Wednesday, June 27, 2007

Petite escapade, probablement sans lendemain.



Tædium Vitae

Ma génération se sacrifia,
et la suivante en fit de même,
aujourd’hui je vis des enfants,
mais des idées, toujours les mêmes.

Ventre stérile toujours béant,
visions et chimères lointaines,
et la terre s’abreuva de sang,
et le ciel de prières vaines.

Ne criez pas, c’est du perdu.
Ne pleurez plus la coupe est pleine.
Mais tirez les pieds au pendu,
vous écourterez sa peine

J’ai entendu tous les menteurs,
me débiter leurs fredaines.
Et la nuit les pas des voleurs,
s’enfuir la besace pleine.

Et la mort au bout de la rue,
ravir coupables et innocents,
Mêlant ainsi leurs chairs, leur sang ;
C’est l’égalité obtenue.

Le galbe de ton sein,
la chute de tes reins,
l’ourlet de tes lèvres,
sont ma seule prière.

Advienne que pourra,
je sais, tu es à moi,
et que ton nom sera,
ma parole dernière.

Ibrahim Tyan.

Monday, June 25, 2007

De Charybde en Scylla...



…OU LES ÉGAREMENTS MORTELS DES SUNNITES AU LIBAN.

Aussi loin que remonte l’histoire du Grand-Liban, les Sunnites y ont toujours représenté l’élément récalcitrant et réfractaire, voire perturbateur.

Leur rejet inhérent pour l’esprit même du pacte national sur lequel la constitution d’un Liban indépendant et souverain fut établie est beaucoup plus redevable à la présence d’un président Chrétien Maronite quasi omnipotent à la tête du système, plutôt qu’à la prédominance de leur Arabisme sur leur Nationalisme, condition qui relèverait chez eux de l’effet plutôt que de la cause.

Durant ma vie, j’ai eu la chance, de rassembler autour de moi une pléiade d’amis de toutes les appartenances et les confessions, voire des agnostiques, des hérétiques, ou tout simplement des athées purs et durs ; merveilleuse expérience qui s’est avérée avec le temps, particulièrement fructueuse et enrichissante.

Entre la pensée utopique, idéaliste et mystique d’un Jésus détaché des conditions matérielles (…mon royaume n’est point de ce monde), et celle pragmatiste et utilitaire du conquérant, monarque, pontife et législateur pointilleux qu’était le prophète Muhammad ( …l’argent et la progéniture sont les ornements de l’existence sur terre ), les points de rencontre entre ces deux pensées monothéistes, (malgré le bon-vouloir des esprits conciliants), restent minces et problématiques.

Durant les années 1960, il m’est souvent arrivé de lire à Beyrouth, sur les murs des quartiers Musulmans Sunnites de Kaskass, Mullah, Tarik el Jdidé ou Tallet el Khayat, le même graffiti toujours griffonné à l’aérosol rouge, qui exprimait invariablement le même message : La présence d’un chef Chrétien à la tête des croyants est Haram.

Ce qui était au demeurant, parfaitement légitime et compréhensible, du point de vue d’un musulman sincère et pratiquant, qui vit selon les préceptes de la Sunna d’Allah et de son prophète.

Toute la question est là ; et si l’on peut discuter, changer, plier ou amender des lois humaines selon les besoins ou les circonstances, un authentique croyant ne pourrait en aucun moment envisager de soumettre une loi de provenance Divine au même traitement, sous peine de mettre en péril son propre salut en ce monde, et dans l’autre.

Devant une telle perspective, qui l’en blâmerait ?

Sans parler du sentiment de gêne et de sourde infériorité, ressenti par le Musulman Libanais vis-à-vis de ses coreligionnaires Arabes, pour être le seul parmi tous à être gouverné par un Chrétien et ceci en contradiction flagrante avec un commandement fondamental du Très-Haut.

