Wednesday, February 1, 2012





ممرّ وليس مقرّ*
*Traduction approximative : Un lieu de passage sans plus

C’est en ces termes exquisément rimés que notre ministre de l’intérieur s’adressa à ses concitoyens  à la veille du nouvel an, pour les rassurer avec une candeur touchante sur le statut actuel de leur pays, tel qu’envisagé  par les stratèges d’Al Qaeda.

Tout le monde ne pouvant être Ionesco, Camus, ou Schopenhauer, il est des absurdités qui ne valent même pas la peine de s’y arrêter ; et pourtant…

Le doute est semé ; et la seule pensée des assassins d’Allah zigzaguant  librement parmi nous, n’est pas une perspective des plus réconfortantes ; d’autant plus que notre valeureux ministre a négligé dans sa déclaration de nous éclairer sur les mobiles véritables de ces gens-là, et par où, et avec l’aide de qui, rentrent-ils et sortent de chez nous comme dans un moulin ; également si leur couloir Libanais fonctionnerait à sens unique ou dans les deux sens…

Mais trêve de batifolages!

Comment expliquer à l’Occidental moyen abruti par un bourrage médiatique indiscontinu, la réalité sur l’énigme d’Al Qaeda qui n’a guère importuné d’ institutions Juives ou de ressortissants Israéliens à travers le monde, mais qui  s’acharne impitoyablement, tant sur les Musulmans Chiites que sur les restants des Chrétiens de l’Irak, du Pakistan, de l’Egypte ou d’ailleurs ; mais jamais en Terre Promisele peuple élu s’est personnellement chargé de purifier le berceau de la Chrétienté de toute présence Chrétienne.
    
Comment faire comprendre au hooligan Européen ou au redneck Yankee, tous deux imbus de bière et de préjugés, qu’Al Qaeda d’aujourd’hui dont le haut clergé constitue paradoxalement un des alliés les plus efficients de l’Occident, a cessé depuis longtemps d’être une organisation, un parti, ou un groupe bien défini, pour muer en une sorte de croyance, d’un état, et d’un destin auquel  il suffit d’y croire pour y adhérer par action, par parole, voire par pensée ; d’où les innombrables factions, ramifications et transmutations qui s'y apparentent, ainsi que ses millions d’adeptes silencieux dans un monde Islamique Sunnite à la recherche d’un portemanteau pour y accrocher sa misère ou ses désillusions.    

Mais faut-il être né et avoir grandi en cette partie du globe et d’avoir le cerveau relativement épuré des préconceptions restrictives, pour être en mesure de saisir les raisons qui poussent  le Musulman Sunnite à se tourner vers  Al Qaeda, tout comme son coreligionnaire Chiite à se confier aveuglement à la volonté suprême du Faquih.

Un sujet bien triste, je ne vous le fais pas dire.    

Mais le pire reste encore à venir, et le ‘’Printemps Arabe’’ démystifié dès ses premiers temps sur les pages de ce blog, continue  son sinistre développement avec ces jours-ci en premier plan, le bain de sang Syrien.
  
Comment finira la guerre civile en Syrie ? Qui le sait ! Mais déjà une petite constatation (marginale) s’impose.

L’échec lamentable des services de sécurité Syriens et leur incapacité flagrante à prévoir l’ampleur de l’éruption qui couvait pourtant sous leurs pieds, est un démenti formel à la réputation d’efficacité que ces organismes acquirent naguère, lors de la période d’occupation Syrienne du Liban.  

Leur présente déconfiture sur leur propre terrain, démontre une fois de plus que leurs prouesses ‘’libanaises’’ passées, devaient  presque tout à la coopération zélée de leurs collaborateurs Libanais.

A la lumière ces entrefaites, lequel des deux partis aurait-il été selon vous, le plus criminel envers le Pays du Cèdre ?

Le monde Islamique traverse aujourd’hui une crise d’identité qui n’est pas sans rappeler celle du Christianisme Moyenâgeux de l'inquisition ; et l’intégrisme Islamiste ascendant,  ravit systématiquement aux jeunes générations Musulmanes assoiffées de liberté et de progrès, tous les fruits de leur lutte et de leurs sacrifices. Tellement, qu’une citation populaire qui circule actuellement en Egypte relate que le peuple est désormais scindé en deux factions distinctes :

 جماعة ألتكفير وألهجرة    

وجماعة ألتفكير في ألهجرة   

En Français : « Ceux qui espèrent en une Egypte Islamiste, et ceux qui aspirent à foutre le camp ». Malheureusement la verve savoureuse du jeu de mots en Arabe me demeure quasi intraduisible.

Finalement, gare au jour où l’autorité de l’admirable Shenoda III ne sera plus suffisante  pour contenir la rage des  millions de Coptes Egyptiens, las de tendre indéfiniment  l’autre joue.

Ce jour-là, le glas de l’Egypte aura vraiment sonné.

Et si le chaos ‘’révolutionnaire’’ apparait de manière plus discrète au sein du peuple Tunisien, c’est uniquement  grâce aux vestiges de l’héritage Bourguibien que les Islamistes n’ont pu encore altérer ; mais déjà, ce précaire rempart moral s’effrite sous les coups de boutoir des hordes qui considèrent que les règles et les préceptes de l’Islam sont les seuls acceptables pour gérer un Etat et établir une constitution.    
       





