives qui me semblent plus effrayantes l’une que l’autre.

Sur ce, je vous souhaite la bonne année à tous.

Ibrahim Tyan.

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Wednesday, December 19, 2007

Votre volonté ne sera pas faite sur terre, comme au ciel.



Après chaque assassinat politique perpétré au Liban, les détracteurs de Michel Aoun se précipitent sur l’occasion pour l’affubler directement ou indirectement de la responsabilité du crime, sans pour cela oublier d’implorer honteusement la sympathie de la masse ignare en exploitant sans vergogne la dernière goutte de sang du ‘’chahid’’, pour consolider leur position vacillante au sein d’une autorité fantoche et usurpée.

C’est la politique du croque-mort ; à ajouter désormais au glossaire usuel des désignations déjà en vigueur telles : la politique d’entente, de dissuasion, de rapprochement, etc.

Mais le plus offensant pour l’intelligence demeure leur culpabilisation du Général ‘’pour l’engendrement d’une situation qui favorise le meurtre et paralyse l’activité politique dans le pays’’, tout en l’acquittant de toute implication ‘’technique’’ dans lesdits meurtres.

A en croire que l’aura maléfique du Général orange, bravant le temps et l’espace, à agi depuis son exil de France, pour fomenter l’attentat manqué sur Marwan Hamadé ou celui réussi contre Rafic Hariri, qui déclencha le mécanisme infernal de la tourmente qui ravage désormais notre pays.

Dans la même ligne de pensée, et outre leur responsabilité pour l’anéantissement de toute cohésion sur la scène politique Libanaise, les ‘’Aounistes’’ sont systématiquement accusés de stupidité politique, de superficialité et d’irresponsabilité. Quant à leur chef, un matraquage médiatique incessant, œuvre inlassablement pour éroder sa popularité et l’exposer au public Libanais ainsi qu’au reste du monde sous les traits d’un idiot berné voire d’un aliéné dangereux.

La haine nous affirme-t-on est le catalyseur principal qui fait fonctionner le courant Aouniste.

Est-ce la raison pour laquelle les voyous Chrétiens du 14 Brumaire lapidèrent sur ordre de leurs chefs, la délégation officielle du Tayyar venue à l’église pour participer aux obsèques de Gibran Tureni ?

Ou lorsqu’ils saccagèrent en une vaste razzia synchronisée et comme préparée à l’avance tous les bureaux du Tayyar se trouvant en zone Chrétienne, une demi-heure seulement après l’assassinat de Pierre Gemayel ?

Serait-ce la raison pour laquelle le ‘’Cheikh Amine’’ au palmarès peu ragoûtant, refusa dans un geste inexplicable, d’une grossièreté et d’une rudesse sans précédent dans les annales de la civilité Libanaise, de recevoir les condoléances du général Aoun pour la mort de son fils, alors que les portes de sa demeure de Bikfaya demeurèrent grandes ouvertes devant la délégation officielle du PSNS responsables de l’assassinat de son frère et premiers suspects dans l’assassinat de son fils ?

Quel est donc le péché impardonnable commis par ce Général paria, dont les politiciens Chrétiens du 14 Brumaire ont juré la perte bien plus âprement encore que leurs homologues Musulmans ?

C’est tout simplement celui de les avoir TOUS battus ‘’à la régulière’’ dans les élections législatives qui advinrent dans les zones à 100% Chrétiennes en 2005, les renvoyant ainsi valser une ordure après l’autre, dans la poubelle béante de la médiocrité et de l’oubli. .

Aussi d’avoir couvert de ridicule leurs acolytes dans les autres départements mixtes crées artificiellement par Ghazi Kanaan, où ils ne durent leur salut qu’aux voix des Musulmans majoritaires venus in extremis à leur rescousse.

Un dicton Arabe bien connu cite : « Couper ses sources de revenu à un homme équivaut à lui trancher la tête »

C’est exactement ce que le Général fit sans vraiment le vouloir, à tous ceux pour qui les postes de service public n’ont jamais étés que mine d’or et source de pouvoir arbitraire et d’intérêt personnel.

Il est aussi fréquent d’entendre ou de lire dans les divers canaux médiatiques, de ‘’doctes’’ analystes reprocher au Tayyar ses visées puériles et sommaires ainsi que son activité partisane empreinte d’amateurisme et de légèreté.