De grandes issues peuvent avoir parfois à la base une cause simplissime et triviale ; c’est Pascal, grand homme de science, de lettres et de foi du XVIIe qui cite, non sans humour parmi ses Pensées : « Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, la face du monde en eût été changée. »

Apres avoir donc intriqué inlassablement pendant des décennies, notamment avec les Syriens, les Nasséristes et les Arafatistes, pour saisir le pouvoir au Liban, les Sunnites se virent à deux doigts du but lorsqu’ils sortirent seuls gagnants de la nouvelle constitution instituée à Taëf en 1989, qui procéda à ‘’émasculer’’ le président Chrétien en le dépouillant de toutes ses facultés cruciales antérieures, au profit du conseil des ministres réuni.

Depuis lors, une marginalisation systématique des Chrétiens Libanais, et une déchéance progressive de leur influence politique, sociale, et culturelle sur le pays se fit avec l’aide de l’occupant Syrien, mais aussi avec la complicité de certaines ‘’images’’ politiques et religieuses Chrétiennes qui favorisèrent cette issue par opportunisme ou par simple inconscience politique.

Aujourd’hui, le courant Sunnite d’Al Mustaqbal en la personne du Premier Ministre Fouad Sanioura, nanti de tous les attributs et pouvoirs jadis relevant de l’autorité du seul président Maronite, gouverne ‘techniquement’ le pays ; mais de graves fautes et des erreurs de jugement, de prévision et de prospective, ont transformé le trophée tant convoité qu’il croyait enfin sien, en une poignée de cendres bientôt éparpillés aux quatre vents, et tous les Libanais avec.

*** L’échec sur le plan économique est grandiose. La négligence des secteurs de l’agriculture et de l’industrie pourtant jadis florissantes, sous prétexte de favoriser le ‘’tourisme’’, ajoutée à l’économie clandestine, cabalistique et erratique adoptée par le gouvernement Haririste ainsi que la politique désespérée de l’emprunt sauvage, un système fiscal aberrant et déraisonnable et l’atteinte par la corruption à des niveaux inimaginables, ont fini par transformer ce Liban jadis aisé et prospère, en un pays saigné à blanc, insolvable et mendiant, dont la plus grande aspiration consiste désormais à accéder au rang de lupanar à l’usage des pétro – bédouins.

*** Les altérations dramatiques advenues à la démographie du pays après l’exode massif et occultement provoqué des Chrétiens vers l’étranger et l’évincement du pouvoir de leurs autorités de valeur encore résidentes, au profit de quelques larbins serviles conservés pour la forme, ont irrémédiablement changé la face de ce qui fut un jour, le seul havre de civilisation et de libre-pensée dans un Moyen-Orient obscurantiste et totalitaire.

Artisans véritables d’un Liban ‘’phare de l’Orient’’, le départ progressif des Chrétiens prive le pays d’une inestimable force économique, sociale et culturelle faite de libéralisme, de créativité et de productivité, et d’une culture unique qui rallie la subtilité et la profondeur de l’héritage Arabo – Byzantin, à la richesse et la rigueur de la civilisation Franco – Latine influencée par la luminosité de la pensée Hellénique, désormais en cours de remplacement par une mince couche factice de ‘culture’ Américanisante bidon.

Le joyau authentique qu’était le Liban ne s’était pas fait tout seul et par hasard, du jour au lendemain ; cette vérité historique essentielle semble néanmoins échapper aux mentalités épaisses de la horde du 14 Brumaire dont la lucidité politique est désormais paralysée par l’orgueil totalitaire, la cupidité, et le sectarisme revanchard.

*** Effrayés au lieu de s’en réjouir par les victoires spectaculaires sur Israël, enregistrées par la résistance Islamique Libanaise représentée notamment par le Hizbollah Chiite, les Sunnites Libanais qui ont brandi sans le moindre résultat pendant plus d’un demi-siècle, l’étendard du Jihad contre l’occupant Sioniste, se conduisent aujourd’hui en commerçants jaloux, évincés d’un marché qu’ils considéraient jusqu’alors comme étant le leur, par la ‘’concurrence malhonnête’’ du parti Chiite.