Mais encore une fois, trêve de verbiage inutile!

Autrefois, l’immense Charles De Gaulle n’hésitait pas à afficher son mépris pour l’ONU en l’appelant dédaigneusement : « ce machin… ». A présent, rares sont ceux qui ignorent encore que  l’ONU, autant que la Cour Pénale Internationale, ne sont point des organismes au service de la paix comme on veut nous le faire croire, mais de véritables instruments de guerre au service de l’impérialisme Occidental qui va jusqu’à sacrifier  EN TOUTE IMPUNITÉ, des nations entières, pour la sauvegarde de ses intérêts…

En dernier exemple, le difficilement  justifiable charnier Libyen qui laissa sur le sol plus de 100.000 victimes, dans un pays ravagé d’un bout à l’autre.

Mais qu’à cela ne tienne puisque les sites d'exploitation pétrolifère demeurées miraculeusement intactes, fonctionnent toujours à plein régime sous la jalouse égide de l’OTAN.            



D’où l’absurdité d’aspirer à un avenir meilleur dans un monde où les porte-flambeaux présumés de la civilisation se trouvent être de cyniques arnaqueurs sans foi ni loi ; et leurs supposées victimes, d’immondes scélérats indignes de toute compassion !!!

Un bien désolant tableau à la lugubre monotonie si elle n’était rompue de temps à autre par d’extraordinaires transmutations qui relevaient dans un passé encore proche, du domaine de l’impensable.

Tel le néo-communisme capitaliste au sanctum du Maoïsme.



Ou le Néo-Tsarisme à peine camouflé au berceau du Bolchevisme.       
  


En revanche, il est à craindre que la race des Charlots politiques absolus n’ait pris fin avec la disparition de la scène mondiale du regretté Mouammar Kadhafi. En tel cas, on ne peut que souhaiter longue vie au Maboul d’Istamboul, travaillé par un conflit intérieur aussi intense que complexe, partagé d’un côté par la mission qui lui a été assignée par ses maitres Occidentaux  et qui consiste à assumer pour leur compte le lourd turban du Sultan Selim I Calife de l’Orient et Emir des croyants (chose qui n’est pas pour déplaire à l’égocentrisme exacerbé de l’intégriste refoulé), et de l’autre, par sa pleine conscience de son statut réel qui n’excèdera jamais celui d’un Bachi-Bouzouk à la solde de l’OTAN.
Pour se défouler, l’ambitieux descendant  des Seldjoukides se rabat sur les restes de la Turquie Ataturkienne, déterminant ainsi sa fin de ses propres mains.    
             

















Hélas les autres personnages sur scène ne pouvant être aussi rigolos, les grosses pointures d’un Occident qui a troqué les lumières de l’humanisme contre une fuligineuse identité Judéo-Chrétienne, finissent tous par recourir à la prophylaxie de  l’inévitable coiffe protectrice des incalculables misères qui guettent tant le tracé public que privé, de tout politicailleur Occidental insoumis.    



Telles les épaisses nuées annonciatrices du Déluge, les présages d’un conflit armé généralisé s’amoncellent à l’horizon et ne se dissipent pas.

A quoi bon d’en énumérer une fois de plus les causes, puisque de toute façon, notre zone jusque-là épargnée des grandes boucheries de l’histoire, pourrait bien cette fois-ci, servir d’amorce pour la charge qui pourrait facilement emporter avec elle la majeure partie de la planète.  

Là-bas, au-dessus d’un petit détroit reliant le golfe Persique au golfe D’Oman et qui doit son nom à l’ile Iranienne d’Ormuz, Azraël aiguise posément sa faux, avec l’impassibilité de ceux qui ont toute l’éternité pour eux.     





















La video qui suit est tirée de l’excellent film de Tony Richardson; The loneliness of the long distance runner -1962.

Dans l’Angleterre des années 1960’, de jeunes délinquants dans une maison de correction, chantent en chœur le cantique de Jérusalem*, généralement considéré comme l’hymne national officieux de La Grande Bretagne et dont les paroles sont dues au poème à la fois mystique et avant-gardiste de William Blake.     

*Cet hymne fut dernièrement entonné par la chorale de Westminster Abbey lors de la célébration des noces des deux parasites sociaux, William et Catherine dite ‘’Kate’’.



…/…
Bring me my bow of burning gold;
Bring me my arrows of desire;
Bring me my spear, O clouds unfold,
Bring me my chariot of fire.

I will not cease from mental fight,
Nor shall my sword sleep in my hand;
Till we have built Jerusalem,
In England’s green and pleasant land.

Hahahahahahahahahahahahahaha!

AMEN, AMEN, AMEN et AMEN !

Ibrahim Tyan.

EPILOGUE.

Quel est donc  cet élément démoniaque enraciné dans l’esprit des hommes qui les pousse constamment à changer leur paradis en enfer ?



_ Soylent green . Richard Fleischer 1973.


Friday, August 26, 2011

Derrière la mer.