Mais jamais leurs voix ou leurs plumes d’hypocrites ‘’objectifs’’ n’a eu l’honnêteté de mentionner le courage, la sincérité et le patriotisme authentique de ce groupe volontaire combattant farouchement pour un Liban meilleur.

Peut-être ont-ils vu cela dans les fumisteries criminelles d’un PSNS ou dans le Druzisme féodal et sanglant d’un PPS ; à moins que cela ne soit dans le Fascisme primaire des PL et de leurs descendants Néo SS en l’occurrence les FL.

A moins que cela ne soit l’ogre Libano/Israélo/Wahhabite qui voit le Liban ‘’Futur’’ sous forme de : « Lebanon S.A.R.L. »

* * * *

Dans le bleu intense du ciel Beyrouthin, deux fines trainées blanches dans la stratosphère suivaient deux jets Israéliens venus en cette radieuse journée du Lundi.17. 2007 planer en toute quiétude au dessus du parlement Libanais, porteurs d’un double message, menaçant pour d’uns, réconfortant pour d’autres…

Devant les invectives des journalistes et leurs appels aux députés de la nation qui descendaient de leurs rutilantes voitures blindées entourés de leurs gorilles de regarder le ciel, il était intéressant d’observer la réaction de certains qui le firent, alors que d’autres s’empressèrent de gravir les escaliers du parlement, l’oreille sourde, la tête basse, et le regard obstinément fixé sur les marches.

N’ayez point d’illusions chères vieilles crapules, il ne sera PAS fait sur terre comme au ciel ; malgré le soutien moral des F-16 Bibliques, et celui sans précédent du trio Welsh/Abrams/Rice (en l’occurrence le Ku-Klux-Klan, le Yiddish et Sapphô-la-vilaine), accourus à votre rescousse sur l’air célèbre composé par Ennio Morricone pour le Western-Spaghetti de Sergio Leone.

Le Tayyar n’est plus un parti politique dont Aoun en est le chef ; c’est un message, une espérance et une chanson sur les lèvres et dans les cœurs des hommes, femmes et enfants du Liban libre.

Aoun peut partir ou mourir à tout instant ; cela n’a guère plus d’importance ; mais essayez donc de tuer la chanson !

Et c’est mû par la pure méchanceté que je retourne avec délectation le couteau dans votre plaie putride, vous rappelant l’autre sommet qui se dresse infranchissable devant votre petitesse larbinissime :

Le Hizbollah !

Comment allez-vous faire pour gravir cette montagne mes cocos ?

Ibrahim Tyan.

* Visitez : « Les carnets du Beyrouthin ».

Wednesday, December 12, 2007

Laissez toute espérance.



Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer.

_ Dante Alighieri / Canto Inferno III.
(La Divine comédie).

* * * *

En 1609, le roi James Premier d’Angleterre, souleva le couvercle de la boite de Pandore en découvrant la facilité déconcertante avec laquelle on peut semer la division parmi les rangs d’une population unie, rien qu’en attisant ses différends religieux. Le malheureux peuple Irlandais en fit la triste expérience durant quatre longs siècles de sang et de douleur.

Extrait de l’article intitulé « Les racines du mal »
Paru sur ce blog le 22 Avril 2007

* * * *

Tout le long de son histoire contemporaine, mais surtout depuis 1958, le Liban se traîna de crise en crise, de conflit en conflit et de guerre en guerre, avec des périodes d’accalmie relative inexorablement suivies par une recrudescence des hostilités toujours plus vicieuse et plus dévastatrice. .

Ce fait est dû à la constitution même du pays divisé en deux communautés majeures, Chrétienne et Musulmane.

Qu’on le veuille ou non, tout le mal dérive de là ; et ce blog (pourtant laïc et libéral à souhait) le constate avec une profonde amertume et regret. Mais cela n’est pas une raison pour mâcher ses mots ou chercher midi à quatorze heure.

Pour l’orthodoxe Hébreu, la loi Mosaïque est un code juridique intouchable issu directement de Yahvé pour gérer tous les aspects de son activité civique et personnelle, notamment : l'administration civile, le système judiciaire, le système militaire, le droit criminel, le mariage, les relations parents-enfants, les lois relatives à l'héritage, les biens immobiliers, la conduite et les devoirs individuels, les lois sanitaires et diététiques ; et cela souvent en contradiction importante avec les codes, lois et statuts civils et personnels d’un milieu moderne laïc et égalitaire au sein duquel, l’Israelite pratiquant pourrait être emmené à vivre.