Non contents de s’être attirés l’inimité de la majorité écrasante des Chrétiens Libanais, les Sunnites du Hariristan sont aujourd’hui en confrontation directe avec le formidable bloc Chiite, dans une manœuvre désespérée et irresponsable, en vue de l’attirer vers un conflit armé qui fournirait à Israël et aux forces de l’OTAN, le prétexte d’intervenir directement au Liban, en leur faveur ; …espèrent-ils !

*** Depuis le premier jour de l’Indépendance en 1943, l’opposition Sunnite, Islamiste fut-elle, Nassériste, Baasiste, Arafatiste ou autre, trouva éternellement en la Syrie un allié précieux et un réservoir inépuisable d’appui moral, physique et matériel, sans lequel il leur aurait été virtuellement impossible de réussir dans le moindre de leurs desseins.

L’aide Syrienne n’a jamais été bénévole, celà est un fait bien connu, n’empêche que La place que les Sunnites occupent actuellement au Liban est grandement due à cette aide.

En se retournant aujourd’hui contre la Syrie et en s’alignant sans vergogne dans les rangs de ses ennemis, les Sunnites Hariristes se sont faits un ennemi mortel du régime le plus criminel, le plus sanguinaire et le plus implacable que la région ait jamais produit.

Et qui les poursuivra jusqu’à la tombe.

D’où leur dépendance désormais pathologique envers leurs nouveaux ‘protecteurs’ Américano – Sionistes avec toutes les servitudes, les concessions et les avilissements infinis que cette situation sans issue peut entraîner.

*** Mais le pire demeure leur implication avec Al Qaeda qu’ils crurent pouvoir utiliser pendant un certain temps à leurs propres fins, pour les rejeter tout de suite après selon leur tactique préférée.

Erreur grossière et bêtise fatale qui les plaça, et le Liban en entier, dans le collimateur d’Azraël en personne.

Et l’on vit pour la première fois depuis deux ans la destination des attentats criminels se préciser singulièrement, de Verdun aux forces de la FINUL, en passant par Aley, Tripoli et Walid Eido.

On ne joue pas au plus malin avec le Diable, ni l’on ne tire impunément la queue à Ibliss.

Que de prix payé depuis quarante ans, rien que pour la suppression de l’aspect Chrétien du Liban.

Ibrahim Tyan.

Friday, June 22, 2007

Pour qu'ils ne soient pas partis en vain.



Les familiers avec ce site savent ce que le Liban représente pour moi, ainsi que de mes positions fermes du côté de la Vie, de l’Amour et de l’Espoir.

J’ai trop vécu et trop vu, trop lu et trop entendu, pour finir dans la peau d’un apologiste de la violence et de la mort, ou d’un chantre de la vengeance et de l’intolérance.

Mais cette même expérience m’a aussi appris que dans une situation telle que la nôtre aujourd’hui, rien n’est plus dangereux que la cessation du combat avant que l’hydre blessée ne soit dûment décapitée, et la publication d’un bulletin de victoire avant terme.

D’où les quelques lignes qui suivront.


* * * *

Si les colonnes blindées de l’armée libanaises n’investissent pas l’entière superficie du camp, forçant ainsi les restants des bêtes immondes qui ont dans un acte de criminalité injustifié et non provoqué, décapité ses soldats endormis et sans défense, à brandir leur culotte du haut de leur fusil en guise de drapeau blanc, il n’y a pas de victoire.

Et si la photo des survivants capturés, transportés à bord des camions de l’armée, les yeux bandés et les mains liés derrière le dos, cinglant vers une prison militaire dans l’attente de comparaitre devant un tribunal militaire, ne fait pas la une dans les journaux du matin, nos soldats seraient morts en vain.