Derrière la mer, que de récits,  
captifs des palais oubliés.  
D’autres mers au-delà des mers, et des contes d’hiver ;
de marches verdoyantes et de lunes errantes,
et des sentiers qui courent après d’autres sentiers.  
Que de récits qui dorment, derrière la mer.

_Chou fi khalf el Bahr – (Salwa El Katrib, 1953-2009).

C’est en compagnie de ces notes nostalgiques que Lettres du Liban part en vacances cette année.

Qui se souvient encore de Salwa El Katrib dans cet infortuné pays en décomposition, au milieu d’une région oubliée des dieux ?
De la dernière diva d’un Liban oublié, qui déclina un jour, par pur attachement à sa terre natale, le pont d’or que lui tendait l’Occident.

Beaucoup plus qu’une beauté, tu possédais chère Salwa cet unique rayonnement fait d’un inné méritoire et d’un acquis obtenu à force d'application et de persévérance ; et si le grand public était familier avec ta presence éthérée et ton unique classe scénique, ceux qui t’avaient connu de près témoignent encore aujourd'ui de ton authentique modestie, de ta culture, de ta gentillesse, et de la décence irréprochable qui  régit toute ta vie.

Sans tapage ni scandales et barouf médiatique, tu as discrètement vécu pour ta petite famille et ton art.

Et comme si tout cela ne suffisait pas pour rendre ta mémoire insupportable aux gourgandines du lupanar ''artistique'' Libanais des derniers temps, tu avais poussé l’effronterie jusqu'à chanter juste !

Et ça, c’est impardonnable.

Dors en paix Salwa ; ici, tu vis.






















Ibrahim Tyan
.

Tuesday, August 16, 2011


Pour ceux qui ne le savent pas, les Samboussek sont d’exquis petits hors-d’œuvre faits avec de la simple pâte à pain sans levain travaillée à l’huile d’olive vierge extra, et que l’on étale au rouleau le plus finement possible avant de la découper en petits cercles qu’on garnit soit de bon fromage frais de brebis mélangé à de la ciboulette et aux fines herbes, soit avec du hachis d’agneau qu’on a fait revenir au préalable dans du beurre, avec des épices, des échalotes et des pignons ; lesdits cercles étant ensuite refermés en demi-lune, scellés en torsade et brièvement dorés à la friteuse avant d’être égouttés et servis chauds.

Un pur bonheur.

Et puisque l’on sait depuis Confucius qu’une image vaut mille mots, la petite photo se détachant au bas du coin droit de l’illustration principale qui accompagne ce billet, représente assez fidèlement ces fameux Samboussek torsadés qui font partie intégrante des innombrables délices du Mezzé Libanais.  

Aujourd’hui, peu de gens avertis songeraient à contester sa valeur culturelle à l’art culinaire ; l’un des exemples les plus frappants étant la cuisine Japonaise qui par sa préciosité, son raffinement et son élégance dépouillée rappelant les arrangements Ikebana, semble aspirer à vous servir l’essentiel de la philosophie Zen dans un plat. En tenant toutefois à préciser que l’admiration pour l’esthétique recherchée de cette cuisine est bien une chose, et la consommation effective d’une tranche de poisson cru entourée d’une couche de riz froid et gluant empestant le vinaigre et la sauce soya, le tout cerclé d’un feuillet d’algues marines séchées, en est une autre…

Sacrés tordus que ces Nippons ; mais quels tordus sublimes quand-même !

Une des premières découvertes qui laissa pantois les bédouins enrichis qui déferlèrent sur le Liban dès les années 50’ du siècle dernier, fut la révélation de la prodigieuse richesse de l’éventail gastronomique de la race humaine qui s’étendait infiniment au-delà du riz au gras de mouton, du lait de chamelle et des dates séchées.

Ainsi donc, ces preux du désert qui firent connaissance avec les merveilles de la table Méditerranéenne en furent tellement subjugués qu’ils demandèrent (que dis-je moi : qu’ils commandèrent) à leurs Harîms embobelinées de noir et masquées à la Zorro de reconstituer chez elles le Samboussek Libanais ; tâche d’une trompeuse simplicité qui s’avéra beaucoup trop subtile pour les petits doigts boudinés habitués à allaiter indéfiniment chamelles et chameaux ; alors bobonne eut recours au savoir-faire de sa Nafissatou asiatique qui ne put faire que ce qu’elle pouvait ; en l’occurrence, une sorte de spring roll triangulaire confectionné à partir de feuillets de pâte filo surgelée, et fourré d’Allah sait quoi ; bref d’un ersatz qui n’avait plus du Samboussek original que le nom ; ce qui ne l’empêcha pas d’obtenir un franc succès, du Golfe à l’Océan.(voir l’illustration principale ci-haut).

Or, et d’après un canard local, les autorités Somaliennes (!?!) auraient récemment décrété une loi interdisant sur l’ensemble de leur territoire cette version bédouine du Samboussek, pour cause de sa forme triangulaire rappelant le symbole utilisé par l’église chrétienne pour représenter les trois hypostases de la trinité divine.

Concernant le même sujet et selon d’autres sources, nombre de haut magistères islamiques seraient actuellement penchés sur la question afin de trancher de la nécessité d’instituer à partir de l’exemple Somalien une Fatwa généralisée ou non.

