Monday, March 24, 2008

l'éternelle Histoire.


Lorsque Caïn, fils ainé d’Adam et d’Eve tua son frère Abel, la Genèse nous rapporte que l’acte fratricide fut motivé par l’acceptation par Yahvé de l’offrande d’Abel et de son rejet pour celle de Caïn, entrainant ainsi l’amertume de ce dernier et son dépit envers son frère cadet.

Il demeure que la Bible ne relate pas clairement les causes du favoritisme de Yahvé, chose qui confère à l’acte de Caïn un sens purement implicatif et non explicatif.

Cependant, il serait judicieux et hautement informatif de considérer le point de vue de nos ‘’cousins’’ Hébraïques qui sont après tout à l’ origine de cette fable.

Ainsi donc le ‘’Midrash’’ aussi bien que d’autres anciennes écritures Juives Exégètes de la ‘’Tora’ rapportent que les deux frères possédaient en réalité deux sœurs jumelles qui leurs étaient destinées en mariage. Etant tombé amoureux de la ‘’promise’’ d’Abel qui était la plus belle, Caïn tua son frère afin d’avoir le champ libre pour prendre la femme qu’il convoitait.

Ramenée à des dimensions plus prosaïques, (une vulgaire histoire de fesse) l’explication Juive gagne en plausibilité, sinon en compréhensibilité ; cependant l’église rejette dédaigneusement l’interprétation par trop terre à terre de ceux qui en sont pourtant les auteurs véritables, pour se cantonner dans une version nébuleuse et obscure propre à entretenir l’imbroglio superstitieux dans l’esprit du peuple, mais surtout l’appréhension devant l’indéchiffrable et l’inconnu.

* * * *

La pensée manichéenne de la majorité écrasante des Libanais est à l’origine de leurs plus grands maux ; depuis l’époque où le Cheikh Pierre Gemayel (Le Fondateur) clamait : ‘’ tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous’’ jusqu'à nos jours présents où le Sayyed affuble de trahison tous ceux qui ne partagent pas ses visées (déclarées) de guerre totale contre les Etats-Unis et le Sionisme :
ألموت لاْمريكا ألموت لاْسرائيل
…et nous promet de couper ‘’bras, langue et cou’’ a tout Libanais qui oserait lui réclamer de déposer les armes au profit d’un état central, souverain et non-aligné. .

Pour les Libanais, un daltonisme navrant entrave la santé de leur vision faussée par la lentille déformante des passions et des impulsions primaires exacerbées. De toute la gamme de l’arc-en-ciel, leur optique détériorée ne perçoit plus désormais que le Noir ou le Blanc, qui par ailleurs selon l’échelle des couleurs ne le sont point.

Dans la période allant de 1994 jusqu'à 2004, l’occupant Syrien pompa au trésor Libanais la somme invraisemblable de $ 200 Milliards pour les réinjecter dans le gouffre insatiable de son économie défaillante.

Durant la même période, l’absorbation de l’état Libanais au sein de la ‘’Grande Syrie’’ avait déjà accompli d’importantes étapes ; les institutions nationales, l’armée et la classe politique avaient déjà subi d’importantes mutations, et l’Arabisation du système éducationnel Libanais (qui faisait pourtant dans son unicité éclectique la distinction du Liban), et son rattachement a l’enseignement archaïque Syrien, avait déjà ses nombreux défenseurs au sein de la nouvelle classe dirigeante Libanaise créée de toute pièce par les forces de l’occupant.

Lentement mais inexorablement la dissolution de l’identité Libanaise dans l’océan Baassiste ‘’fraternel s’accomplissait sous l’œil indifférent du reste du monde.

Mais le plus grand drame du Liban réside dans la file interminable des martyrs comprenant la fine fleur de ses penseurs, politiciens, autorités religieuses et autres valeurs nationales irremplaçables, systématiquement ‘’éliminés’’ depuis 1975 par un régime Bassiste qui a élevé le terrorisme et l’assassinat politique au rang de doctrine d'état.

Il est un dicton populaire Libanais tout en fine espièglerie :
أللي طلّع الحمار على راس ألمادنة هوّي وحدو بيعرف ينزّلو
En Français : ‘’Ne peut faire descendre l’âne du haut du minaret que celui qui l’y a haussé.’’

Ainsi donc les Libanais virent la Syrie qui n’aurait jamais OSÉ sans le feu vert Américain et l’endos de l’état Hébreu occuper leur pays, y déguerpir au triple galop avec la queue entre les jambes après 30 ans d’occupation assujettissante, suite à la menace ferme et intransigeante de l’ultimatum Américain.

N’en déplaise à certaines âmes candides qui croient encore que ce sont les châles multicolores et les slogans enflammés du grand carnaval du 14 mars qui ont arraché le Liban aux serres du rapace Syrien.

Faut-il pour cela en remercier les Etats-Unis ?

Pas obligatoire ; puisque ce sont finalement les vents des intérêts Américains qui mènent la frégate Américaine ; mais de là a prendre les Etats-Unis en hostilité et de leur déclarer franchement la guerre relève de l’idiotie politique la plus totale, sinon de la criminalité la plus pure vis-à-vis de son peuple et de sa nation.

Surtout lorsqu’il s’avère (du moins on nous le raconte) que tout ce soulèvement ‘’Divin’’ qui menace d’emporter avec lui la nation entière est fait dans le seul but d’un sordide petit partage TRIBAL qui se limite a un ministre par ci, et deux ministères par là.