Sans trop s’étendre sur le sujet, disons simplement que les Juifs, pourtant réputés d’habiles et malléables opportunistes, se transforment comme par enchantement en de monolithes bornés et immuables dès qu’ils butent sur le mur des commandements de ‘’ l’Eternel’’.

D’où leur échec durant des siècles à s’intégrer aux diverses communautés au sein desquels ils résidèrent, et leur cantonnement caractéristique dans de ghettos hermétiques cernés de toute part par l’hostilité générale ; jusqu’au jour où ils parvinrent, armés de preuves futiles et séculaires, à usurper à ses propriétaires légitimes un lopin de terre dans le Moyen-Orient, où une bonne partie d’entre eux demeurent cantonnés jusqu’à ce jour par la force unique de l’épée et de la protection du monde Occidental (secrètement soulagé de s’y être débarrassé), entourés de peuplades numériquement supérieures et foncièrement belligérantes.

Tel est le résultat inévitable lorsque l’enseignement ‘’Divin’’ s’éloigne de sa nature essentiellement éthique et morale à portée intemporelle et universelle pour se mêler aux étroites et circonstancielles législations ‘’terrestres’’ engendrant des décrets possiblement acceptables du temps de leur issue, mais rapidement dépassés par les changements drastiques que le cours irréversible du progrès imprime aux hommes et aux sociétés, et ceci pour l’insoluble dilemme des ‘’fidèles’’ pris entre le feu d’une législation ‘’Divine’’ rendue invraisemblable par la réalité même des choses et l’impossibilité de l’abolir ou de l’amender.

Dans un contexte comparable, l’Islam dont le code juridique reproduit presqu’intégralement les mêmes principes que son prédécesseur Judaïque, continue à faire face aux mêmes difficultés concernant l’intégration ou la coexistence de ses adeptes avec toute autre communauté possédant des lois et des statuts civiques et personnels différents.

Arrivé à ce point, il serait vital de préciser que ce que je viens d’émettre n’est nullement cité dans un esprit d’HOSTILITÉ ou de REPROCHE de ma part envers mes concitoyens Mahométans dont certains sont parmi mes amis les plus intimes, mais par simple CONSTATATION d’un fait regrettable certes, mais qu’il serait encore plus regrettable d’ignorer.

Pour mesurer la profondeur du gouffre qui sépare les deux communautés, il suffit de feuilleter rapidement les closes de la loi concernant le statut personnel du citoyen Libanais pour constater qu’il est formellement INTERDIT à un Musulman de coucher un Chrétien sur son testament et qu’un Chrétien bigame serait passible de prison alors que la même loi protège le Musulman polygame.

Alors je me gausse de ceux qui, à l’exemple de l’inénarrable Carlos Eddé, soutiennent des balivernes telles l’abolition du confessionnalisme politique ou de la laïcisation comme solution radicale au problème Libanais.

On se doit d’établir une loi spéciale pour châtier exemplairement ces ahuris qui abusent les âmes naïves et les natures crédules de leurs divagations insensées.

Des divergences fondamentales et organiques dans la conception de facteurs essentiels tels la liberté individuelle, les droits civiques, la structure de l’état et de l’idée même du Bien et du Mal, formaient déjà en eux-mêmes un mélange hautement volatil auquel vinrent s’ajouter les menées criminelles des scélérats qui se sont succédés au pouvoir au Liban, et qui attisèrent la méfiance déjà existante entre les deux communautés en vue d’y consolider leur position privilégiée et de sauvegarder leurs intérêts personnels.

En résultat de cette politique de division et de discorde, le Musulman à été graduellement emmené à considérer la présence de la civilisation Chrétienne dans son pays comme un AFFRONT, et le Chrétien comme une MENACE, la pensée Islamique.

Il existe certes d’innombrables autres facteurs issus tant de l’intérieur que de l’extérieur qui contribuèrent à la détérioration et l’empoisonnement des relations entre les Libanais ; mais le virus originel qui avait dejà annihilé le système immunitaire du pays et ouvert la porte aux germes, microbes et autres misères qui par la suite vinrent s’y engouffrer, demeure le différend religieux et son exploitation ignoble par les dirigeants Libanais.