Mais pourquoi donc cette nouvelle n’a fait que me ramener à la petite ville côtière de Jounieh et ses chrétiens d’autochtones qui protestèrent violement contre leurs autorités municipales pour avoir ‘’planté trop de palmiers’’ aux confins de leur cher patelin ; ces gracieux arécacées étant considérés par ces descendants de pêcheurs de rouget, comme des ‘’symboles islamiques’’.

Au fait ; où sont-ils donc passés ces magnifiques palmiers centenaires de ma capitale d’antan ? 

La seule parcelle rescapée de mon passé s’étendait devant moi en une ligne d’horizon d’un bleu infini alors que sur mon banc de pierre, mon esprit vagabondait nonchalamment entre Samboussek, palmiers, triangles et autres batifolages absurdes, fruits de la vanité des hommes qui ne cessent de se forger de nouvelles terminologies pour indiquer toujours les mêmes évidences vieilles comme le monde.

Désormais, les forces de l’intolérance, du fanatisme, de l’intégrisme et du fascisme longtemps dissimulés sous d’autres noms, sortent aujourd’hui de l’ombre pour recueillir comme des fruits mûrs, tant les mystifiés du Marxisme trafiqué d’antan, que les laissés-pour-compte d’un capitalisme asphyxié qui récolte en ce moment ce qu’il a longtemps semé.

_ Cela s’est déjà vu, et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

C’est à peu prés en ces termes que parla ‘’Qohelet’’, alias Salomon fils de David qui en bon juif avisé, composa son hérétique « Ecclésiaste » sous un faux nom, possiblement dans l’espoir de tromper ainsi la vigilance de son jaloux de dieu.

Pour une fois, je ne suis pas trop mecontent de me retrouver en ces temps-là dans cette partie du monde qui s’agite, fusionne, explose et se métamorphose POUR RIEN !

Où donc ailleurs aurais-je pu accéder au privilège d’assister à partir du premier rang, à ces immenses soulèvements historiques téléguidés, et ces révolutions sans tête mais à queues multiples ?

Mais comme rien n’est parfait en ce monde, la quiétude du poste d’observation idéal qu’offre le Liban est gâchée par deux menaces mortelles que les Libanais ont emmenées sur eux de leurs propres mains :

_ Le tic-tac inexorable du tribunal international spécial pour le Liban.

_ La stupidité sans bornes des deux factions Libanaises principales et antagonistes dont l’une persiste contre toute logique à appuyer inconditionnellement les atrocités sanglantes de la dictature Syrienne ; et l’autre qui s’est totalement et aveuglement compromise, tant physiquement que moralement du côté des insurgés.

Bof ; qui vivra verra.

Pour le moment, mon problème majeur consiste à trouver en l’absence de tout moyen de transport public, la meilleure façon possible pour rentrer chez moi sans trop de casse.

Et puisqu’une image vaut mille mots, la photo qui clôt ce billet ne représente qu’une infime partie de la jungle routière qui m’attend.

Même le futé Shlomoh de Yerushaláyim s’y perdrait.
























Ibrahim Tyan.

Thursday, June 23, 2011





Et ne nous laissez pas, succomber à la tentation.
(Pater Noster).

Lorsque Jacques Delors, persuadé de ne pouvoir disposer de la majorité nécessaire pour l’application de sa politique, refusa en 1994 de se porter candidat à la présidence malgré les instances de son parti et les sondages qui le donnaient grand favori, il sonnait indirectement le glas pour toute une lignée d’hommes dont l’ère semblait à jamais révolue.

Vint alors le temps de la médiocrité. Celui des demi-portions et des subornés ; mais aussi de mon intérêt sans cesse déclinant, jusqu'à ce qu’une récente affaire qui relève beaucoup plus des tabloïds à sensation que de politique à proprement parler, ne vienne quelque peu raviver.

Ceci dit, il me faut bien reconnaître que jusque-là, le dénommé Dominique Strauss-Kahn n’existait dans mon data personnel qu’en qualité d’époux de la pulpeuse Anne Sinclair sans plus ; ni moins.

Cependant, et malgré mon dossier qui s’est considérablement étoffé depuis (et possiblement pour cause de cela), le présent billet n’a guère pour intention de ruminer ce que la media internationale a déjà dûment mâché et remâché, mais juste de méditer librement sur la précarité de la condition humaine et de la misère de l’insensé.

Marié à une femme intelligente, désirable, riche, et dévouée, DSK occupait une des positions les plus influentes de la planète lui conférant le pouvoir de renflouer d’un trait de plume toute une nation, ou de l’affamer. Devant lui, un boulevard s’ouvrait avec (parait-il) la présidence de la république au bout. Avec la soixantaine encore alerte et gaillarde, il lui était facilement permis d’aspirer à maints honneurs et satisfactions encore à venir.

Un homme apparemment comblé de tout.

Hélas Dr Jeckyll !

Telle ton ombre, Mr Hyde marche à tes côtés ; et c’est jusque dans la tombe que nous accompagneront, nos démons familiers.