Et à moins que le commandant en chef de l’armée Libanaise, accompagné des officiers de son état-major, n’apparaissent au bulletin du soir à la télévision, inspectant à pied, le territoire entièrement nettoyé, ni l’honneur, ni le prestige de l’armée ne seront saufs, à plus forte raison, l’avenir du Liban.

Ibrahim Tyan.

Sunday, June 17, 2007

Et vive la science !



C’était durant la période matinale du Samedi 16 Juin 2007 que je vis et entendis sur la chaine Al-Moustaqbal, un ‘’invité’’ établir avec l’animatrice, la comparaison entre la sauvagerie criminelle des meurtriers de Walid Eido et l’humanité exemplaire d’un pilote Israélien qui, durant l’agression de 2006, perdit un temps fou à survoler un pont à détruire dans le Nord-Liban, dans l’attente du départ deux enfants qui s’y trouvaient..

Je restai sur ma frustration car le reste de l’histoire se perdit dans la conversation et je ne sus jamais si les mioches finirent par calter, permettant ainsi à Menahem le miséricordieux de mener à bien sa mission.

Depuis l’avenue du bon Dr. Freud, les orateurs des tribunaux détectèrent dans ses préceptes, une véritable mine d’or pour soustraire à la justice des gibiers de potence évidents.

Ainsi donc, l’incendiaire criminel devint un pyromane, le voleur de profession un Kleptomane, le parjure un mythomane, et le tueur à gages un psychopathe.

Mais comment trouver excuse devant le tribunal de l’histoire pour les propos insensés et avilissants auxquels je viens d’assister sur la ‘’chaine du futur’’ ?

En invoquant les séquelles d’un cas aigü du syndrome de Stockholm pardi !

Et vive la science.

Ibrahim Tyan.

Monday, June 11, 2007

l'entrée en scène d'AZRAËL.



Cela fait plus de deux ans que la fanfare de la clique du 14 février soumet le Libanais à un énorme matraquage médiatique, perpétuel et incessant, sur la nécessité impérative du désarmement du Hizbollah et de la cessation définitive de son existence en tant ‘’qu’état dans l’état ‘’.

Aujourd’hui, la menace des nombreux îlots fondamentalistes Sunnites, armés jusqu’aux dents et parsemant le territoire national, ainsi que l’éclosion brutale de la violence dans le camp palestinien de Nahr-el-Bared dans le Nord Liban, assènent une gifle magistrale à cette autorité ploutocratique et sectaire qui, par une nuit sans lune et sans vigie, fit main-basse sur le pouvoir avec l’appui des forces du Tagoth International, qui ne prennent plus la peine de camoufler leur véritable substance prédatrice , dans un monde rendu désormais unipolaire et livré comme aux plus sombres périodes de son histoire, à la merci des serres implacables de l’abus et de l’intolérance la plus absolue.

La résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU stipulant entre autre dans son deuxième volet : ‘’le désarmement et la dissolution de toutes les milices’’ sur le territoire Libanais, le bon sens le plus élémentaire aurait par cela entendu avant tout, le désarmement des milices, groupes, groupuscules, sociétés, clans, unités et autres groupements présents sur le sol national, dont l’armement intensif ne s’appuie sur aucune justification valable, et qui varient des diverses milices Palestiniennes jusqu’aux milices locales des FL et des PPS, en passant par les groupes Islamistes, Salafistes et fondamentalistes dont les ramifications se perdent dans le noir de la nébuleuse d’Al Qaeda, ou tout platement des bandes armées de ‘simples’ gangsters, tueurs à gages ou hors-la-loi qui ont toujours trouvé abri et sanctuaire, au sein du magma formé par les divers groupes déjà mentionnés.

Mais la clique au pouvoir choisit d’ignorer, voire de protéger et même de sponsoriser à maintes occasions cette olla-podrida sinistre et maléfique, pour centrer son agression sur l’armement du Hizbollah dans une intense campagne diffamatoire qui vise à Diaboliser ce Hizb, somme toute, tout aussi irritant pour eux, de par son palmarès national glorieux que de par sa discipline exemplaire et sa conduite civique sans reproche, et de le charger de l’entière responsabilité des malheurs qui ont accablé et accablent toujours la Nation.