Pas plus que pour la logique bêtifiante de certains ‘’sages’’ qui prennent en exemple les relations idéales d’aujourd’hui entre la France et l’Allemagne pour nous endoctriner que ‘’la Syrie étant rentrée en Syrie, rien n’empêche la reprise des relations les plus cordiales entre les deux états-frères’’
Aurait-il été possible pour un Charles De Gaulle d’entamer son rapprochement spectaculaire avec l’Allemagne après les affres de WWII, si a la place de l’égide sage et modérée d’un Conrad Adenauer, il se serait trouvé face a un régime néo-nazi ?

De même pour ces Sunnites qu’au lieu d’encourager pour s’être finalement découverts des âmes de patriotes après des décennies d’allégeance fanatique et sectaire envers mainte influence étrangère, ‘’on’’ les taxe aujourd’hui de traitrise et de servilisme envers l’ennemi Américano-Sioniste.

De mémoire visiblement défaillante, ces mêmes ‘’on’’ oublient (ou font semblant) le jour mémorable où Cheikh Bachir Gemayel leur leader iconique, arriva au palais de Baabda juché sur la tourelle d’un Mirkava Israélien.

Faut dire qu’à cette époque-là, Israël faisait pour ses mêmes détracteurs d’aujourd’hui figure d’ange salvateur…

Le renard passe passe.
A chacun a son tour.


Rien ne vaut le cœur et la limpidité d’une âme d’enfant ; voila pourquoi je clos le présent billet avec cette charmante ritournelle puisée du monde féerique de l’enfance.

Ibrahim Tyan.

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Sunday, March 16, 2008

Sin City.


Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l'eau d'une fontaine
Et quelques cris de haine

Jacques Brel (La ville s’endormait).

Le glorieux soleil du matin entame son parcours triomphal a travers la splendeur du ciel du levant, effleurant de ses tendres caresses vermeilles mon vieux Beyrouth adoré et son Sanctum Sanctorum désormais profané par les huttes de l’obscurantisme érigées sur ses remparts du Sud, et le bivouac des insensés déshonorant ses frontières du côté de l’Est.

Ô soleil, toi dont la lumière a éclairé ces lieux dans un autrefois dont il ne reste pas de souvenir, puissent les égarés d’aujourd’hui apprendre qu’il n’y aura pas plus de mémoire d’eux pour l’avenir.

Les jours se succèdent aux jours et les nuits aux nuits, et la place qui était encore vibrante dans un passé tout proche voit décliner et se racornir sa vitalité a peine retrouvée, pour renouer avec les nuits sans lune d’antan, et le vent glacial de Mars qui hulule a la mort l’emprise des barbares sur le cœur battant de la ville des villes, du joyau de l’Orient et de la perle de la Méditerranée.

Au loin, la flamme agonisante d’un brasero de fortune vacille silencieusement dans le noir, semblable à la lueur fantomatique d’un feu follet dansant sur la face pétrifiée d’une eau morte.

Phénix un temps ressuscité, Beyrouth reprend à pas somnambulesques le chemin du sépulcre à la lumière blafarde des torches des fanatiques Ostrogoth issus des ténèbres de l’ignorantisme et qui craignent la lumière, ainsi que des reliquats des croisés devenus mercenaires a suivre les chimères désastreuses de leur mestre acéphale, sur les sentiers de la désespérance et de l’absurde.

Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous habillés en brebis, mais en dedans, ils sont des loups rapaces. C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ! (Mathieu 7.15-16).

L’aspect inquiétant du fiasco libanais réside surtout dans sa longévité. Non seulement parce qu’elle trahit la gravité du différend qui sépare les Libanais, mais surtout parce qu’elle menace de mener le reste du monde a un désintéressement progressif envers une nation incurablement malade ; ou encore plus cruellement de décider de sa partition, a l’instar des grands requins de la finance qui s’approprient a un prix dérisoire une société en difficulté pour ensuite la démembrer et en revendre avec profit les lambeaux aux plus payants.

Arrivés a ce stade, les Libanais, notamment ceux qui répondent a l’appel de :
يا شعب لبنان ألعظيم
Ou encore a celui de :
يا أكرم ألنّاس وأطهر ألنّاس وأشرف ألنّاس
Découvriront l’inefficacité incantatoire de ces invocations lorsque la sorcellerie se retournera contre les malheureux abusés qui payeront au prix cher pour s’être laissé posséder par les mystifications des imposteurs, mais aussi contre le reste du peuple Libanais sacrifié sur l’autel sanguinaire de la voracité Zoroastrienne, ou celui de l’ambition paranoïaque de la mégalomanie suicidaire.

Aujourd’hui, les causes de l’attitude déconfite affichée par Bernard Kouchner au terme de sa reprise des pourparlers avec les Libanais après la conférence de Saint-Cloud, commencent déjà à être livrées au grand jour.

Des sources sûres rapportent que la nouvelle autorité a l’Elysée, qui fut d’un côté favorablement impressionnée par le rapport de leur émissaire au Liban Jean-Claude Cousseran après ses multiples entretiens avec le Général et le Hizballah, et de l’autre désirant effacer l’image populaire possiblement exagérée d’une certaine connivence d’ordre mercantile qui aurait existé entre Rafic el Hariri et l’autorité Française précédente, dépêcha son ministre des affaires étrangères au Liban avec un message explicite spécifiant clairement que la France serait favorable pour l’élection de Michel Aoun pour la présidence, et la ferme promesse d’exercer tout son pouvoir au sein de l’Union Européenne pour la réhabilitation de l’image du Hizb, dans le cadre d’une solution globale et radicale de la crise Libanaise.