Victime d’une machination diabolique telle que l’affirment nombre de ses compatriotes fidèles à la sempiternelle théorie du complot, ou réellement coupable ? La réponse à cela est désormais l’apanage de la justice des hommes, ou plus exactement de la justice Yankee qui trouva le moyen d’acquitter dans un passé encore proche, la brute homicide qu’est O.J. Simpson, ou de fournir à plusieurs reprises, de risibles échappatoires à un cancrelat pédophile et récidiviste tel Michael Jackson. Mais aussi de proscrire durant des décennies les écrits d’Henry Miller, de forcer Stanley Kubrick et ses semblables à de longs exils volontaires, et de briser la vie à un Roman Polanski pour avoir faibli un soir devant les appas d’une mineure nymphomane.

En outre, il est essentiel d’avoir bien assimilé la mentalité américaine pour surprendre la sourde haine cordiale nourrie par les Etats-uniens envers leurs alliés français, et que l’on retrouve même dans les grandes métropoles cosmopolites telles New York, où le simple terme de French (ou Frog en argot), est passé dans le jargon usuel en tant que litote pour sous-entendre des épithètes telles que : Morgue, pédantisme et mœurs dissolues.

Sous de tels auspices, faut-il être drôlement guignard pour tomber dans la gueule du loup yankee, lorsqu'on est un superbe Frog royal de tout premier choix.

Mais pourrait-on véritablement parler de guigne lorsqu’on s’avère être l’artisan de son propre malheur, et que l’on sait depuis Platon que l’homme est le pire ennemi de lui-même ?

Que la ‘’victime’’ soit une ‘’refugiée politique’’, employée modèle et mère-courage irréprochable comme la présente l’accusation, ou plus vraisemblablement, une refugiée ‘’alimentaire’’ et femme de ménage de son état, qui se met volontiers à genoux ou à quatre pattes pour arrondir ses fins de mois, ne change pas grand-chose au seul aspect qui m’intéresse dans l’affaire, et qui est celui de la chute vertigineuse d’un homme ; foudroyante comme dans une tragédie de Sophocle, atroce comme l’enfer Dostoïevskien et aussi absurde que le sort de Gregor Samsa dans le cauchemar Kafkaïen de ‘’La Métamorphose’’.

Hagard, les traits tirés, fripé et lamentable après une nuit passée en geôle, celui qui était pas plus tard qu’hier un des personnages les plus privilégiés de la planète, défila escorté par les policiers, les mains menottées derrière le dos sous les invectives d’une foule vengeresse ; mais surtout devant sa femme et sa fille qui durent entendre avec lui les termes intolérablement humiliants de l’acte accusatoire qui tombaient tels des couperets de glace : « …/… quelle fut sa surprise (l’agressée) de le voir sortir tout nu de la salle de bains et de l’agresser brutalement…/… dans l’intention de la sodomiser…/… dans l’incapacité de le faire, il l’obligea à pratiquer sur sa personne une fellation …/…des liquides corporels furent retrouvés sur la moquette…/… »

J’en ai encore froid dans le dos.

Mais le pire reste à venir dans une affaire où tous les coups seront permis, et où sera démontré une fois de plus que sous une dérisoire couche de civilisation factice, l’homme demeure un loup pour l’homme.

Revient la question principale : innocent ou coupable ?

Du ‘’viol’’ de la boniche guinéenne, je n’en sais rien ; quoique le passé du personnage, jalonné de précédents plus ou moins similaires ne joue pas en sa faveur.

Par contre, il est une lourde incrimination à laquelle il ne peut échapper : Celle de s’être stupidement TRAHI dans un moment d’égarement ; d’une trahison qui s’est critiquement répercutée sur les siens, son parti politique, et ses responsabilités locales et internationales.

Et ça, c’est impardonnable.

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Et le vieil homme entra dans un long hiver – Antoine Blondin (Un singe en hiver).


Ibrahim Tyan.

Friday, May 13, 2011

MICRO, MACRO et MAQUEREAUX.





Au terme d’un sexennat de bons et loyaux services, notre fidèle servante Ethiopienne rentra chez elle chargée de cadeaux et de substantielles gratifications, ainsi que d’un billet de vol direct Beyrouth/Addis Abeba à bord d’une compagnie aérienne de premier choix.   

Presque en même temps, débarquait chez nous sa compatriote de remplaçante ; une timide créature à peine sortie de l’enfance, avec les dérisoires guenilles couvrant sa petite personne frêle et apeurée pour tout bagage.  

Maudite soit la misère !

Parmi nous tous, ma femme fut la première à remarquer la longue éraflure rouge de fraîche date que la nouvelle venue portait au cou ; hélas, ne pouvant s’exprimer qu’en son dialecte tribal, nous ne pûmes recueillir de la pauvrette à ce sujet qu’un inintelligible baragouinage entrecoupé de sanglots. Mais c’était mal connaitre la détermination de ma charmante moitié qui lui dénicha je ne sais d’où, une payse qui eut tôt fait de nous révéler le suivant :

Au lieu de joindre Beyrouth par vol direct tel que spécifié dans son contrat et dûment réglé à l’avance par votre humble serviteur, ‘’notre’’ fille et ses infortunées compagnes, éternelles victimes de la rapacité sordide des ‘’agences de recrutement’’, durent effectuer une bien plus longue odyssée avec escale et changement d’avion à l’aéroport de Sana’a où un ‘’officiel’’ Yéménite, offensé dans sa foi par le spectacle d’un symbole idolâtre sur son sol purifié, arracha sauvagement à la malheureuse, la petite croix en pacotille qu’elle portait au cou, lui causant du même coup la mystérieuse estafilade, et un choc émotif duquel elle ne se remettra pas de sitôt.

