Wednesday, December 12, 2007

Laissez toute espérance.



Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer.

_ Dante Alighieri / Canto Inferno III.
(La Divine comédie).

* * * *

En 1609, le roi James Premier d’Angleterre, souleva le couvercle de la boite de Pandore en découvrant la facilité déconcertante avec laquelle on peut semer la division parmi les rangs d’une population unie, rien qu’en attisant ses différends religieux. Le malheureux peuple Irlandais en fit la triste expérience durant quatre longs siècles de sang et de douleur.

Extrait de l’article intitulé « Les racines du mal »
Paru sur ce blog le 22 Avril 2007

* * * *

Tout le long de son histoire contemporaine, mais surtout depuis 1958, le Liban se traîna de crise en crise, de conflit en conflit et de guerre en guerre, avec des périodes d’accalmie relative inexorablement suivies par une recrudescence des hostilités toujours plus vicieuse et plus dévastatrice. .

Ce fait est dû à la constitution même du pays divisé en deux communautés majeures, Chrétienne et Musulmane.

Qu’on le veuille ou non, tout le mal dérive de là ; et ce blog (pourtant laïc et libéral à souhait) le constate avec une profonde amertume et regret. Mais cela n’est pas une raison pour mâcher ses mots ou chercher midi à quatorze heure.

Pour l’orthodoxe Hébreu, la loi Mosaïque est un code juridique intouchable issu directement de Yahvé pour gérer tous les aspects de son activité civique et personnelle, notamment : l'administration civile, le système judiciaire, le système militaire, le droit criminel, le mariage, les relations parents-enfants, les lois relatives à l'héritage, les biens immobiliers, la conduite et les devoirs individuels, les lois sanitaires et diététiques ; et cela souvent en contradiction importante avec les codes, lois et statuts civils et personnels d’un milieu moderne laïc et égalitaire au sein duquel, l’Israelite pratiquant pourrait être emmené à vivre.

Sans trop s’étendre sur le sujet, disons simplement que les Juifs, pourtant réputés d’habiles et malléables opportunistes, se transforment comme par enchantement en de monolithes bornés et immuables dès qu’ils butent sur le mur des commandements de ‘’ l’Eternel’’.

D’où leur échec durant des siècles à s’intégrer aux diverses communautés au sein desquels ils résidèrent, et leur cantonnement caractéristique dans de ghettos hermétiques cernés de toute part par l’hostilité générale ; jusqu’au jour où ils parvinrent, armés de preuves futiles et séculaires, à usurper à ses propriétaires légitimes un lopin de terre dans le Moyen-Orient, où une bonne partie d’entre eux demeurent cantonnés jusqu’à ce jour par la force unique de l’épée et de la protection du monde Occidental (secrètement soulagé de s’y être débarrassé), entourés de peuplades numériquement supérieures et foncièrement belligérantes.

Tel est le résultat inévitable lorsque l’enseignement ‘’Divin’’ s’éloigne de sa nature essentiellement éthique et morale à portée intemporelle et universelle pour se mêler aux étroites et circonstancielles législations ‘’terrestres’’ engendrant des décrets possiblement acceptables du temps de leur issue, mais rapidement dépassés par les changements drastiques que le cours irréversible du progrès imprime aux hommes et aux sociétés, et ceci pour l’insoluble dilemme des ‘’fidèles’’ pris entre le feu d’une législation ‘’Divine’’ rendue invraisemblable par la réalité même des choses et l’impossibilité de l’abolir ou de l’amender.

Dans un contexte comparable, l’Islam dont le code juridique reproduit presqu’intégralement les mêmes principes que son prédécesseur Judaïque, continue à faire face aux mêmes difficultés concernant l’intégration ou la coexistence de ses adeptes avec toute autre communauté possédant des lois et des statuts civiques et personnels différents.

Arrivé à ce point, il serait vital de préciser que ce que je viens d’émettre n’est nullement cité dans un esprit d’HOSTILITÉ ou de REPROCHE de ma part envers mes concitoyens Mahométans dont certains sont parmi mes amis les plus intimes, mais par simple CONSTATATION d’un fait regrettable certes, mais qu’il serait encore plus regrettable d’ignorer.

Pour mesurer la profondeur du gouffre qui sépare les deux communautés, il suffit de feuilleter rapidement les closes de la loi concernant le statut personnel du citoyen Libanais pour constater qu’il est formellement INTERDIT à un Musulman de coucher un Chrétien sur son testament et qu’un Chrétien bigame serait passible de prison alors que la même loi protège le Musulman polygame.

Alors je me gausse de ceux qui, à l’exemple de l’inénarrable Carlos Eddé, soutiennent des balivernes telles l’abolition du confessionnalisme politique ou de la laïcisation comme solution radicale au problème Libanais.

On se doit d’établir une loi spéciale pour châtier exemplairement ces ahuris qui abusent les âmes naïves et les natures crédules de leurs divagations insensées.

Des divergences fondamentales et organiques dans la conception de facteurs essentiels tels la liberté individuelle, les droits civiques, la structure de l’état et de l’idée même du Bien et du Mal, formaient déjà en eux-mêmes un mélange hautement volatil auquel vinrent s’ajouter les menées criminelles des scélérats qui se sont succédés au pouvoir au Liban, et qui attisèrent la méfiance déjà existante entre les deux communautés en vue d’y consolider leur position privilégiée et de sauvegarder leurs intérêts personnels.