Dernièrement, trois événements caractéristiques qui advinrent au Liban méritent leur place dans le présent exposé :

_ En Février 2006, les Sunnites fondamentalistes saccagèrent et brûlèrent le quartier de Tabariss dans la région Chrétienne d’Achrafieh suite à la publication au Danemark de bandes dessinées portant atteinte au prophète Muhammad.

_ En Juin 2006, suite à la diffusion à la TV d’un épisode satirique s’en prenant à Sayyed Hassan Nasrallah dans le cadre d’une émission bien connue, les hordes Chiites en colère déferlèrent de la banlieue sud de la capitale jusqu’au centre-ville et les confins d’Achrafieh, barrant les routes et brûlant des pneus. Un conflit généralisé fut évité de justesse.

_ En 2007, le gouvernement de Fouad Sanioura abolit le congé national du Vendredi Saint ; s’en suivit une réaction vigoureuse de la part des Chrétiens, menaçant d’avoir recours à l’insurrection civile si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Ce qu’il s’empressa de faire.

Entretemps, le contenu d’un paquet standard de pain est passé de la sempiternelle et sacro-sainte DOUZAINE à HUIT pains seulement.
Cette réduction qui touche pourtant à l’aliment de base par excellence du peuple Libanais n’a suscité nulle part la moindre réaction !


Dans un tout autre pays, un événement pareil aurait suffi pour déclencher une révolte déferlante qui aurait balayé tout sur son passage.

Mais qui va faire la révolution au Liban ?

Serait-ce l’illuminé ceinturé de C4 qui veut crever pour Allah, ou le Cro-Magnon Fasciste tatoué de la croix-poignard ? A moins que cela ne soient les traitres larbins prêts à vendre leur cul au plus payant !

Sans chercher à en expliquer les causes (trop long…), une nécrose générale ronge le peuple Libanais désormais composé en majorité de minables résignés, de loques apathiques ou de brutes insensibles.

Alors ma révolution, je la fais sur les pages de ce blog ; mais cela ne m’est d’aucune consolation.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »

Tuesday, December 4, 2007

L'ORACLE A PARLÉ.



« …Le plus risible étant le spectacle de ces anciens bagnards (littéralement) et de ces criminels de guerre, qui se sont soudain découverts une érudition en matière de droit constitutionnel et se sont métamorphosés en de doctes juristes et législateurs pour s’évertuer à expliquer au pauvre bougre d’ignorant que je suis, le danger mortel que représente la proposition du General Aoun pour la survie et la continuité de notre ‘’prestigieuse démocratie’’.

Mais le plus tordant, hilarant, désopilant boyautant, navrant, attristant, poignant, pathétique et imparablement grotesque reste le suivant :

Je vous parie ce que j’ai de plus cher (en l’occurrence mes bijoux de famille) contre un gramme de Guano, qu’il suffit d’un bref contrordre (téléphonique) du gouverneur Jeffrey Feltman pour faire dramatiquement changer de discours à tout ce ramassis de zbélé de racaille.

L’on verra alors toute cette chorale mercenaire effectuer brutalement un virage-épingle à 180 degrés, pour se transformer comme par magie, en de chantres infatigables pour louer jour et nuit les bienfaits innombrables du suffrage universel.

Et qu'en savez-vous ! S'il le leur est demandé, ils iraient même jusqu’à clamer à l’unisson :

Ma badna gheir il Imad
Raïs il joumhourié


_ Extrait de l’article « La voix de son Maître ».
Publié sur ce blog le : 11 Mai 2007.

* * * *

Ça y est l’oracle à parlé.

Comme au temps de Moise, dévalant les pentes du mont Sinaï pour porter la bonne parole de Yahvé à son peuple, l’Eternel parla aux Libanais du haut du mont Rushmore par l’entremise de deux de ses plus humbles serviteurs, en l’occurrence : Elias Atallah et Ammar Houri (un Chrétien et un Musulman ; how convenient Mr. Embassador.)


Que tes volontés soient faites ô tout puissant, mais DIEU ce qu’elles peuvent être chiantes.

Surtout pour ceux parmi les Chrétiens du 14 Brumaire qui se sont évertués pendant deux longues années à braire à tout vent qu’ils n’accepteraient JAMAIS un président qui ne serait pas de leur clique du 14 Mars, durent-ils pour cela recourir à des élections présidentielles anticonstitutionnelles et extra parlementaires au risque de mettre le pays entier à feu et à sang.