Une question ne cesse de me tarauder depuis : Quelle aurait été l’attitude de cette crapule pédophile, onaniste, incestueuse et tarée, vis-à-vis d’une quelconque vacancière Américaine, dut-elle en plus d’une croix, arborer les quatorze stations du via crucis pendues au cou ?  

Le pire, c’est que j’en connais parfaitement la réponse !  

Veule et poltron comme toutes les crottes de dromadaire de son espèce qui n’osent épancher leur barbarie que sur plus faible qu’eux, cette expectoration purulente de l’humanité aurait commencé par baisser ses yeux trachomeux, avant de sourire servilement à la grosse bobonne Yankee de tous ses chicots noircis par le Kat tout en lui souhaitant obséquieusement la bienvenue au pays des oasis d’Allah… et de suivre d’un regard concupiscent le tressautement obscène de l’énorme fessier gélatineux nourri au plus pur U.S. Junk, en se triturant rêveusement le Zob.

Mais passons…

L’important dans tout cela c’est que j’ai retrouvé récemment les composants essentiels de ce micro-incident, mais alors amplifiés à l’échelle macrocosmique de la manière la plus remarquable, et ceci dans une série d’événements universels qui tournent autour d’un même contexte et que je vais essayer de relater dans les lignes qui suivront, à commencer par une petite rétrospective.  

Le souvenir est encore assez frais du caricaturiste Danois qui eut la malencontreuse idée de faire publier en 2006 quelques planches (sans grande valeur artistique d’ailleurs) ridiculisant le prophète Mohammad et son entourage, et du tollé monstre que cet acte souleva au sein du monde Islamique.

Autour des ambassades du Danemark à travers le monde, ce n’était plus qu’émeutes et affrontements sanglants ; tant et si bien que le Vatican se vit dans l’obligation de sortir un communiqué ‘’déplorant l’usage de tout moyen d’expression en vue de porter atteinte aux convictions religieuses d’autrui’’.

Les choses ne furent pas meilleures au Liban, et les habitants de la zone résidentielle Chrétienne d’Achrafieh, qui par manque de pot abritait également les bureaux de l’ambassade Danoise, se souviendront longtemps de cette matinée du Dimanche 5 Février 2006, lorsque les hordes parties de Dar-al-Iftaa’ accompagnées par les bénédictions de SE le Mufti Mohammad Rachid Kabbani avec pour mission de ‘’protester’’ devant l’ambassade impie, s’engouffrèrent dans les quartiers chic de Beyrouth-Est, rasant tout sur leur passage.

Immeubles résidentiels cossus, bureaux, églises, véhicules flambants neufs, magasins et boutiques élégantes furent lapidés, ravagés, mis à sac ou brûlés ; et même les réverbères publics, les arbres et les chaussées reçurent leur part de vandalisme dans un maelstrom insensé de frénésie destructrice.

Assis devant mon petit écran, je vis ce jour-là un jeune bouc hirsute, loqueteux et comme en proie à de violentes transes, se faire questionner par une reporter de la chaine Libanaise NTV qui lui demanda (au péril de sa vie) sur ses raisons pour s’en prendre aux biens de gens qui ne lui ont fait aucun mal ; et l’ahuri de braire :

_ كلهم خنازير  (Qu’importe ; c’est tous des porcs). Les porcs ici étant évidemment les Chrétiens.


A la lumière de ce rapide flash-back, je vous laisse imaginer l’étendue de mon désarroi lorsque je vis Terry Jones en Floride, brûler le Coran en ce début du mois d’Avril 2011, après l’avoir ‘’jugé’’ et trouvé coupable de ‘’crimes contre l’humanité’’.

Seigneur tout-puissant et que le ciel (qui n’existe pas) nous vienne en aide.

Car cette fois-ci, ce n’était plus au prophète que l’on touchait mais à l’essence même de l’Islam. Pire ; à ALLAH en personne !!

Rivé devant mon écran, j’observais la gorge sèche, l’énergumène forcené à la sale gueule de vieil éthylique dépravé et qui se faisait appeler ‘’pasteur’’, noyer de kérosène les saintes pages contenant la parole Divine dictée au prophète par le Seigneur Jibril (l’ange Gabriel) lui-même, et de les mettre en flammes.

Non content de l’abomination commise, le profanateur Yankee enfonça le pieu de plus belle en déclarant grossièrement aux sources médiatiques que le Coran ‘’avait brûlé sans problème, d’une belle flamme claire appropriée à la cuisson du hamburger ou la grillade de marshmallows’’.

Plus impie que ça, tu meurs.