En résultat de cette politique de division et de discorde, le Musulman à été graduellement emmené à considérer la présence de la civilisation Chrétienne dans son pays comme un AFFRONT, et le Chrétien comme une MENACE, la pensée Islamique.

Il existe certes d’innombrables autres facteurs issus tant de l’intérieur que de l’extérieur qui contribuèrent à la détérioration et l’empoisonnement des relations entre les Libanais ; mais le virus originel qui avait dejà annihilé le système immunitaire du pays et ouvert la porte aux germes, microbes et autres misères qui par la suite vinrent s’y engouffrer, demeure le différend religieux et son exploitation ignoble par les dirigeants Libanais.

Dernièrement, trois événements caractéristiques qui advinrent au Liban méritent leur place dans le présent exposé :

_ En Février 2006, les Sunnites fondamentalistes saccagèrent et brûlèrent le quartier de Tabariss dans la région Chrétienne d’Achrafieh suite à la publication au Danemark de bandes dessinées portant atteinte au prophète Muhammad.

_ En Juin 2006, suite à la diffusion à la TV d’un épisode satirique s’en prenant à Sayyed Hassan Nasrallah dans le cadre d’une émission bien connue, les hordes Chiites en colère déferlèrent de la banlieue sud de la capitale jusqu’au centre-ville et les confins d’Achrafieh, barrant les routes et brûlant des pneus. Un conflit généralisé fut évité de justesse.

_ En 2007, le gouvernement de Fouad Sanioura abolit le congé national du Vendredi Saint ; s’en suivit une réaction vigoureuse de la part des Chrétiens, menaçant d’avoir recours à l’insurrection civile si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Ce qu’il s’empressa de faire.

Entretemps, le contenu d’un paquet standard de pain est passé de la sempiternelle et sacro-sainte DOUZAINE à HUIT pains seulement.
Cette réduction qui touche pourtant à l’aliment de base par excellence du peuple Libanais n’a suscité nulle part la moindre réaction !


Dans un tout autre pays, un événement pareil aurait suffi pour déclencher une révolte déferlante qui aurait balayé tout sur son passage.

Mais qui va faire la révolution au Liban ?

Serait-ce l’illuminé ceinturé de C4 qui veut crever pour Allah, ou le Cro-Magnon Fasciste tatoué de la croix-poignard ? A moins que cela ne soient les traitres larbins prêts à vendre leur cul au plus payant !

Sans chercher à en expliquer les causes (trop long…), une nécrose générale ronge le peuple Libanais désormais composé en majorité de minables résignés, de loques apathiques ou de brutes insensibles.

Alors ma révolution, je la fais sur les pages de ce blog ; mais cela ne m’est d’aucune consolation.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »

Tuesday, December 4, 2007

L'ORACLE A PARLÉ.



« …Le plus risible étant le spectacle de ces anciens bagnards (littéralement) et de ces criminels de guerre, qui se sont soudain découverts une érudition en matière de droit constitutionnel et se sont métamorphosés en de doctes juristes et législateurs pour s’évertuer à expliquer au pauvre bougre d’ignorant que je suis, le danger mortel que représente la proposition du General Aoun pour la survie et la continuité de notre ‘’prestigieuse démocratie’’.

Mais le plus tordant, hilarant, désopilant boyautant, navrant, attristant, poignant, pathétique et imparablement grotesque reste le suivant :

Je vous parie ce que j’ai de plus cher (en l’occurrence mes bijoux de famille) contre un gramme de Guano, qu’il suffit d’un bref contrordre (téléphonique) du gouverneur Jeffrey Feltman pour faire dramatiquement changer de discours à tout ce ramassis de zbélé de racaille.

L’on verra alors toute cette chorale mercenaire effectuer brutalement un virage-épingle à 180 degrés, pour se transformer comme par magie, en de chantres infatigables pour louer jour et nuit les bienfaits innombrables du suffrage universel.

Et qu'en savez-vous ! S'il le leur est demandé, ils iraient même jusqu’à clamer à l’unisson :

Ma badna gheir il Imad
Raïs il joumhourié


_ Extrait de l’article « La voix de son Maître ».
Publié sur ce blog le : 11 Mai 2007.

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Ça y est l’oracle à parlé.

Comme au temps de Moise, dévalant les pentes du mont Sinaï pour porter la bonne parole de Yahvé à son peuple, l’Eternel parla aux Libanais du haut du mont Rushmore par l’entremise de deux de ses plus humbles serviteurs, en l’occurrence : Elias Atallah et Ammar Houri (un Chrétien et un Musulman ; how convenient Mr. Embassador.)


Que tes volontés soient faites ô tout puissant, mais DIEU ce qu’elles peuvent être chiantes.

Surtout pour ceux parmi les Chrétiens du 14 Brumaire qui se sont évertués pendant deux longues années à braire à tout vent qu’ils n’accepteraient JAMAIS un président qui ne serait pas de leur clique du 14 Mars, durent-ils pour cela recourir à des élections présidentielles anticonstitutionnelles et extra parlementaires au risque de mettre le pays entier à feu et à sang.