La vie est une sale pute, mais elle comporte parfois des moments de plaisir intense ; tel le spectacle inénarrables des greules de ces crapules Chrétiennes qui ont dépassé en fourberie et en servilisme tout ce que ce pays à connu auparavant (et il en a connu…) ; ces candidats à la présidence qui se sont évertués à scier la branche sur laquelle leur communauté et eux-mêmes étaient assis, comme pour dire à leurs nouveaux maîtres : Prenez-moi s’il vous plait ! Ne voyez-vous donc pas que je suis encore le plus traître de tous. ?

Que dire de ces hypocrites ordures qui nous ont rasés pendant des années, nous affirmant que JAMAIS Ô GRAND JAMAIS ils n’accepteraient d’un militaire au pouvoir.

Et le général Souleiman c’est quoi alors ? Un serrurier ?

Et je t’en vois de pâlots qui essaient de ravaler dignement leur dépit, et des verdâtres qui ne le peuvent pas, alors ils boycottent leurs camardes d’hier prétextant l’outrage devant le viol de la constitution.

VILS SALAUDS !

Et je ne parle pas des ‘’autres’’, ni de leurs promesses de guerre civile en cas de l’accès d’un non-QuatorzeMarsiste à la présidence ni des mains coupées plutôt que d’apporter le moindre amendement à la constitution.

TOZ, TOZ, ET TRIPLE TOZ.

Bouclez-la donc fripouilles, vous n’osez même pas péter sans la permission de vos maîtres !!!

* * * *

« …Enfin pour ceux qui se demandent pourquoi j’ai fini deux paragraphes de ce texte par l’expression amputée de « car après… », J’explique que ceux qui croient aujourd’hui qu’ils ont assuré leur avenir et leur part du magot en trahissant leur pays et leurs compatriotes vont à l'encontre de deux vérités fondamentales :

1) Malheur aux faibles qui s'associent aux forts.
2) Israël et le Tagoth International NE PARTAGENT PAS !

_ Extrait de l’article « Marché de dupes ».
Publié sur ce blog le 14 Avril 2007.

* * * *

Il y a à peine deux mois, GW Bush en personne annonça à la valetaille du 14 Brumaire qu’ils disposaient jusqu’à la fin de cette année comme date limite pour la privatisation du secteur de téléphone cellulaire sinon… !

Ce sont là les prémices de l’orage que ces abrutis se sont attirés sur eux-mêmes et le Liban.

Un Liban qui ne peut vivre que dans le cadre d’un équilibre subtil et délicat que ces criminels ont définitivement rompu par leur cupidité et leur voracité sans bornes.

Le pays de l’esprit et de la lumière est devenu un bouge de crapules et d’argent qui ne peut engendrer que de l’argent et encore plus d’argent, donc encore plus de crime, de convoitise et d’arriération.

L’exemple parfait du régime où les riches seront toujours plus riches et les pauvres, plus pauvres que jamais.

Et ce n’est pas le général Souleiman (malgré l’estime que j’ai pour l’homme) qui va changer cet état de choses.

Déjà, la bataille pour la formation d’un gouvernement d’entente nationale et la nomination d’un nouveau premier ministre pointe à l’horizon.

Sans parler de celle de l’établissement d’un conseil constitutionnel à la place de celui assassiné par les soins de la clique Hariri-Joumblatt, et que leurs alliés Chrétiens, pourtant tous d’’’éminents’’ juristes et hommes de droit ont passé sous silence.

Puis de la passation d’une loi électorale juste et équitable qui permettrait enfin aux Libanais d’élire leurs représentants authentiques.

Et je ne parle pas de la catastrophe économique et des $ 50.000.000.000 de dette nationale, ni de la menace occulte des milices armées palestiniennes, djihadistes, ou appartenant à divers partis confessionnels Libanais ; mais surtout de la fissure incommensurable qui sépare désormais les Libanais entre eux.

A ceux qui voient dans la ‘’solution’’ qui s’annonce une fin pour nos malheurs, même si elle est la résultante d’un vague accord entre les Etats-Unis et le régime Syrien avec l’aval obligatoire de l’état Hébreu, j’emprunte pour leur répondre cette phrase inspirée de l’évangile :

Chaque arbre se reconnaît à son propre fruit.
On ne cueille pas de figues sur des épines, ni ne vendange de raisin sur des ronces.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »

Wednesday, November 28, 2007

Le banc des fantômes.