Quel fut l’embarras, que dis-je : le désarroi le plus complet des Français, lorsqu’ils s’aperçurent que la violente contestation qui étouffa leur initiative dans l’œuf vint des rangs de l’opposition Libanaise et non de la majorité gouvernante comme a l'attendu !

_ …toi aussi Brutus ? Alors que meure César !

Suite a sa mésaventure Libanaise, la politique de détente et de rapprochement entamée par la France vis-à-vis du régime Syrien, mua en une froideur totale, voire hostile…

Malgré les affirmations rassurantes de quelques analystes optimistes, les éléments de la guerre civile s’amassent dans le ciel Libanais comme des rapaces au-dessus d’une charogne.

De la haine et la discorde divisant un peuple aux émotions primaires chauffées a blanc, jusqu’à l’écroulement des institutions nationales dont la présidence de la république, la chambre des députés paralysée et un gouvernement amoindri et impuissant ne sont pas les moindres, en passant par les livraisons massives d’armes qui continuent a parvenir de tous les côtés a tous les partis antagonistes du Liban.

Et pourtant ces éminents rêve-bleuîtes affirment qu’une condition nécessaire pour l’embrasement de la guerre civile demeure l’appui d’une ou plusieurs puissances étrangères ; chose qui n’est pas disponible jusqu'à ce moment.

C’est mal connaître le régime Baassiste de notre ‘’sœur ainée’’, et les manifestations de bonne volonté fallacieuses de l’état plus totalitaire que jamais des Ayatollah.

En vérité, c’est la PEUR de retoucher a une entreprise dont ils gardent encore les stigmates horribles sur leurs esprits, leurs biens et leur chair qui constitue le dernier barrage entre les Libanais et les flots dévastateurs du déluge.

Tiendra-t-il ?

Ibrahim Tyan.

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Monday, March 10, 2008

Taratatata...C'est fini !


Avec le déclenchement en 1989 d’une campagne désastreuse baptisée pompeusement de ‘’Guerre de Libération’’contre des troupes Syriennes infiniment supérieures et bénéficiant de l’appui tacite Arabo-Israélo-Américain, le Généralissimo/Présidente, nanti du seul soutien intéressé d’un Saddam Hussein déjà relégué au ban mondial et des théories mystico-Ashtarotiennes d’un antique et déliquescent Saïd Akl, engouffra envers et contre le monde entier les Chrétiens exsangues et les reliquats d’une armée Libanaise diminuée, dans une entreprise suicidaire et sans lendemain.

Contraint à un cessez-le feu humiliant après six mois d’un massacre inutile, notre petit ‘’Duche’’ forcené ne prit guère le temps de souffler ni de laisser à ses coreligionnaires meurtris le temps de le faire, avant de se retourner d’emblée contre les milices Chrétiennes dans l’intention de les désarmer au nom d’une vision nationale exaltée qui se clame ‘’au dessus des sordidités confessionnelles’’.

Démagogie bassement populiste dissimulant une avidité maladive du pouvoir, ou raisonnement niaisement idyllique indiquant une incroyable imbécillité ?

QU’IMPORTE ; puisque les effets de l’horrible carnage fratricide et de la destruction effroyable de la zone Chrétienne suite à la décision démente du Commandatore psychosé, consacra définitivement le déséquilibre national dont les Chrétiens continuent à en subir les tristes conséquences jusqu’à ce jour.

Pleinement conscient de son incapacité d’accomplir son projet de ‘’désarmement national’’ au sein du camp adverse (notamment pour la milice armée du Hizballah), le décoré mégalomane ne réussit finalement qu’a immoler les dernières forces vives des Chrétiens, les plaçant ainsi dans une situation minoritaire dangereuse qui poussa un nombre impressionnant d’entre eux vers un exode forcé duquel beaucoup ne retourneront plus.

Les Chrétiens ont payé très cher la démagogie national-frénétique du pioupiou névrotique ; à la fin de l’année 1990, les zones principales Chrétiennes peuplées par plus d’un million d’individus ne comptaient plus que quelque 100.000 habitants.

* * * *

Beaucoup d’eau a coulé depuis sous les ponts jusqu’au jour du retour triomphal du Général a sa terre natale après de longues années d’exil forcé.

L’oubli étant une des plus grandes grâces dont Mère-Nature gratifia l’homme, je fus favorablement impressionné par le maintien strict et cassant de l’homme devant la meute de journalistes qui l’attendaient lors de son arrivée a l’aéroport de Beyrouth.
L’attitude d’un celui dont le dernier souci était de soigner sa popularité était une véritable. Première au Liban !

Rejoignant à la place des Martyrs les centaines de milliers d’oublieux, venus comme moi en un festival grandiose lui souhaiter la bienvenue, son discours d’entrée sobre et fort contre le féodalisme et l’argent politique acheva de me reconquérir.

Son long séjour dans la ville-lumière semblant avoir conféré au général une maturité et une lucidité nouvelles ; jointes à la comparaison avec la nullité navrante de la faune politique locale, et me revoilà sous l’emprise de ce que s’avéra hélas avec le temps, n’être que la même démagogie destructrice d’antan savamment fardée.