La vie est une sale pute, mais elle comporte parfois des moments de plaisir intense ; tel le spectacle inénarrables des greules de ces crapules Chrétiennes qui ont dépassé en fourberie et en servilisme tout ce que ce pays à connu auparavant (et il en a connu…) ; ces candidats à la présidence qui se sont évertués à scier la branche sur laquelle leur communauté et eux-mêmes étaient assis, comme pour dire à leurs nouveaux maîtres : Prenez-moi s’il vous plait ! Ne voyez-vous donc pas que je suis encore le plus traître de tous. ?

Que dire de ces hypocrites ordures qui nous ont rasés pendant des années, nous affirmant que JAMAIS Ô GRAND JAMAIS ils n’accepteraient d’un militaire au pouvoir.

Et le général Souleiman c’est quoi alors ? Un serrurier ?

Et je t’en vois de pâlots qui essaient de ravaler dignement leur dépit, et des verdâtres qui ne le peuvent pas, alors ils boycottent leurs camardes d’hier prétextant l’outrage devant le viol de la constitution.

VILS SALAUDS !

Et je ne parle pas des ‘’autres’’, ni de leurs promesses de guerre civile en cas de l’accès d’un non-QuatorzeMarsiste à la présidence ni des mains coupées plutôt que d’apporter le moindre amendement à la constitution.

TOZ, TOZ, ET TRIPLE TOZ.

Bouclez-la donc fripouilles, vous n’osez même pas péter sans la permission de vos maîtres !!!

* * * *

« …Enfin pour ceux qui se demandent pourquoi j’ai fini deux paragraphes de ce texte par l’expression amputée de « car après… », J’explique que ceux qui croient aujourd’hui qu’ils ont assuré leur avenir et leur part du magot en trahissant leur pays et leurs compatriotes vont à l'encontre de deux vérités fondamentales :

1) Malheur aux faibles qui s'associent aux forts.
2) Israël et le Tagoth International NE PARTAGENT PAS !

_ Extrait de l’article « Marché de dupes ».
Publié sur ce blog le 14 Avril 2007.

* * * *

Il y a à peine deux mois, GW Bush en personne annonça à la valetaille du 14 Brumaire qu’ils disposaient jusqu’à la fin de cette année comme date limite pour la privatisation du secteur de téléphone cellulaire sinon… !

Ce sont là les prémices de l’orage que ces abrutis se sont attirés sur eux-mêmes et le Liban.

Un Liban qui ne peut vivre que dans le cadre d’un équilibre subtil et délicat que ces criminels ont définitivement rompu par leur cupidité et leur voracité sans bornes.

Le pays de l’esprit et de la lumière est devenu un bouge de crapules et d’argent qui ne peut engendrer que de l’argent et encore plus d’argent, donc encore plus de crime, de convoitise et d’arriération.

L’exemple parfait du régime où les riches seront toujours plus riches et les pauvres, plus pauvres que jamais.

Et ce n’est pas le général Souleiman (malgré l’estime que j’ai pour l’homme) qui va changer cet état de choses.

Déjà, la bataille pour la formation d’un gouvernement d’entente nationale et la nomination d’un nouveau premier ministre pointe à l’horizon.

Sans parler de celle de l’établissement d’un conseil constitutionnel à la place de celui assassiné par les soins de la clique Hariri-Joumblatt, et que leurs alliés Chrétiens, pourtant tous d’’’éminents’’ juristes et hommes de droit ont passé sous silence.

Puis de la passation d’une loi électorale juste et équitable qui permettrait enfin aux Libanais d’élire leurs représentants authentiques.

Et je ne parle pas de la catastrophe économique et des $ 50.000.000.000 de dette nationale, ni de la menace occulte des milices armées palestiniennes, djihadistes, ou appartenant à divers partis confessionnels Libanais ; mais surtout de la fissure incommensurable qui sépare désormais les Libanais entre eux.

A ceux qui voient dans la ‘’solution’’ qui s’annonce une fin pour nos malheurs, même si elle est la résultante d’un vague accord entre les Etats-Unis et le régime Syrien avec l’aval obligatoire de l’état Hébreu, j’emprunte pour leur répondre cette phrase inspirée de l’évangile :

Chaque arbre se reconnaît à son propre fruit.
On ne cueille pas de figues sur des épines, ni ne vendange de raisin sur des ronces.

Ibrahim Tyan.

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Wednesday, November 28, 2007

Le banc des fantômes.



…Il est vrai que parfois
Près du soir les oiseaux
Ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots

Il est vrai que souvent
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu'elle chante d'autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d’enfants…


Jacques Brel. / La ville s’endormait.


Lorsque le grand Jacques écrivit ces lignes, le cancer lui avait déjà rongé un poumon et menaçait de lui corroder l’autre. Chez l’homme, l’étincelle moribonde de la vie biologique finit par s’éteindre, mais le rayonnement de l’esprit lui subsista, traversant l’espace et le temps bien après son départ, pour illuminer en cette soirée d’automne, ces modestes pages d’un illustre inconnu dans un pays lointain, au cours d’un autre siècle.

Cela s’appelle l’immortalité.

Il est des morts plus vivants que les vivants, et des vivants encore plus morts qu’une motte d’excréments qui fut jadis un rat, qui finit une nuit, en festin pour un chat.