…Il est vrai que parfois
Près du soir les oiseaux
Ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots

Il est vrai que souvent
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu'elle chante d'autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d’enfants…


Jacques Brel. / La ville s’endormait.


Lorsque le grand Jacques écrivit ces lignes, le cancer lui avait déjà rongé un poumon et menaçait de lui corroder l’autre. Chez l’homme, l’étincelle moribonde de la vie biologique finit par s’éteindre, mais le rayonnement de l’esprit lui subsista, traversant l’espace et le temps bien après son départ, pour illuminer en cette soirée d’automne, ces modestes pages d’un illustre inconnu dans un pays lointain, au cours d’un autre siècle.

Cela s’appelle l’immortalité.

Il est des morts plus vivants que les vivants, et des vivants encore plus morts qu’une motte d’excréments qui fut jadis un rat, qui finit une nuit, en festin pour un chat.

Assis sur mon banc de pierre sous les palmiers d’Aïn-el-Mraïsseh avec le grand Jacques à mes côtés, je respectais le silence de mon vieux compagnon ébloui devant tant d’azur intense et de parfum enivrant émanant de cette Méditerranée ancestrale dont les vagues languissantes striées de diamant et de pourpre, reflétaient la symphonie céleste qui se déroulait dans les cieux au-dessus d’elle, comme un prélude grandiose pour l’apparition dans son berceau d’écume et d’argent, de la coquille dorée abritant la Venus endormie.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir…


Devant cette explosion luxuriante de beauté, de tendresse, de richesse et de générosité qui se déroule devant tes yeux, combien tu dois te sentir loin de ta cruelle mer du Nord, vieux compagnon.

Et combien doivent se ronger de regret, Vermeer, Van Gogh et Turner accoudés devant nous à la balustrade, pour avoir raté quand ils le pouvaient encore, l’occasion de reproduire sur leurs toiles cette luminosité incroyable ; eux qui ont passé leur existence dans la recherche éperdue de la lumière.

Tu vois mon cher Jacques le beau pays qui est le mien ?

J’aurais aimé te faire faire la connaissance de mon autre ami Abou Ragheb que tu aurais sans doute aimé, mais il est parti à l’autre bout du monde et je ne sais pas si je ne le reverrais jamais de mon vivant.

Mais d’où vient-elle donc cette belle mélodie que nous rapporte la douce brise de Novembre ?

_ Dis-donc Jacques, le mec qui arrive de là bas, ne serait-il pas… ?

Mais je vois à ton léger sourire que tu as reconnu l’ami Charles.

La mer
Au ciel d'été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d'azur
Infinie.


Divinement bien dit, et en toute simplicité !

Tu vois mon Jacques, les intellos ont la fâcheuse habitude de s’embrouiller d’un bagage un peu trop encombrant qu’ils ne savent pas toujours larguer au bon moment.

Ceci dit, moi je les aime bien, et partage avec eux leur passion pour le jazz, le Western et la bandes dessinée.

Me vient notamment à la mémoire un personnage de bande dessinée des années 1960 qui est le grand Vizir Iznogoud qui nourrissait l’ambition secrète de devenir Calife à la place du Calife.

Ce qui m’avait surtout fait rigoler à l’époque était la ressemblance physique et morale indéniable que je trouvais entre le Vizir Iznogoud et son Calife Haroun el Poussah, avec le PM Rachid Karamé et le Président Charles Helou.

Depuis, la race d’Iznogoud à fleuri sur nos entiers, de sorte que nous avons aujourd’hui :

_ Un Sayyed Hassan qui veut être Imam à la place de l’Imam.
_ Un Sanioura qui veut être président à la place du président.
_ Un Général qui veut être Patriarche à la place du Patriarche.
_ et un Hakim qui veut être Général à la place du Général.


Quant à moi mon grand Jacques, j’ai trouvé que ce qu’il me restait encore de mieux à foutre était de faire comme tes marins d’Amsterdam qui :

Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles.


…et sur toutes les ordures qui aujourd’hui dans nos journaux, ont tous leur photo.


Ibrahim Tyan.

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