Les raisons pour ce comportement absurde et offensant sont exposées d’une manière magistrale dans le très puissant, très lucide, et très complet article publié par mon vieil ami BeO sur son site « Heuristiques Libanaises » et intitulé : ‘’le parachèvement de la mue Sunnite’’.

Aujourd’hui, je crains fort qu’il ne soit trop tard pour faire ou dire quoique ce soit.

N’en déplaise à certaines âmes candides et petites natures, et les sanglots longs des violons de la clique des proxénètes pour bédouins, qui pleurnichent déjà sur la saison touristique (ou bordélique) encore ratée.

En vérité je vous le dis : Celui ou ceux d’entre les Libanais, qui ont magouillé, comploté, soutenu ou protégé Al Qaeda, croyant ainsi pouvoir l’utiliser à leurs fins, ont grand ouvert la porte à AZRAËL et sonné le glas du Liban.

A mes fils qui me demandaient mon estimation, lors du premier jour des accrochages entre l’armée Libanaise et les assassins de Fatah-el-Islam, sur la durée que pourraient prendre les combats avant que l’armée Libanaise ne puisse trancher l’affaire en sa faveur, je répondis : - Ce ne sera point l’affaire d’un jour, ni d’une semaine, ni d’un mois…-

Devant la mine déconfite de mes garçons, je ravalais jusqu’au fond de la gorge le reste de ma phrase : - Ni d’un an, ni de deux !

15.000 soldats Libanais d’élite, sont aujourd’hui bloqués au Sud pour empêcher le Hizbollah de ‘nuire’ à Israël, la chancelière ménopausée des Allemands, l’ayant déclaré sans détours.

10.000 autres sont déployés à Beyrouth et dans sa banlieue pour diverses inepties, tels la garde des ambassades et personnalités étrangères, ainsi que les domiciles et les personnes de nos ministres, députés, et autres nullités Nationales ainsi que les sièges des institutions officielles, tandis qu’une majeure partie est maintenue pour la protection et la défense du Grand Sérail contre le peuple Libanais.

En outre, et selon le correspondant de la BBC International, le nombre des troupes Libanaises mobilisées pour l’opération à Nahr-el-Bared équivaudrait à plus de 30% des effectifs globaux de l’armée.

Donc, le premier objectif est presque atteint et la courageuse mais modeste armée Libanaise est étirée au maximum. Au fait, elle est tellement étirée que le maintien de l’ordre dans le camp Palestinien de Ain-el-Heloueh au Sud Liban et la sécurité de la maigre garnison Libanaise s’y trouvant, sont désormais confiés officiellement aux combattants fondamentalistes de Ousbet-el-Ansar (Abou-Mehjen, ça vous dit quelque chose ?) dont le passé rengorge de crimes contre l’état, ne fut-ce que le meurtre infâme des quatre magistrats Libanais à Saida en pleine session du tribunal.

Mais n’allez surtout pas raconter cela à Sitt Bahia el Hariri qui chante leurs louanges à qui veut bien entendre, et les soutient et les protège avec la prunelle même de ses yeux.

Le bourbier du Nord est immense et l’armée Libanaise fait face actuellement à TOUTES les factions Palestiniennes et fondamentalistes réunies qui la combattent aujourd’hui sous l’écran de fumée de Fatah-el-Islam. Son dilemme est insoluble.

Reculer lui serait catastrophique.
Avancer est suicidaire.
Accepter la ‘solution diplomatique’ lui porterait le coup de grâce.

Enfin délivrée du joug pesant du grand vendu, la France propose d’accueillir chez elle une table ronde réunissant des représentants de toutes les factions Libanaises en dispute.
Thanks Frenchies but it’s too little, too late.
Le lait à déjà été répandu et Perrette n’y peut plus rien !