Assis sur mon banc de pierre sous les palmiers d’Aïn-el-Mraïsseh avec le grand Jacques à mes côtés, je respectais le silence de mon vieux compagnon ébloui devant tant d’azur intense et de parfum enivrant émanant de cette Méditerranée ancestrale dont les vagues languissantes striées de diamant et de pourpre, reflétaient la symphonie céleste qui se déroulait dans les cieux au-dessus d’elle, comme un prélude grandiose pour l’apparition dans son berceau d’écume et d’argent, de la coquille dorée abritant la Venus endormie.

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir…


Devant cette explosion luxuriante de beauté, de tendresse, de richesse et de générosité qui se déroule devant tes yeux, combien tu dois te sentir loin de ta cruelle mer du Nord, vieux compagnon.

Et combien doivent se ronger de regret, Vermeer, Van Gogh et Turner accoudés devant nous à la balustrade, pour avoir raté quand ils le pouvaient encore, l’occasion de reproduire sur leurs toiles cette luminosité incroyable ; eux qui ont passé leur existence dans la recherche éperdue de la lumière.

Tu vois mon cher Jacques le beau pays qui est le mien ?

J’aurais aimé te faire faire la connaissance de mon autre ami Abou Ragheb que tu aurais sans doute aimé, mais il est parti à l’autre bout du monde et je ne sais pas si je ne le reverrais jamais de mon vivant.

Mais d’où vient-elle donc cette belle mélodie que nous rapporte la douce brise de Novembre ?

_ Dis-donc Jacques, le mec qui arrive de là bas, ne serait-il pas… ?

Mais je vois à ton léger sourire que tu as reconnu l’ami Charles.

La mer
Au ciel d'été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d'azur
Infinie.


Divinement bien dit, et en toute simplicité !

Tu vois mon Jacques, les intellos ont la fâcheuse habitude de s’embrouiller d’un bagage un peu trop encombrant qu’ils ne savent pas toujours larguer au bon moment.

Ceci dit, moi je les aime bien, et partage avec eux leur passion pour le jazz, le Western et la bandes dessinée.

Me vient notamment à la mémoire un personnage de bande dessinée des années 1960 qui est le grand Vizir Iznogoud qui nourrissait l’ambition secrète de devenir Calife à la place du Calife.

Ce qui m’avait surtout fait rigoler à l’époque était la ressemblance physique et morale indéniable que je trouvais entre le Vizir Iznogoud et son Calife Haroun el Poussah, avec le PM Rachid Karamé et le Président Charles Helou.

Depuis, la race d’Iznogoud à fleuri sur nos entiers, de sorte que nous avons aujourd’hui :

_ Un Sayyed Hassan qui veut être Imam à la place de l’Imam.
_ Un Sanioura qui veut être président à la place du président.
_ Un Général qui veut être Patriarche à la place du Patriarche.
_ et un Hakim qui veut être Général à la place du Général.


Quant à moi mon grand Jacques, j’ai trouvé que ce qu’il me restait encore de mieux à foutre était de faire comme tes marins d’Amsterdam qui :

Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles.


…et sur toutes les ordures qui aujourd’hui dans nos journaux, ont tous leur photo.


Ibrahim Tyan.

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Sunday, November 25, 2007

Ces ''Chrétins''...



L’étonnant est qu’après des décennies d’inconscience, d’erreurs grossières de jugement, de politique suicidaire et de lutte fratricide, les Chrétiens du Liban semblent aujourd’hui pris au dépourvu par ce qui leur arrive.

Alignés derrière un paranoïaque mégalomane et irraisonné qui voit tout en orange, ou d’un psychopathe dangereux rongé par la rancœur et qui vit encore à l’heure du « Majless-el-Harbi », sans parler de la clique restante d’opportunistes véreux, les voilà aujourd’hui scindés en deux factions secondaires vassalisées respectivement aux deux forces principales Sunnite ou Chiite au sein de la nation.

Navrante fin pour ces fondateurs véritables du Liban, qui ont fait jadis sa force, son unicité et sa raison d’être.

Leur plus haute autorité civile vient de partir laissant le siège vacant, la place déserte, la porte béante et la succession incertaine.

Ses bravacheries Matamoresques se sont soldées par un dernier message vague et ambigu à la nation, qu’il laissa le soin de lire à son chambellan essuie-tout personnel, et dans lequel il renvoyait la boule de feu vers le commandant en chef de l’armée, qui s’empressa de la rendre civilement à l’expéditeur.

Leur plus haute autorité religieuse, aujourd’hui plus vacillante que jamais, brille par son incertitude, son hésitation, ses contradictions et sa couardise. En un seul mot : par son incompétence.

Les émissaires Européens sont retournés chez eux, le Américains font semblant de regarder ailleurs et les frères Arabes nous aspergent de leurs habituels sages conseils et soutien verbal.

Entretemps une grande page de l’histoire vient d’être tournée, et quoiqu’il advienne dorénavant, la position du Christianisme au Liban et dans tout le Levant ne sera jamais plus le même.