Alors j’ai attendu que le ciel nous tombe d’une minute à l’autre sur la tête, mais à ma grande stupéfaction, mon expectation fut vaine car les jours se succédèrent aux jours, et le silence au silence ;  et si l’on excepte quelque timide soubresaut par-ci ou un quelconque râle inaudible par là, c’est toujours motus et bouche cousue, du Golfe à l’Océan.

* * * *  

L’essentiel dans tout cela c’est la petite orpheline démunie, qui retrouva un semblant de sérénité à l'abri d'un foyer protecteur, et d'une petite croix en or venue en remplacement de celle en étain, à jamais disparue au pays de la foi absolue.

Ibrahim Tyan.

Cliquez pour entendre Yusuf Islam (alias Cat Stevens avant l’illumination).    

Friday, April 1, 2011

La mer blessée*

*La mer blessée (La Méditerranée), Jacques-Yves Cousteau & Yves Paccalet, Flammarion.

Regarder la mer est une faculté primaire à la portée de toute personne voyante.
Écouter la mer, nécessite une oreille capable de décrypter des fréquences situées en dehors de l’échelle courante.
Ressentir la mer dans le sens viscéral du terme, est l’apanage de personnages exceptionnels tels Rimbaud, Debussy, Valery, Turner ou Trenet, pour ne citer que ceux-là.
Devenir la mer, est un état Samâdhique intime dont seuls d’humbles inconnus répartis aux quatre coins du globe, détiennent le privilège d’y accéder.

Pouvoir renouer de pleine conscience avec l’abandon infini au sein de la matrice première ; de ressentir la vertigineuse allégresse du métabolisme dans la tendresse glauque des entrailles originelles, et d’en ressortir sublimé jusqu'à en toucher de l’extrémité de son être aux confins de l’inimaginable, bien au-delà de cette ligne chimérique engendrée par nos sens illusoires, là où le ciel et la mer prétendent se rencontrer.

Cette mer blessée qui est la mienne !

Cela fait déjà si longtemps que le malheur a suppléé au bonheur sur cette terre pétrie du substrat de mes ancêtres et à la quelle je demeure rivé tel Prométhée aux rochers du Caucase, qu’il m’arrive parfois de soupçonner que la mémoire d’une félicité passée ne serait que les traces inconscientes d’une métempsychose advenue dans une autre dimension sous un autre soleil.

Comment en sommes-nous arrivés là, est une question dont je me soucie désormais comme de ma première lorette.

Cependant je ne peux m’empêcher d’observer d’un œil compatissant, les efforts que je sais stériles, d’une jeunesse écorchée qui défile inlassablement chaque Dimanche sur les routes du Liban, réclamant l’abolition du système confessionnel et l’établissement d’une constitution laïque.

Il demeure que non content des deux calamités naturelles et inexorables dont la nature l’a affligé et qui sont, la vieillesse et la maladie, l’homme s’en est imposé de son propre chef deux autres, en la religion et le patriotisme. Mais avec l’âge venant, la tolérance vint primer sur l’intransigeance (probablement parce que l’on retrouve de plus en plus à tolérer chez soi-même); tellement que j’en suis venu aujourd’hui à presque reconnaitre l’utilité de la notion du péché introduite par la religion et sans laquelle le désir du fruit défendu perdrait presque toute sa merveilleuse sensualité.

Aujourd’hui, le monde Islamique bout, du golfe à l’océan ; et j’en ris.

Qu’attendre d’une nation qui n’a pas encore été foutue mettre sur ses marchés une simple ampoule électrique de fabrication locale, alors que je viens de m'acheter chemin venant, un ridicule petit bidule (importé bien entendu) qui ne fait même pas la moitié d’un briquet jetable mais qui a la capacité de stocker dans son intérieur l’œuvre cinématographique complète d’un Fellini par exemple !

Alors que se passe-t-il ?

Ben, faut chercher du côté de Yahvé le tout puissant, car la théorie du Chaos Constructeur est avant tout la sienne ; ceux qui en doutent peuvent retourner aux sources qu’ils prétendent connaitre pour en vérifier la véracité.

Après avoir écumé les collines de Sion avant de fondre sur le reste du monde, l'éternel choisit d’élire domicile 1600 Pennsylvania avenue, Washington. DC, où il se révéla au saoulard repenti, faisant de lui l’instrument de ses desseins mystérieux dont l’accomplissement s’effectue aujourd’hui au su et au vu d’un monde dont l’impuissance et l’inefficacité sont devenues marque patentée.

* * * *

Le soir printanier est merveilleux en cette partie du monde et la brise maritime qui vient langoureusement me lécher le visage sans pour autant dissiper les veloutes de ma cigarette, m’emmène avec elle un doux écho lointain venu d’un autre temps pour me murmurer à l’oreille des choses douces-amères comme les soupirs réprimés d’un amour coupable.


Come sei bella piu' bella stasera Mariu'
Splende un sorriso di stella negli occhi tuoi blu


Comme tu es belle, plus belle que jamais ce soir Mariu
Un sourire scintille comme une étoile dans tes yeux bleus.

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Ibrahim Tyan.

Friday, March 4, 2011

TOMORROW and TOMORROW and TOMORROW *




*William Shakespeare – Macbeth Acte5, scène5, 19-28.