Comme au bon vieux temps, le temps des Abawats est revenu. Abou-ceci par ci, et Abou-cela par là, c’est à eux de décider maintenant.

Cette terre leur à été promise et ils sont prêts à mourir pour elle.

Eux au moins savent apprécier les choses à leur juste valeur.

Et nous fêterons désormais chaque année, au vingt sept Août, le martyre de Moustapha ZABRI, alias Abou-Ali.

( Ceux qui seraient tentés de croire que je me suis laissé aller ici à une obscénité gratuite n’ont qu’à consulter ce lien )

Ibrahim Tyan.

Monday, May 28, 2007

Les assassins de la mémoire.



Récemment, au cours d’un de mes fréquents voyages aux Etats-Unis, j’ai été un soir pour dîner avec des amis, dans un vieux restaurant situé dans la bourgade romantique du Hoboken de New Jersey, sur la rive ouest de l’Hudson, face à Manhattan.

Entre les huitres vapeur et le homard au beurre-citron, arrosés d’un surprenant blanc sec de Californie, je contemplais l’ancien portrait dédicacé de Sinclair Lewis qui me toisait du haut de sa morgue toute en sépia, sur les lambris en vieux chêne du mur d’en face, en me ressassant une de ses citations qui m’était restée sur la mémoire : « Lorsque le fascisme atteindra l’Amérique, il viendra drapé de la bannière étoilée, et brandirait de sa main une gigantesque croix ».

Savez-vous Abe que vous êtes assis sur ce qui était le siège favori de Bogie ? (Humphrey Bogart), me lança jovialement mon ami Américain, me ramenant ainsi brusquement à la réalité.

A cela, le maitre d’hôtel affable qui nous servait rétorqua en s’adressant à ma femme : Et vous M’am sur celui de Lauren Bacall.

Le meilleur était que tout cela s’avéra rigoureusement authentique.

* * * *

La plus grande preuve d’être un cinéphile averti est peut-être le fait de n’avoir pratiquement plus mis les pieds dans une salle de cinéma depuis quinze ans, ou dans une salle de ciné-club depuis au moins un quart de siècle.

Or, il est une pensée exprimée par mon très vénéré Luis Buñuel qui signifie que même dans le plus pitoyable des navets cinématographiques, il existe toujours quelques secondes, nées à l’insu du réalisateur médiocre, qui frisent le sublime. Théorie dont j’ai eu souvent l’occasion d’en vérifier la justesse.

Un exemple frappant est présent dans le navet Hollywoodien tourné en 1973 et intitulé : The Exorcist, qui obtint à l’époque un succès colossal.

Dans une scène vers la fin du film, le révérend Merrin, vieux prêtre catholique, (interprété par l’excellent Max Von Sydow), exorciseur de sa spécialité, gravement malade et miné par la lutte qu’il mena toute sa vie contre le ‘’Malin’’, reçoit alors qu’il effectuait péniblement sa promenade quotidienne dans un bois environnant, un câble de son évêque le réclamant de toute urgence.

Vint alors la scène sublime qui dure moins de dix secondes et rachète à elle seule, les deux heures d’inepties qui constituent le film.

Après avoir remis le message dans sa poche et ôté ses lunettes, le prêtre, filmé de dos, continue sa promenade dans les bois. Un plan moyen furtif nous le montre en quart de profil, observant la nature radieuse autour de lui dans une sorte d’adieu silencieux, comme s’il était déjà conscient de la nature du combat qui l’attendait, et qu’il y laisserait la peau, vainqueur en sortirait-il ou vaincu.

C’est donc un peu à la manière du révérend Merrin que je regardais mon Beyrouth défiler sous mes yeux en cette Radieuse journée de Mai.