Des uns parlent de complot Américano-Sioniste, d’autres de machination Wahhabite ou Syro-Iranienne, ou encore d’un état de statu quo rendu nécessaire dans l’attente des résultats qui émergeront du congrès d’Annapolis ; (cette dernière perspective me fait frémir, le Liban ne s’étant pas encore remis des séquelles des accords de Camp David en 1978…)

Il demeure qu’une chose est certaine : Des circonstances exceptionnelles requièrent des hommes exceptionnels.

Chez les Chrétiens du Liban, cette conjonction ne s’est pas faite.

Tels les Byzantins se querellant sur la nature du sexe des anges en 1453 alors qu'au dehors les troupes de Mehmet II s'apprêtaient à forcer les remparts de Constantinople, les Chrétiens Libanais semblent aujourd'hui plus résolus que jamais à s’entre égorger jusqu’au dernier, sur leur rafiot qui coule.

Ibrahim Tyan.

* Sur le même thème, revoir ''Nationalistes souverains ou Pharisiens et Publicains?''

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Wednesday, November 21, 2007

PARABOLE.



Dans une forêt vierge vivaient trois taureaux qu’une grande fraternité unissait. L’un d’eux était blanc comme neige, l’autre roux comme du feu et le troisième noir comme la nuit.

Ensembles ils partaient brouter l’herbe tendre des prés et se désaltérer à l’onde pure des ruisseaux dans la plus parfaite des harmonies, et ensembles ils rentraient au gîte, veillant sur la tranquillité de l’un l’autre, avec toute la sollicitude de l’authentique solidarité.

Un lion qui vivait non loin de là, se morfondait de dépit au spectacle de ces bêtes splendides qu’il aurait tant aimé se mettre sous la dent, si ce n’était leur union farouche qui les rendait invincibles même pour notre fauve, tout lion qu’il était

Ne lui restait donc que la ruse.

Un jour donc, profitant de l’absence du taureau blanc parti s’abreuver, le lion prit de part ses deux compagnons et leur tint ce discours :

_ Honorés camarades ; leur dit-il. _ Un péril funeste nous guette à tous. L’homme, cette créature abjecte et malfaisante, vient d’investir la douce tranquillité de notre vierge domaine, et n’aura de répit avant d’avoir brandi nos peaux écorchées sur les pointes de ses piques.

_ Diable, gémirent les deux bœufs atterrés ; _ que faire pour échapper à un sort si cruel ?

_ Face à ses flèches, mousquets et hallebardes ; ses cavaliers, rabatteurs et meutes féroces ; sa fourberie et sa cruauté sans limites, notre unique salut réside dans la dissimulation et la dérobade, répondit le lion ; _ je le sais d’après mon père, qui le tient de ses ancêtres.

_ Pour nous trois, continua-t-il, _ la chose est possible puisque les teintes dont la nature à agrémenté nos pelages nous permettent aisément de nous confondre avec elle ; ce qui ne va pas de même pour notre pauvre camarade blanc dont la parure éclatante le rends si repérable de nuit comme de jour ; ce qui attirera immanquablement l’homme vers son lieu de refuge, donc au vôtre, et de là au mien.

_ Débarrassons-nous donc de lui avant qu’il ne nous mène à notre perte, s’exclamèrent en chœur les deux compères, égarés par le discours terrible du prédateur.

_ Sachant combien cette pénible mais nécessaire démarche vous est haïssable, susurra le perfide félin, laissez moi donc le soin de l’accomplir moi-même pour notre bien à tous. Tout ce qu’il vous sera demandé de faire est de ne point céder à la compassion si jamais les appels au secours de votre compagnon parviennent jusqu’à vos oreilles.

C’est ainsi que le taureau blanc finit dans l’estomac du lion, et ses mugissements de détresse ne ramenèrent que leur écho.

Un temps passa avant que le lion ne revienne à la charge, prenant à part le taureau noir.

_ Ami, lui dit-il ; nous devons d’être encore en vie au sacrifice nécessaire de notre regretté compagnon blanc ; cependant tout danger est encore loin d’être écarté. Vois-tu, toi et moi sommes des bêtes furtives et silencieuses ; ce que je ne peux affirmer pour notre cher compagnon roux que la nature à doté d’un tempérament jovial et bruyant. S’il mange, boit ou dort, ce n’est que mugissements, beuglements et ronflements sonores. L’as-tu entendu piaffer ou roter ? On l’entendrait à dix lieus de la ronde, et l’homme et ses chiens ont l’oreille fine…

Ce discours eût vite fait de faire subir au taureau roux le même sort que son compagnon blanc.

Demeuré seul et sans amis, le taureau noir vécut encore quelque temps, avant que les mâchoires du lion affamé ne vinrent se refermer sur sa propre gorge, cette fois-ci sans discours ni préliminaires.

Avant de rendre l’âme, le taureau noir agonisant exhala dans un dernier éclair de lucidité tardive :

_ Ma dernière heure n’a point sonné aujourd’hui gémit-il, je mourus le jour où j'ai laissé dévorer le taureau blanc.

Ibrahim Tyan.

Note : Certaines sources attribuent l’origine de ce conte à l’Imam Ali Bin Abi Taleb. On peut le retrouver également dans Les recueils Arabes historiques suivants : مجمع الأمثال للميداني والمستقصى في أمثال العرب للزمخشري

Il n’est cependant pas exclu que les racines de cette fable ne remontent à des origines beaucoup plus lointaines appartenant au patrimoine Parsi ou même Hindou.