Il est une ancienne parabole puisée de l’intarissable héritage traditionaliste de l’Orient, qui raconte l’histoire de deux fieffés coquins qui de surplus ennemis jurés, finirent chacun de son côté par se faire pincer, juger, et condamner à être pendu haut et court jusqu'à ce que mort s’en suive.

Or l’imprévisible hasard fit que nos deux gredins se retrouvèrent nez à nez au jour fatidique, devant la charrette qui les mènera à l’échafaud.

À l’officier en charge qui leur demanda selon les usages s’ils avaient quelque dernier souhait à exprimer, l’un des deux pendards répondit :

_ J’aimerais bien revoir une dernière fois, ma pauvre mère.

Et l’autre de s’interposer :

_ Et moi je demande qu’on l’empêche de la voir ; telle est mon ultime volonté.

Paix à ta mémoire Ernest Renan, étranger venu de l’Occident, qui réussit a mettre à nu le fond des Libanais bien mieux qu’ils n’oseraient jamais le faire eux-mêmes, et ceci en de brèves lignes prophétiques griffonnées il y a plus d’un siècle.

Et à la tienne Georges Naccache qui clama en 1949 du haut de sa tribune journalistique que « deux négations ne font pas une nation », avec pour seul retour, l’écho de sa voix dans la solitude.

Durant ma chienne de vie, j’ai eu tant de fois la triste occurrence de voir des Libanais se réjouir du malheur d’autres Libanais, ou dans le meilleur des cas de s’en foutre éperdument, qu’il m’est devenu impossible d’entendre mentionner la citation-culte de feu sa sainteté Ioannes Paulus PP II serviteur des serviteurs de Dieu, sur un Liban qui serait « un message beaucoup plus qu’un pays », sans que cela ne provoque en moi un fou-rire irrépressible.

Mille scuse Zanetto mio, car je t’avais plutôt à la bonne avec ta brave vieille bouille fripée de Bébé-Nestlé périmé ; et puis toi au moins tu semblais y croire, tout contrairement à ton SchutzStaffel de successeur, et ça c’est important. Alors de derrière ta harpe sur ton nuage blanc, tu excuserais bien un pauvre pêcheur, qui n’a pu déceler là où tu as vu un ‘’Message’’, qu’une infâme émulsion satanique faite d’éléments non miscibles, et impossible à stabiliser sans l’intervention externe d’une lourde botte cloutée capable d’écraser les nuques les plus raides.

Aujourd’hui, la terre tremble autour de nous.

Ce sont les maîtres du monde qui font le grand ménage dans leurs fiefs ; et les suzerains vassaux tombent l’un après l’autre, dans l’attente d’être remplacés en temps opportun par d’autres, moins compromettants et plus performants.

Mais le jeu est dangereux car la bête (le peuple) a goûté au sang ; et le cours imposé dans cette partie du monde par un Occident qui se considère comme seul digne héritier de Clisthène alors que les autres sont tout juste bons pour subir la loi de Cortés ou de Pizarro, peut à tout moment dérailler.

Aveuglés par leur supériorité faite de progrès technologique et de matérialisme effréné qui prime sur toute valeur humaine, les maîtres du monde risquent de se retrouver face à une lame de fond venue de l’est telle qu’ils n’en ont plus connu depuis Poitiers.

Fidèles à eux-mêmes, les Libanais, rongés jusqu'à la moelle par la bêtise, la corruption et le fanatisme aveugle restent inconscients de la transformation qui s’opère autour d’eux, leur unique souci résidant dans l’acte accusatoire à venir du tribunal International spécial pour le Liban (Mais au fait, c’était pour quel crime ? quelqu’un se souvient-il ?) et l’attente chez certains de le voir prononcé avant le 14 Ventôse, espérant que son contenu sera suffisant pour revigorer un courant moribond auquel le bétail acheté au nord et à Akkar et déversé par des bus barcodés au jour J sur la place P, ne suffit plus.

Mais derrière cette façade tragi-comique, c’est aux frontières Sud où se trouve tapi l’ennemi le plus sinistre, le plus cruel et le plus funeste qui soit, d’autant plus qu’il est blessé, face à la forêt de missiles d’Allah, que réside le péril immense.

Karbala contre Massada, avec des siècles d’histoire pour confirmer la nature suicidaire des deux antagonistes. D’autant plus que l’un d'eux, étouffé par le cordon International qui lui enserre graduellement le cou manque déjà d’air, tandis que l’autre, bien mal en point politiquement et militairement n’en conserve pas moins intactes, ses griffes nucléaires.

Alors que faire ? Comme l’écrivait déjà l’illustre barbichu.

Ben, se remettre à la clémence Divine ! Comme répondrait n’importe quel barbichu de chez nous.

Dans ce cas, un petit conseil bénévole et sans arrière pensée s’impose :

Il est hautement recommandé en s’adressant au très-haut, de l’appeler par ses noms Coraniques qui sont au nombre de quatre-vingt-dix-neuf.

Débités en rafale, même par un novice, il est fort possible que l’un d’eux fasse mouche.



Ibrahim Tyan.