Aujourd’hui, le temps des comptes est venu mon général.

Que font donc dans ‘’nos’’ rangs les Wiam Wahhab, les Nasser Kandil, les Abdel Rahim Mourad, les Ali Qanso, les Gebran Areiji, Les Marwan Fares, les Zaher el Khatib et tant d’autres reptiles qui participèrent pendant des décennies au festin du vampire Syrien, les crocs implantés dans nos carotides ?

Que font dans ton état-major suprême un Souleiman Frangié allié inconditionnel (et fier de l’être) de la Syrie de Bachar, ou un Michel El Murr dont la veste s’est depuis longtemps usée à force de retournements ?

Comment se fait-il que je me retrouve aujourd’hui pour t’avoir suivi et cru en toi, en conflit direct avec la majorité de mes concitoyens et de leurs plus hautes autorités culturelles, politiques et religieuses ?
De même qu'avec mon entourage régional et la quasi-totalité de la nation Arabe ?
Mais aussi avec l’Europe, les Etats-Unis, le Nations Unies et le reste des institutions et symboles du monde civilisé !!!

Tout cela pour gagner l’amitié de la Syrie, la reconnaissance de l’Iran et la sympathie d’Hugo Chavez ?

Mais c’est surtout pour m’avoir leurré avec votre discours réformateur et libéral afin de m’utiliser comme couverture Chrétienne pour le pire totalitarisme médiéval et sectaire que le pays ait jamais connu, d’avoir en mon nom innocenté la Syrie du sang Libanais qu’elle continue a verser jusqu’à ce jour, et de me m’avoir entrainé dans sillage des Ayatollah et de la Wilayat al Fakih, avec la destruction imminente, l’holocauste nucléaire et la venue du Mahdi attendu au bout, que je ne marche plus mon général.

Pour ne point revoir encore une fois les Chrétiens s’entredéchirer entre eux et le pays que j’aime sombrer dans l’obscurantisme barbare d’une dictature criminelle et sanguinaire, allez-vous-en mon général et laissez cette nation VIVRE.

Et c’est vous qui seriez gagnant au change, car les rouages de la machine infernale dans lesquels vous vous êtes laissé emprisonner auront tôt fait de vous rejeter comme une ordure ratatinée après vous en avoir extrait la dernière goutte de votre jus.

Mais pas du mien.

Ibrahim Tyan.

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Monday, March 3, 2008

Récap, et ajustement de cap.


Ce fut le clan de Béchara el Khoury, notamment les tristement célèbres ‘’Cheikh Khalil’’ et le ‘’Sultan Salim’’ (respectivement le fils aîné et son oncle), qui inaugurèrent avec une coterie d’opportunistes le cycle de la corruption dans le Liban de la postindépendance, en s’appropriant sans vergogne des institutions lucratives du pays ainsi que de ses ressources nationales, ne lâchant que des rognures à l’intention de leurs sbires personnels et laquais de service.
Même que la ‘’Première Dame’’ s’en mêla ; et sa mainmise sur une part substantielle des revenus du port de Beyrouth inspira en son temps au regretté satiriste Beyrouthin Omar Zéenni, un pamphlet célèbre qui débutait avec ces vers :
ستّ لور
نزلت عالبور
ورجعت معها أور

(De l’or).

Ce couplet rentra d’emblée dans le répertoire populaire, et notre Omar du même coup derrière les barreaux des ‘’Sablons’’ ( حبس الرمل ) où il eût tout le loisir de méditer sur le sort des humoristes et autres libre penseurs dans un régime qui ne tolérait les uns ni les autres.

* * * *

Dans une rare interview télévisée accordée par Ziad Rahbani en début des années 1990 à une Gisèle Khoury hostile et visiblement dépassée, Ziad en pleine verve exprima avec sa férocité coutumière ses vues concernant ses concitoyens Libanais, et dont voici quelques extraits d’après mémoire :

* Sur les causes de la ‘’déprime’’ des Chrétiens :

_ Parce que c’est Rafic el Hariri qui dévalise aujourd’hui les Libanais à la place du Cheikh Amine.

* Sur la meilleure solution pour renforcer l’union nationale :

_ Trouver de toute urgence un Staline Local, capable d’envoyer quelque 10.000 Libanais toutes confessions confondues au peloton d’exécution.

* Sur la société Libanaise en général :

_ Comment faire pour expliquer le sens du terme ‘’Mondialisation’’ à quelqu’un dont le petit déjeuner se compose d’un كشك مع القلقاس ?!?

* * * *

Si devant un baquet d’eau et d’une botte de foin, l’âne de Buridan s’est perdu, son malheureux frère Libanais se trouve aujourd’hui devant un dilemme autrement plus cruel.

Soit d’accepter les affres d’un régime sectaire et corrompu asservi aux intérêts Sionistes, au sein duquel Végètent quelques fantoches réduits à l’état de connétables.
Ou se rendre à l’obscurantisme d’un raz-de-marée absurde et suicidaire rattaché aux cupidités Syriennes et à l’aliénation Iranienne et générateur d’un totalitarisme pétri d’archaïsme et de violence.

Tel est le choix laissé au citoyen par les olifants des deux camps qui ne doivent leur survie qu’aux centaines de milliers de quadrupèdes toujours prêts à investir les places en soutien à leurs vues et justification de leur dialectique.