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Saturday, November 17, 2007

Novembre à Beyrouth.



Novembre à Beyrouth fait partie de ces cadeaux merveilleux que Mère-Nature accorde bénévolement à tout Libanais, pourvu qu’il soit béni d’yeux pour voir, de sens pour sentir, et de la sagesse nécessaire pour savourer une telle aubaine, dans la gratitude et l’humilité.

Indifférent à nos imbécilités navrantes et nos égarements funestes, le soleil continue de filer une histoire d’amour immémoriale avec notre beau pays, aussi constante et immuable que mon acharnement à cliquer systématiquement l’icône ‘’Save’’ sur l'écran de mon PC après l’écriture de chaque ligne, histoire de conserver intacts les fruits de mes pensées, avant qu’une aussi soudaine que malencontreuse coupure d’électricité ne vienne les éparpiller dans les abysses du cyberespace.

Ainsi va la vie de ces Libanais, jugés quantité tellement négligeable par la compagnie d’Electricité du Liban, qu’elle n’a daigné en aucun jour leur établir le moindre programme intelligible pour le rationnement du courant ; de telle manière que l’électricité risque de leur être coupée à toute heure, pour une période indéterminée, et ceci en un nombre de fois inconnu au cours d'une même journée.

Inconscients de leurs droits vitaux les plus légitimes et les plus fondamentaux, les Libanais continuent de ‘’militer’’ pour des lubies et des chimères, sacrifiant le précieux pour le futile et l’irremplaçable pour l’inutile, la vain, et la poursuite de vent.

* * * *

…et quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre.

_ Abraham [Bram] Stoker, Dracula.

Cette phrase tirée du célèbre roman ‘’Gothique’’ du XIXème me revint soudainement alors que je passais en cette radieuse matinée de Novembre la place des Martyrs allant vers Bab-Idriss, avec pour destination finale le ciel, le soleil, et la Méditerranée d’Aïn-el-Mraïsseh.

Après le brouhaha de Dora, les embouteillages de Bourj-Hammoud et les quartiers denses de Mar Mikhael, le vide et le silence de la place des Martyrs avaient de quoi jeter dans l’âme un trouble indéfinissable.

Cela faisait bien deux bons mois que je ne m’étais aventuré en ces parages, et le changement qui y était advenu durant cette courte période n’en paraissait que plus flagrant.

Devant l’immeuble de la municipalité de Beyrouth, une double rangée protectrice de blocs en béton s’étalant presque jusqu’à Bab-Idriss avait fait son apparition, ainsi que des fils barbelés à l’embouchure de la rue des Banques et celle de Maarad. A ma gauche, les nouveaux cafés-trottoir du ‘’Downtown’’ étaient presque tous fermés, et ceux plus rares à ma droite affichaient des tables quasi vides. Partout n’étaient que véhicules militaires, bandes jaunes d’interdiction et patrouilles armées.

Mais ce qui me frappa le plus au fur et à mesure que j’avançais, était l’absence notable de vie dans ces parages sensés abriter les ruches les plus actives de la nouvelle élite Libanaise. Les passants étaient rares, la circulation presque nulle, et ce silence insolite en beau milieu de semaine, semblable à celui d’une paresseuse matinée du Dimanche, la sérénité en moins….

Arrivé au croisement de chemins où se tenait la carcasse calcinée de ce qui fut un jour le ‘’Holiday Inn’’, je jetais un coup d’œil à travers la route qui descendait vers la mer, vers ce nouvel Alcatraz de luxe : ‘’le Phœnicia’’, où se trouvaient séquestrés derrière une nouvelle forêt de blocs en béton, de véhicules blindés et de sentinelles équipées comme pour la reconquête de Jérusalem, une quarantaine de repris de justice, logés aux frais de sa gracieuse majesté Wahhabite.

Une mouche bleue n’y aurait pas passé ; mais les putes de luxe aux dernières heures de la nuit étaient une autre histoire…

Je continuais donc mon petit bonhomme de chemin, ricanant sous cape de cet étalage impressionnant d’armement ultramoderne et de guerriers farouches dont la bravoure devant l'ennemi lors de la désormais illustre ‘’Marjeeyoun tea party’’ en 2006, est restée légendaire.

* * * *

Depuis le départ de mon cher Abou Ragheb parti pour le pays des Kangourous¹, et la fermeture définitive de son kiosque par son neveu Moussa qui ne fit pas long feu après lui, je prenais mon café à Aïn-el-Mraïsseh un peu au hasard, là où j’en trouvais.

Dernièrement, j’avais jeté mon dévolu sur une demi douzaine de cafés sommaires qui bordaient les deux côtés de la rue qui menait au ‘’Hard Rock Café’’. Telle fut ma surprise de retrouver cette artère d’habitude si grouillante de trafic et de monde, aujourd’hui fermée, vide et morne, écrasée par un silence lourd et oppressant.

Je finis par dénicher un café à moitié ouvert, dont les sièges empilés les uns sur les autres dans un recoin, m’apprirent que j’étais arrivé in extremis alors qu’il n’était que 4 heures de l’après-midi.