Adieu mon Beyrouth adoré, tu as combattu toute la nuit comme la belle chèvre blanche immortalisée par Alphonse Daudet mais déjà l’aube pointe et avec elle, les flammes dévorantes du soleil Satanique d’Al Quaeda…

Et mes sens que j’affutais de toutes mes forces essayaient de capturer le maximum d’images, de sons et d’odeurs de cette ville qui m’était devenue à moitié étrangère depuis que la guerre me l’a défigurée et que les tracteurs cannibales de SOLIDERE, insatiables rapaces, ont achevé de me la métamorphoser en un amas de bâtisses sans âme, de places vides et de quartiers artificiels et figés.

Momifiés comme ce Liban monstrueux et pitoyable, semblable à la créature du Dr. Frankenstein qu’ils ont créé à partir de leur avidité criminelle et de leurs chimères.

Le rappel d'un souvenir est un phénomène élaboré. L'activation des souvenirs, volontaire ou non, fait souvent appel à des facteurs externes (objets, endroits, personnes, etc.), qui vont travailler grâce aux indices de l'encodage dans l’inconscient pour rendre un souvenir facile à retrouver.

Voila pourquoi je ne pourrais finalement emporter avec moi que les images du soleil, de la lune, et de la mer d’Ain-el-Mraisseh ; mes autres souvenirs de jeunesse, mes places, mes jardins, mes rues et mes gens, s’étant estompés depuis si longtemps que j’en suis heureux d’avoir écrit « Ombres et visages » avant que leurs images ne désertent à jamais ma mémoire.

This is the end, beautiful friend
This is the end, my only friend
The end of our elaborate plans
The end of ev'rything that stands
The end


Jim Morrison.

* * * *

Lorsque Moussa m’apporta mon café, il y avait quelque chose d’incertain dans son attitude. Enfin il se décida :

- Oustaz, que pensez-vous de la situation actuelle ? me lança-t-il sur un ton qui se voulait anodin.

Je lui souris sans plus, ce qui acheva de le décontenancer.

- As-tu des nouvelles du Hajj ? Lui demandais-je.

- Il vient de téléphoner il y a deux jours, il va très bien.

Puis prenant son courage à deux mains il se décida.

- Excusez-moi ya oustaz, mais seriez-vous Sayyed Ibrahim par hasard ?

Pourquoi donc cette question ne m’a laissé qu’à moitié étonné ?

A mon acquiescement, Moussa rentra dans le petit kiosque et en ressortit avec un objet minuscule qu’il me remit.

- Le Hajj nous as communiqués votre nom ainsi que votre signalement lors de son dernier coup de fil et nous as demandés de vous remettre ceci.

Je regardais l’objet, maintenant dans ma paume ouverte.

C’était un mince petit livret d’à peine 5x5 cm. Qui avait pour titre ‘ Al Housn al Hassin ‘ littéralement : « la forteresse imprenable ».
Dedans étaient inscrits les quatre-vingt-dix-neuf noms sacrés de Dieu ainsi que des extraits du Coran, traditionnellement supposés porter chance et préserver du malheur.

La voix de Moussa me parvint comme à travers un écran d’ouate.

- Le Hajj m’a chargé de vous dire que c’était pour IBLISS…il à dit que vous comprendriez…

- Le mille fois damné, m’entendis-je murmurer d’une voix sourde

A celà Moussa me fit écho avec grande conviction.

- Le dix-mille fois damné !


Ibrahim Tyan.

* PS. J’ai longtemps réfléchi de ce que j’en ferais du livret ‘sacré’ d’Abou Ragheb.

Que je le porte sur moi est impensable pour des questions de principe.
Que je le néglige dans un tiroir est une solution aussi inacceptable parce qu’il m’était trop cher.

Alors je me suis rappelé que je possédais dans ma bibliothèque personnelle un splendide Coran qui m’avait été offert dans le temps par Cheikh Soubhi Saleh, avec lequel je m’étais lié d’amitié au début des années 1980, malgré les différences d’âge, de rang et de milieu.