Mais surtout, que reste-il dans ce pays pour un citoyen qui n’éprouve nul désir d’adhérer à aucun des deux camps, ni à n’importe quel camp du tout ?

Ce grand silencieux porteur d’une pensée éclectique et séculaire qui vénère trop son existence et celle de l’autre pour les dilapider sur les stériles sentiers de l’ignorance et de la futilité ?

Ce lui-même, par lui-même avec lui-même au milieu de l’hétéroclisie démente et généralisée qui l’entoure….

Ibrahim Tyan.

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Tuesday, February 26, 2008

Wir Kommen...بأذن ألله



En 1940, Hitler lança sa Luftwaffe contre l’Angleterre dans le but d’écraser son potentiel militaire et industriel, en préparation pour son invasion dans un second temps.

Malgré la résistance opiniâtre des Britanniques, l’attaque Allemande au prix de pertes importantes avait déjà accompli une bonne partie de la besogne, lorsque Winston Churchill qui cachait derrière le physique poupon d’un Mr. Pickwick débonnaire, un tempérament qui rivalisait en férocité (la morgue impérialiste en surplus), avec celui du Leader du IIIème Reich, dépêcha en mission-suicide une petite escadrille de bombardiers de la RAF qui larguèrent dans un raid purement symbolique quelques bombes sur Berlin.

Quoique militairement insignifiante, l’effet psychologique de cette attaque aussi ‘’humiliante’’ qu’inattendue fut dévastateur sur le Führer qui, pris d’une rage folle, ordonna au grand dam de son état-major, la suspension immédiate de toute opération contre des objectifs militaires et stratégiques Anglais, les attaques devant dorénavant se concentrer sur les grandes villes et agglomérations civiles, à commencer par Londres que la Luftwaffe eut pour consigne de rayer de la carte du monde.

Dans un discours où la frénésie hystérique atteignit des sommets apocalyptiques, le Reichführer promit à l’Angleterre un châtiment comme la terre n’en a jamais connu : Wir Kommen (Nous arrivons) rugit-il ; WIR KOMMEN…

L’Allemagne continue de subir jusqu'aujourd’hui les conséquences d’avoir confié ses rennes au psychopathe illuminé.

Le regard morne et le cœur las, je suivais sur mon écran TV en cette douce soirée de Février 2008, le secrétaire général du parti de Dieu, Samahat as-Sayed Hassan Nasrallah, disposer allégrement (dans l’attente de la venue de l’Imam Al Mahdi) de mon sort personnel, ainsi que de celui de l’entière nation par la force du droit Divin et des préceptes de Wilayat al Fakih.

_ Israël disparaitra, clama-t-il, - je vous le promets, (ici je dressais l’oreille) – Il ne peut pas en être autrement (de plus en plus interloqué) – Car c’est là une loi Divine. ( !!!!!????!!!!!).

Paf ! C’est en pleine gueule que je reçus le souffle fétide venu du VIIème siècle charriant avec lui des relents d’un autre âge faits d’obscurantisme, de gale et de pisse de dromadaire refroidie.

Brandissant devant les adorant en délire un petit bout de papier (en avait-il vraiment besoin pour se remémorer ce qui suivra ?) _ Je le jure par Dieu, tonna l’oracle – le sang du Hajj Imad sera vengé.

Re-Paf, et Alea Jacta Est.

En 2006, la moitié du Liban fut détruite pour la libération de Samir el Kantar (qui ne le fut pas) ; en 2008, la moitié restante pourrait bien partir en fumée en expiation au sang versé du General Giap des croyants.

La guerre totale est désormais déclarée. Pour les fermes de Chebaa’, les collines de Kfarchouba, la libération du Kantar et le sang répandu du Guevara des fidèles.

Pour la restitution de la Palestine usurpée, la reconquête du Jérusalem profané, et le pavement du sentier pour la venue du ‘’libérateur’’ attendu, WIR KOMMEN et DIEU LE VEUT.

Traître est celui qui OSE insinuer que les fermes de Chebaa’ ont étés arrachées au Liban par la Syrie depuis des décennies, et que ses habitants portent depuis la fin des années 1950 l’identité Syrienne.

Perfide est celui qui SE DEMANDE pourquoi ''le bastion de la résistance Arabe'' qu’est la Syrie maintient religieusement un calme serein sur le Golan, mais incite ses sbires à rugir du Liban.

Passible de la peine de mort est l’infâme scélérat QUI SOUPÇONNE que l’assassinat du Zhukov de la résistance n’est qu’une sordide trame pour relancer le Hizballah en perte de vitesse.

Car après une ‘’victoire divine’’ désastreuse, des manifestations monstres suivies d’un soulèvement civil raté, et le sit–in le plus long de l’histoire contemporaine, le public du Sayed se retrouve avec un bilan pitoyable fait de quelques misérables tentes dressées on ne sait plus trop pourquoi sur un parking désaffecté du centre ville, et une liste interminable de promesses non tenues.

Quoi de plus opportun en pareil cas sinon une nouvelle bonne petite guerre bien sanglante et bien meurtrière, truffée de nouveaux héros et martyrs ‘’divins’’, qui viendrait bien à propos ‘’bouleverser toutes les données dans la région ‘’ (Sayed Hassan dixit).