Boire une longue rasade d’eau fraîche à même le goulot après des heures de soif et de soleil, siffler une première gorgée d’espresso tout chaud et tirer une première bouffée de cigarette, sont des petites joies intenses que ne dédaigne aucunement l’épicurien aguerri qui à expérimenté les plaisirs les plus raffinés que l’existence puisse offrir ; et le banc de pierre face à la Méditerranée qui accueillit sans broncher mes vieux os fatigués est une place de choix que je ne troquerais, même contre un siège au paradis.

Le paradis c’est quoi au fait, sinon ces rares et précieux moments furtifs de félicité complète où l’on oublie tout pour ne penser plus à rien, sauf à se gaver de beauté, d’extase et de bonheur.

Un coucher de soleil grandiose dans un ciel de Novembre pur comme du cristal sur une mer douce et calme comme l'éternité.

En cette saison, les nuits tombent brusquement sans prévenir. C’est ainsi qu’après le bain de jouvence fait d’or solaire et de lumière qui me raviva le corps et me purifia l’esprit, l’ombre gagna furtivement ma place et l’air frisquet de la nuit me rappela qu’il était temps d’enfiler mon coupe-vent noué autour de ma ceinture.

C’est alors que je découvris que j’étais pratiquement seul sur mon banc de pierre au milieu de cette longue avenue déserte et obscure où l’on n’entendait que le chuintement des vagues désormais invisibles, dans une ville qui avait peur.

Une scène me revint d’un documentaire extraordinaire tourné par le grand Luis Buñuel intitulé : « Las Hurdes, tierra sin pan » (Terre sans pain) où l’on vit un enfant traversant une rue déserte traînant derrière lui un linceul blanc...

Lentement, je rebroussais chemin vers le parking de l’hôtel Vendôme où je pouvais encore me trouver un taxi qui me ramènera chez moi.

Ibrahim Tyan.

¹) Voir : Allah ma’ak ya Hajj et bon vent.

* Visitez : « Les carnets du Beyrouthin »

Thursday, November 8, 2007

Sofia Orthi.



Sofia Orthi, du Grec : ''Écoutons la Sagesse'', aussi : ''Alignons nous devant la sagesse''.
_ Formule répétée durant la messe Chrétienne selon le rite Byzantin.



_ Scène I

Parmi les premiers visiteurs du président Chéhab récemment élu en 1958, fut l’ambassadeur d’Iran qui lui remit de la part du Chah un cheque de $ : 80.000, lui dévoilant par la même occasion qu’il s’agissait là d’une cotisation mensuelle régulièrement versée par l’Iran depuis nombre d’années au président de la république Libanaise, suivant les termes d’un accord tripartite établi entre le Chah d’Iran, le président Chamoun et la CIA, pour le renforcement des FSI et du système Libanais de contre-espionnage, dans le cadre de la lutte générale au Moyen-Orient contre la montée du communisme.

Fouad Chéhab accepta le cheque, mais demanda aux renseignements de l’armée qu’une enquête discrète soit ouverte sur-le-champ pour tirer cette affaire au clair.

Entretemps le lecteur averti aurait déjà conclu de lui-même que le résultat de cette enquête confirma que les FSI et le Deuxième Bureau Libanais de renseignements ne reçurent jamais un sou vaillant de cette subvention.

Par contre j’en connais une importante figure politique, issue d’une modeste famille montagnarde traditionnellement fauchée, qui s’était fait bâtir à la même époque une villa de rêve au ras des vagues, avec un port intérieur façon films de James Bond, pour amarrer son yacht presque devant la porte de sa chambre à coucher.

_ Scène II

Selon une étude de l’UNRWA publiée en 2005, le nombre de refugiés Palestiniens résidents au Liban serait estimé à 400.582. La Syrie en hébergerait 424.650, les Etats-Unis entre 150.000 et 200.000, et quelque 50.000 à 80.000 en Egypte.

Mais pour commencer, pourquoi Béchara eL Khoury et Riyad Bey el Solh avaient-ils accepté en 1948 cette distribution inéquitable qui chargeait le Liban d’un fardeau bien au-dessus de sa taille et de ses capacités ?

Est-il vrai que le silence des dirigeants Libanais de l’époque fut monnayé à un prix tel, que leurs arrières petits fils continuent aujourd’hui à en mener une vie de Pacha entre Paris et Las Vegas ?

_ Scène III

Durant les années 1950, Ahmad Bey el Assaad, en ce temps là un des Barons Chiites les plus éminents du Sud Liban, eut pour son rejeton Kamel Bey destiné à prendre un jour sa relève, un mot que je qualifierais d’outrageusement savoureux.

_ Fils, lui dit-il ; je n’ai pas grande richesse à te léguer, mais je te laisse en héritage quelque 500.000 ânes bien dociles desquels tu pourras faire ce que tu voudras.

_ Scène IV

Quelles étaient les raisons véritables qui poussèrent Saëb Bey Salam à fomenter un soulèvement armé à Beyrouth en 1958 ? Etait-ce pour empêcher l’adhérence du Liban au ‘’pacte de Bagdad’’, ou pour en faire du pays, (en ce temps là enviablement stable et prospère), un satellite de la RAU ?

Et pourquoi Kamal Bey Joumblatt, de sa montagne du Chouf prit-il part active à ce soulèvement, malgré son dédain prononcé, [lui qui se targuait de gauchisme et de progressisme], pour Saëb Salam, Gamal Abdel Nasser et tout ce nationalisme Arabe de pacotille ?