La plus haute référence Islamique du pays, Cheikh Soubhi était aussi docteur ès lettres de la Sorbonne et ami personnel du réalisateur Roberto Rossellini, père du néo réalisme Italien.

L’appréciation mutuelle que tous deux portions pour les beaux livres, les belles lettres et les belles femmes, scella notre amitié.

Je me souviens d’avoir pleuré lorsque j’appris son assassinat en 1986 par des tueurs à gages du PPS ou des Moukhabarats Syriennes ! ? ! Qu’importe…

Bref, j’ai ouvert ce Coran et j’y ai enfermé entre ses pages merveilleusement enluminées le modeste petit fascicule d’Abou Ragheb.

Ainsi donc, l'illustre mort veillera sur le modeste vivant.

Une idée que je pense, ne déplairait pas au Hajj.

I.T.

Monday, May 21, 2007

En guise de prélude...



…POUR L’ENTRÉE EN SCENE D’AL QAEDA.


Poursuivant sa stratégie de diviser pour conquérir, l’administration de Bush n’hésite pas à soutenir les groupes extrémistes Sunnites qui épousent une vision violente et militante de l’Islam, et sont organiquement hostiles à l’Amérique et sympathisants envers Al-Qaeda.

L’expérience n’est pas nouvelle et le souvenir d’Al-Qaeda et des Taliban de l’Afghanistan est encore frais dans nos mémoires. Pour les stratèges Américains, la question se pose ainsi : Pourquoi changer une tactique qui s’avère toujours payante ?

* Extrait de l’article : « Les racines du mal » publié sur ce site.

* * * *

Mais à qui appartient-elle donc cette main Libanaise criminelle – toujours la même – qui servit jadis de cheval de Troie aux Palestiniens, puis de laquais-cireur pour la botte Syrienne et qui opère aujourd’hui en toute impunité, en tant qu’agent infiltré pour le compte de la Mossad ?

Qui est donc ce Nosferatu hideux, mi-vampire mi-caméléon qui s’évertue à ruiner tout espoir d’entente nationale et dont la survie dépend de l’entretien de la discorde entre les Libanais et de leur sang versé ?

* Extrait de l’article « Allah ma’ak ya Hajj, et bon vent » publié sur ce site.

* * * *

Les Saoudiens, qui se voient déjà maitres du jeu, découvriront à leur tour et à leurs dépens, jusqu’où peut aller la fourberie et l’absence totale d’éthiques et de scrupules, chez tous ceux qu’ils considéraient jusqu’alors comme étant leurs alliés les plus sûrs au Liban.

* Extrait de l’article « Passation de pouvoirs » publié sur ce site.

* * * *

Au fil des années, j’ai observé la longue lignée de cette faune, se mettre au service de la RAU de Nasser, du Fatah de Yasser Arafat, du Baas Syrien ou Iraquien, et même du toquard patenté qu’est Mouammar el Kadhafi. Mais toujours avec la même constante qui consiste à servir tous les intérêts possibles et imaginables saufs ceux du Liban.

Aujourd’hui, ils sont résolument du camp Américano- Wahhabite-Sioniste ; mais le plus inquiétant demeure leurs ramifications occultes qui rejoignent le fondamentalisme islamiste Sunnite soutenu secrètement par la CIA ; ce qu’ils prennent bien soin de camoufler.

* Extrait de l’article « La voix de son maitre » publié sur ce site.

* * * *

Les Irlandais découvrirent bien plus tard, à leur grande déconfiture, combien des questions somme toute futiles, d’ordre religieux et ésotérique, peuvent engendrer lorsqu’ils sont exploités politiquement, un feu mortel qui peut ruiner des siècles de coexistence pacifique.

Une fois le brasier allumé, personne n’est en mesure d’en évaluer l’étendue ou le nombre de victimes.

Ces jours-ci, les Libanais sont en pleine ligne de mire.

En sont-ils conscients ?

* Extrait de l’article « Les racines du mal » publié sur ce site

Ibrahim Tyan.