Qu’importe l’opinion de quelques lâches qui ne veulent pas faire des frontières de leur pays un poste avancé des frontières Iraniennes.

Ou de certains renégats qui refusent de reconnaître les ‘’bienfaits’’ innombrables dont la Syrie à comblé le Liban depuis son indépendance.

Heureusement que la reconnaissance n’est point morte au Liban. Preuve en est le remerciement magnifique énoncé le 8 Mars 2005 par le seigneur de la résistance devant les multitudes d’adorants : ‘’Choukran Souria’’.

Mais gare au tribunal international ya Samahet el Sayed ; La Syrie ne donnerait pas cher de ta peau en échange de sa délivrance de l’hameçon mondial du bout duquel elle frétille aujourd’hui sans l’ombre d’un espoir.

Ibrahim Tyan.

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Wednesday, February 20, 2008

Destination : Catastrophe.



Pétrie de splendeur et de misère, la condition humaine est un tracé tourmenté qui zigzague constamment entre l’ascension et la déchéance avec au bout du graphique, la logique du déclin suivi du néant comme fatalité inexorable.

Loin d’être source d’abattement ou de désespoir, cette réalité irréfragable constitue pour l’individu éclairé une raison fondamentale pour savourer pleinement chaque instant furtif de cette merveilleuse et fugitive aubaine qu’est la vie.

نصرك هزّ الدني
شعبك ما بينحني


Accompagnées de parasites stridents sortis de mauvais haut-parleurs, les premières mesures de l’hymne triomphaliste distillée à pleins décibels explosèrent soudainement derrière moi, m’arrachant brutalement à ma bulle translucide faite de réflexions philosophiques désabusées qui voguait nonchalamment sur la surface tranquille d’une Méditerranée particulièrement resplendissante en cette glorieuse matinée ensoleillée de Janvier.

De jeunes militants aussi barbus que résolus déchargeaient d’un fourgon parqué le long du large trottoir, de rudimentaires enceintes acoustiques et des caisses blanches de collecte arborant en lettres rouges la phrase : ‘’contribuez à l’effort de la résistance’’, ainsi que des oriflammes dont le jaune canari souriant contrastait avec le tristement célèbre AK47 qui y était représenté coiffant la première lettre A du nom d’ALLAH inclus dans le logo officiel du HIZB.



Aïn-el-Mraïsseh, région traditionnellement Sunnite de Beyrouth à toujours été l’une des demeures de prédilection pour tout étranger résidant au Liban, ainsi que le domicile accueillant pour un composite merveilleux d’autochtones appartenant à toutes les sectes et religions du pays.

Pourtant aujourd’hui sur le trottoir, entre les sempiternels joueurs de trictrac d’Aïn-el-Mraïsseh, fanfarons et débonnaires et les jeunes loups émaciés venus de la banlieue Sud pour y établir leur bivouac, une tension indéfinissable faite de coups d’yeux furtifs et de regards qui s’évitent soigneusement rappelle le comportement de deux meutes de prédateurs s’observant silencieusement autour d’un territoire disputé au milieu d’une jungle.

Une attente haletante faite de sourde animosité et d’hostilité à peine camouflée semblable à celle qui règne sur tout le pays, pèse sur le fragment de paradis grand comme un mouchoir de poche face à la tranquillité infinie du bleu immémorial.

Coiffant d’une sourdine son projet de faire du Liban une république Islamique, le Hizballah fit patte de velours en 1992 et entama une grande opération de charme se faisant prier ( le grand désintéressé) pour accepter quelques représentants à la chambre des députés mais point de ministres, laissant aux Sunnites les rennes politiques mais surtout économiques du pays contre son obtention de l’exclusivité de l’effort pour la libération du Sud.



S’en suivit une période dorée où le Hizb développa considérablement son potentiel militaire et affirma son emprise sociale et culturelle sur les zones Chiites du Sud et du Centre du pays, créant ainsi un état dans l’état avec la bénédiction de l’occupant Syrien et l’œil indulgent d’un Rafic Hariri trop occupé à razzier le centre-ville pour en faire son Monte-Carlo privé. .

Quoique acclamé ouvertement comme une ‘’Victoire Divine’’, le retrait soudain des Israéliens en 2000 laissa le commandement du Hizb et les dirigeants Syriens en plein caca ; l’ennemi retiré et la terre reconquise, la branche armée du Hizb perds sa raison d’exister, et l’occupant Syrien son prétexte majeur pour maintenir ses troupes au Liban.

Rafic qui entretemps à achevé la mainmise sur le centre commercial, touristique et bordélique du pays commence à ruer discrètement (c’est un discret) dans les brancards et, to make a long story short, il est liquidé le 14 février 2005.

Loin de moi que d’accuser qui que ce soit de quoique ce soit et honni soit qui mal y pense ; mais je ne peux m’empêcher de penser à un certain Sylvester Stallone dont le parcours sinistre tracé à l’hémoglobine serpente du Vietnam jusqu’en Birmanie en passant par l’Afghanistan…

Il demeure que les deux coups les plus durs que le Hizb eut à (mal) encaisser durant sa courte mais riche histoire ne furent ni les Raisins de la Colère de Shimon Peres ni la folle guerre de 2006 d’Olmert, mais le retrait inconditionnel des troupes d’occupation Israéliennes du Liban en 2000, et celui identique des Syriens en 2005.