Enfin pourquoi Rachid Effendi Karamé, homme de l’Arabie Saoudite et conformiste-type, s’est joint dans le Nord à cette guérilla armée dont les deux autres têtes représentaient respectivement le Nassérisme révolutionnaire et le gauchisme radical, tous deux ennemis jurés de royaume Wahhabite ?

_ Scène V

Pourquoi Kamal Bey Joumblatt s’allia en 1975 avec le refugié Yasser Arafat contre ses compatriotes Libanais, et qu’espérait-il en récolter en mettant avec l’aide du Palestinien son propre pays à feu et à sang ?

_ Scène VI

Qu’attendait donc le Cheikh Bachir Gemayel de la part de ces Libanais qui avaient pourtant vu leurs villages rasés, leurs récoltes brûlées et leurs enfants écrasés par les mêmes chars Israéliens qui le portèrent au pouvoir en 1982 ?

Est-t-il concevable que Le champion des Chrétiens ait poussé la candeur politique jusqu’à croire qu’il pouvait être si lourdement redevable aux Israéliens, sans en devenir pour autant leur vassal ?

Aujourd’hui les Chrétiens Libanais en pleine crise existentielle se détournent de leurs véritables hommes de valeur pour idolâtrer la mémoire de leur Cheikh martyr, qui n’avait jamais hésité de son vivant à expédier vers un monde meilleur tout Chrétien dont les vues ne concordaient pas avec les siennes.

Digne héritier du manichéisme phalangiste paternel, le jeune Chef y ajouta le meurtre comme solution radicale à tout antagonisme ou concurrence politique. Le massacre de ses alliés PNL à Safra, des Arméniens de Bourj Hammoud ou celui de la famille Frangié à Ehden, restent des exemples éloquents parmi tant d’autres.

Epilogue.

Tout comme fut le cas pour un John F Kennedy, une mort violente et prématurée vint conférer chez l’imaginaire populaire, une aura mystique autour de l’image de Bachir Gemayel, parti bien à propos avant que l’érosion implacable du pouvoir ne vienne exposer au grand jour son indubitable médiocrité.

* * * *

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
_ Rabelais.

Qui peut-ce être ? Qu'est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ?
_ Molière, l’Avare, Acte IV scène 7

Une première interrogation après considération du rapide rembobinage historique effectué ci-dessus pourrait bien être : Que fait donc courir de la sorte les Libanais ?

Après avoir expérimenté la stabilité, la floraison, la guerre civile et le chaos. La souveraineté et l’occupation. L’aisance et la pauvreté. La victoire et la défaite. La révolte et la soumission. L’ordre et l’anarchie. L’intégrité et la corruption. Le nationalisme, le socialisme, le capitalisme, Le fondamentalisme et l’anarchie. La fidélité et la traîtrise. L’espérance et le désespoir, les Libanais en sont toujours au même point qu’hier et semblent se mouvoir aujourd’hui au sein d’une sorte de ‘’remake’’ des mêmes scènes citées au début de cet article.

Seuls ont changé les dates et certains acteurs

La quête du bonheur, objectif fondamental de l’humanité à toujours prouvé être une sorte d’utopie. Ceci est dû au fait de le rattacher à des sources qui lui sont étrangères telles la richesse, le succès, le pouvoir, etc.

En 1960, le président Fouad Chéhab élu deux ans auparavant, exprima le désir de démissionner de son poste, estimant qu’il avait accompli sa mission en ramenant le Liban à des conditions normales après l’insurrection civile de 1958. Seule la pression populaire le fit changer d’avis.

En 1964, une forte majorité parlementaire proposa d’amender la constitution afin de permettre à Chéhab de se représenter pour un second mandat assuré. Ce dernier refusa catégoriquement.

Le plus grand président que le Liban ait jamais connu n’était pourtant point un foudre d’intelligence, ni une ‘’bête de politique’’ et certainement pas un leader charismatique. Mais sa modestie, sa discrétion et son intégrité légendaire cachaient une qualité encore plus précieuse parce que rarissime : La Sagesse.

Deux philosophes peuvent bien se contredire ; deux hommes de science, avoir deux théories différentes concernant un même sujet ; mais deux sages ne peuvent qu’être toujours en harmonie.

L’intelligence, la science et la culture, si essentielles pour le développement, la progression et la continuité du genre Humain demeureront incomplètes sans l’apport de la Sagesse que beaucoup confondent avec les trois attributs déjà cités.

L’omniscience, la juste appréciation des choses, le discernement parfait entre le bien et le mal fondé sur la raison et l’expérience ainsi que la bonté infinie en sont quelques facettes.

Qu’importe si mon discours soulève le sourire narquois de certains esprits qui se croient Cartésiens et qui n’en sont finalement que déshydratés, je continue à croire fermement que le grand drame de la majorité des Libanais et de la totalité de leurs dirigeants est leur manque tragique en sagesse.

Tel Diogène arpentant avec sa lampe les ruelles d’Athènes à la recherche d'un homme,

Je cherche dans mon pays, un sage.

Ibrahim Tyan.

* Visitez « Les carnets du Beyrouthin ».