Curieux paradoxe quand même pour un parti dont le but déclaré à toujours été la LIBÉRATION des territoires occupés et la sauvegarde de l’indépendance et de la souveraineté du Liban !

Aujourd’hui, la survie du Hizb se trouve plus dépendante que jamais de son arsenal militaire, de l’aide Syro-Iranienne, ET DE LA NECESSITÉ PRESSANTE D’UN NOUVEAU CONFLIT LE PLUS GRAVE ET LE PLUS SANGLANT POSSIBLE afin de pallier à l’état d’isolationnisme accentué dans lequel il s’est mis au sein de son propre pays, et la masse Chiite qu’il à réussi à endoctriner ou grappiller.

L’étonnant c’est qu’il demeure des âmes candides qui persistent à croire que le chiffre d’aide astronomique (mais qui restera toujours insuffisant) accordé le long des années par le régime Iranien au Hizballah Libanais est un don BENEVOLE dénué de tout intérêt.

Avec l’assassinat récent du lugubre Hajj machin à Damas ( Hajj pour Hajj, où es-tu aujourd’hui mon cher Abou-Ragheb ?), un coin du voile est levé sur la sinistre nébuleuse aux multiples ramifications occultes qu’est en réalité le Hizballah.

Comme au temps de l’ancienne Sparte dont la faillite de la doctrine obtuse et militariste mena rapidement à la désagrégation puis au mercenariat, les Chiites Libanais se trouvent aujourd’hui de plus en plus réduits à servir des causes qui leur sont étrangères pour assurer la survie de leur Hizb.

Sont-ils conscients qu’en suivant cette voie, c’est leur propre ruine et possiblement celle du pays qu’en réalité ils préparent ?

Ibrahim Tyan.

* Visitez, « Les carnets du Beyrouthin ».

Saturday, February 9, 2008

Coïtus Interruptus.



Ce fut le sous-secrétaire d’état Américaine Paula. J. Dobriansky qui employa pour la première fois dans une conférence de presse télévisée le terme de ‘’révolution du Cèdre’’, pour qualifier le ‘’soulèvement de l’indépendance’’ de Mars 2005 au Liban, afin d’en établir le parallélisme avec la ‘’Révolution Rose’’ de la Géorgie et celle ‘’Orange’’ de l’Ukraine, ou encore avec la révolution pourpre ‘’the purple révolution’’, terme cher à GW. Bush pour qualifier le désastre Irakien

En ce temps-là, un courant irrésistible et grisant, souffla sur le pays où pour un temps hélas trop bref, l’inconcevable parut soudain possible, même pour l’auteur de ces lignes qui balança aux chiottes toute raison et lucidité pour se laisser emporter par l’allégresse générale ; lui qui s'était pourtant torché éperdument du Père Noël et de toutes les sornettes gnangnan, à un âge où le reste des mioches suspendaient encore crédulement leurs bas de laine à la nuit du 24 Décembre sur les rebords des cheminées.

Beaucoup d’encre à coulé depuis pour analyser, disséquer, expliquer, justifier ou critiquer les causes pour lesquelles ce superbe soulèvement populaire, (sans pareil si l’on prends en considération le nombre des participants par rapport au chiffre global de la population), à abouti à un tel fiasco, et pourquoi sommes nous toujours sujets à la même loi électorale jadis établie par l’occupant Syrien à laquelle sont venus s’ajouter un gouvernement diminué et impuissant, un conseil constitutionnel décédé sans succession, une chambre de députés déserte et murée et un palais présidentiel que peuplent désormais les araignées dans leurs toiles et les ombres du souvenir.

نقسم بألله العظيم
مسلمين و مسيحيين
أن نبقى موحّدين


Seul ce serment dont l’auteur en paya la vie pour l’avoir fait jurer le 14 Mars 2005 par un million de gorges enthousiastes m’arrête aujourd’hui par son innocente ingénuité qui résume pourtant l’essentiel du casse-tête Libanais.

Seulement de nouveaux facteurs vinrent accroître encore l’inextricabilité du nœud Gordien ; au différend plus envenimé que jamais entre Musulmans et Chrétiens s’ajouta celui infiniment plus dangereux qui scinde actuellement la communauté Musulmane en deux sectes ennemies, tandis qu’un autre plus pernicieux mais tout aussi mortel divise désormais les Chrétiens.

En conséquence, cette ‘’révolution du Cèdre’’ dont l’ampleur et la puissance initiale auraient dû normalement aboutir à un renversement total de la situation et le changement radical du système en entier, affiche aujourd’hui dans une rapide récapitulation générale le tableau suivant : Stagnation, pourrissement et bilan Négatif sur toute la ligne.

Entretemps la bataille verbale bat son plein ; les victoires et les défaites se succèdent et s’amplifient à l’infini sous forme de joutes et diatribes féroces, absurdes et destructrices dans le cadre d’une guerre civile désormais rallumée sur tous les canaux médiatiques du pays et d’ailleurs.

Entre Décembre 2006 et Janvier 2007, un contre-soulèvement monstre conduit notamment par le Hizbollah Chiite mais englobant également des parties non négligeables des forces Chrétiennes, Druzes et Sunnites qui faisaient encore partie de la défunte ‘’Révolution du Cèdre’’ en 2005, envahit le centre –ville.

Un million de Libanais au bas mot clamèrent leur hostilité au gouvernement de Fouad Sanioura qui les observa impassiblement du haut de son sérail sans ciller.

Depuis, le centre ville est paralysé par ce qui pourrait bien être le sit-in le plus long de l’histoire récente ; le pays est en déroute, l’économie est au plus mal, mais chacun reste imperturbablement campé sur ses positions.

Récapitulation générale pour le soulèvement de l’opposition qui aurait dû logiquement emporter dans son sillage, gouvernement et régime entier avec : Echec sur toute la ligne, déception, amertume, pourrissement et stagnation.

Entretemps, la guerre des mots avait atteint des sommets inégalés, la litanie démente verse dans l’obscénité la plus inimaginable, la rosserie et la haine les plus abjectes, voire l’appel à la mort, clair, direct et non camouflé.

Les effets dévastateurs de cette psychose médiatisée ne tardèrent pas à se faire sentir au niveau du peuple composé en majorité de gens simples, crédules et vulnérables.

Et lorsque la peste médiatique contamina la rue, les gens commencèrent à mourir toujours plus nombreux après chaque rixe, immolés POUR RIEN sur l’autel de la stupidité et de l’absurde.


Mais avant de s’engager plus loin sur le sentier de l’auto-flagellation, force m’est de constater que presque partout ailleurs, les choses ne se présentent guère sous un jour meilleur.

La plus formidable superpuissance économique, technologique et militaire de tous les temps, qui gère désormais notre monde unipolaire, possède la capacité de réprimer voire d’écraser partout sur la planète, le moindre obstacle passible de s’opposer à ses projets de domination mondiale.

Les Palestiniens (pour en prendre un exemple de la région) qui ont choisi le Hamas dans des élections libres et démocratiques pour les représenter, se sont vus dépouillés de ce privilège et forcés d’accepter en la personne de Mahmoud Abbas, le seul mandataire reconnu par la superpuissance dominatrice ; sinon, c’est l’enfer de Gaza et les chars de Tsahal qui attendent les gueules épaisses qui n’ont pas encore compris…

L’exemple d’Israël pour qui la défense nationale est affaire sacro-sainte est encore plus frappant. Après le bilan mitigé de la guerre de Kippour en 1973, des figures emblématiques telles Golda Meïr et Moshe Dayan furent impitoyablement limogés ; Menahem Begin et Ariel Sharon subirent le même sort lorsqu’ils échouèrent à convertir en victoire politique leur succès militaire au Liban en 1982.

Aujourd’hui, le médiocre et impopulaire Ehud Olmert qui porte la responsabilité du désastre militaire le plus humiliant de l’histoire de l’état Hébreu est maintenu de force au pouvoir envers et contre tous, par la seule volonté de la Rome nouvelle.

Pourquoi chercher midi à quatorze heures, se cacher derrière son doigt ou faire semblant de regarder ailleurs ?
D’ici jusqu’à l’extinction (inéluctable) du cycle Américain, le temps du libre arbitre des peuples est révolu sur cette planète.
Et ce ne sont ni les missiles de pacotille des Ayatollah, ni les feux d’artifice suicidaires de l’Iraq, ni l’Europe couarde et égoïste, ni la Chine dépendante du pétrole du Moyen-Orient, ni la Russie affligée d’une anémie chronique et incurable qui y seront pour quelque chose.

Telle l’ancienne Rome, le mal de l’Amérique naîtra de l’intérieur.

Entretemps, les peuples continuent de s’agiter, certains dirigeants mondiaux de protester, le père Jacques de s’opposer puis s’apercevant de sa témérité, de rentrer dans les rangs la tète basse et la queue entre les jambes, le conseil de sécurité itou, kamarad Vladimir de faire le gros dos, Winograd-la-montagne d’enfanter d’une souris, et Sayyed Hassan de brailler : ألموت لاْمريكا …

Vanité de vanité et poursuite de vent. Rien n’aboutit plus ici-bas sans le sceau de la toute-puissante.

Les révolutions, les soulèvements et les mouvements protestataires ont beau écumer la terre, leur action sera toujours similaire à celle d’un coïtus interruptus duquel aucun fruit ne résultera.

Mais si elle interdit la progéniture, cette pratique ne protège pas pour autant des maladies vénériennes ; l’oracle enturbanné, le général illuminé et l’anti-sage petit Salomon en sont quelques échantillons locaux.

Par contre, tel Abraham à qui le très haut promit la paternité des nations, la superpuissance dominatrice qui seule aujourd’hui jouit du droit de pratiquer à sa guise l’acte complet, est bénie d’une progéniture abondante et variée : les Sarko, les Merkel, les Moucharraf, les Karazai, les Maliki, les Abbas, les Moubarak, les Abdallah & Abdallah, et j’en oublie…

Mais c’est au Liban (qui décidément doit toujours se distinguer) que les Américains ont engendré outre quelques bâtards disséminés, toute une cour royale en bonne et due forme où nous y retrouvons notamment :

_ La reine-mère et ses marmots en exil doré.
_ Le prince héritier, dyslexique et taré.
_ L’infante inconsolable, toute de blanc voilée.
_ Le bouffon versatile, aux prolifiques lacrymales.
_ Le Gilles de Rais sanglant, et Baron féodal.
_ Le spadassin/carabin, frais sorti du donjon.
_ Et l’éminence ‘’grise’’, Caïphe de son surnom.

Pour les Libanais, la dynastie royale est désormais assurée.
Que pouvaient-ils espérer de mieux ?

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »