
Laissez toute espérance en entrant dans l’Enfer.
_ Dante Alighieri / Canto Inferno III.
(La Divine comédie).
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En 1609, le roi James Premier d’Angleterre, souleva le couvercle de la boite de Pandore en découvrant la facilité déconcertante avec laquelle on peut semer la division parmi les rangs d’une population unie, rien qu’en attisant ses différends religieux. Le malheureux peuple Irlandais en fit la triste expérience durant quatre longs siècles de sang et de douleur.
Extrait de l’article intitulé « Les racines du mal »
Paru sur ce blog le 22 Avril 2007
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Tout le long de son histoire contemporaine, mais surtout depuis 1958, le Liban se traîna de crise en crise, de conflit en conflit et de guerre en guerre, avec des périodes d’accalmie relative inexorablement suivies par une recrudescence des hostilités toujours plus vicieuse et plus dévastatrice. .
Ce fait est dû à la constitution même du pays divisé en deux communautés majeures, Chrétienne et Musulmane.
Qu’on le veuille ou non, tout le mal dérive de là ; et ce blog (pourtant laïc et libéral à souhait) le constate avec une profonde amertume et regret. Mais cela n’est pas une raison pour mâcher ses mots ou chercher midi à quatorze heure.
Pour l’orthodoxe Hébreu, la loi Mosaïque est un code juridique intouchable issu directement de Yahvé pour gérer tous les aspects de son activité civique et personnelle, notamment : l'administration civile, le système judiciaire, le système militaire, le droit criminel, le mariage, les relations parents-enfants, les lois relatives à l'héritage, les biens immobiliers, la conduite et les devoirs individuels, les lois sanitaires et diététiques ; et cela souvent en contradiction importante avec les codes, lois et statuts civils et personnels d’un milieu moderne laïc et égalitaire au sein duquel, l’Israelite pratiquant pourrait être emmené à vivre.
Sans trop s’étendre sur le sujet, disons simplement que les Juifs, pourtant réputés d’habiles et malléables opportunistes, se transforment comme par enchantement en de monolithes bornés et immuables dès qu’ils butent sur le mur des commandements de ‘’ l’Eternel’’.
D’où leur échec durant des siècles à s’intégrer aux diverses communautés au sein desquels ils résidèrent, et leur cantonnement caractéristique dans de ghettos hermétiques cernés de toute part par l’hostilité générale ; jusqu’au jour où ils parvinrent, armés de preuves futiles et séculaires, à usurper à ses propriétaires légitimes un lopin de terre dans le Moyen-Orient, où une bonne partie d’entre eux demeurent cantonnés jusqu’à ce jour par la force unique de l’épée et de la protection du monde Occidental (secrètement soulagé de s’y être débarrassé), entourés de peuplades numériquement supérieures et foncièrement belligérantes.
Tel est le résultat inévitable lorsque l’enseignement ‘’Divin’’ s’éloigne de sa nature essentiellement éthique et morale à portée intemporelle et universelle pour se mêler aux étroites et circonstancielles législations ‘’terrestres’’ engendrant des décrets possiblement acceptables du temps de leur issue, mais rapidement dépassés par les changements drastiques que le cours irréversible du progrès imprime aux hommes et aux sociétés, et ceci pour l’insoluble dilemme des ‘’fidèles’’ pris entre le feu d’une législation ‘’Divine’’ rendue invraisemblable par la réalité même des choses et l’impossibilité de l’abolir ou de l’amender.
Dans un contexte comparable, l’Islam dont le code juridique reproduit presqu’intégralement les mêmes principes que son prédécesseur Judaïque, continue à faire face aux mêmes difficultés concernant l’intégration ou la coexistence de ses adeptes avec toute autre communauté possédant des lois et des statuts civiques et personnels différents.
Arrivé à ce point, il serait vital de préciser que ce que je viens d’émettre n’est nullement cité dans un esprit d’HOSTILITÉ ou de REPROCHE de ma part envers mes concitoyens Mahométans dont certains sont parmi mes amis les plus intimes, mais par simple CONSTATATION d’un fait regrettable certes, mais qu’il serait encore plus regrettable d’ignorer.
Pour mesurer la profondeur du gouffre qui sépare les deux communautés, il suffit de feuilleter rapidement les closes de la loi concernant le statut personnel du citoyen Libanais pour constater qu’il est formellement INTERDIT à un Musulman de coucher un Chrétien sur son testament et qu’un Chrétien bigame serait passible de prison alors que la même loi protège le Musulman polygame.
Alors je me gausse de ceux qui, à l’exemple de l’inénarrable Carlos Eddé, soutiennent des balivernes telles l’abolition du confessionnalisme politique ou de la laïcisation comme solution radicale au problème Libanais.
On se doit d’établir une loi spéciale pour châtier exemplairement ces ahuris qui abusent les âmes naïves et les natures crédules de leurs divagations insensées.
Des divergences fondamentales et organiques dans la conception de facteurs essentiels tels la liberté individuelle, les droits civiques, la structure de l’état et de l’idée même du Bien et du Mal, formaient déjà en eux-mêmes un mélange hautement volatil auquel vinrent s’ajouter les menées criminelles des scélérats qui se sont succédés au pouvoir au Liban, et qui attisèrent la méfiance déjà existante entre les deux communautés en vue d’y consolider leur position privilégiée et de sauvegarder leurs intérêts personnels.
En résultat de cette politique de division et de discorde, le Musulman à été graduellement emmené à considérer la présence de la civilisation Chrétienne dans son pays comme un AFFRONT, et le Chrétien comme une MENACE, la pensée Islamique.
Il existe certes d’innombrables autres facteurs issus tant de l’intérieur que de l’extérieur qui contribuèrent à la détérioration et l’empoisonnement des relations entre les Libanais ; mais le virus originel qui avait dejà annihilé le système immunitaire du pays et ouvert la porte aux germes, microbes et autres misères qui par la suite vinrent s’y engouffrer, demeure le différend religieux et son exploitation ignoble par les dirigeants Libanais.
Dernièrement, trois événements caractéristiques qui advinrent au Liban méritent leur place dans le présent exposé :
_ En Février 2006, les Sunnites fondamentalistes saccagèrent et brûlèrent le quartier de Tabariss dans la région Chrétienne d’Achrafieh suite à la publication au Danemark de bandes dessinées portant atteinte au prophète Muhammad.
_ En Juin 2006, suite à la diffusion à la TV d’un épisode satirique s’en prenant à Sayyed Hassan Nasrallah dans le cadre d’une émission bien connue, les hordes Chiites en colère déferlèrent de la banlieue sud de la capitale jusqu’au centre-ville et les confins d’Achrafieh, barrant les routes et brûlant des pneus. Un conflit généralisé fut évité de justesse.
_ En 2007, le gouvernement de Fouad Sanioura abolit le congé national du Vendredi Saint ; s’en suivit une réaction vigoureuse de la part des Chrétiens, menaçant d’avoir recours à l’insurrection civile si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision. Ce qu’il s’empressa de faire.
Entretemps, le contenu d’un paquet standard de pain est passé de la sempiternelle et sacro-sainte DOUZAINE à HUIT pains seulement.
Cette réduction qui touche pourtant à l’aliment de base par excellence du peuple Libanais n’a suscité nulle part la moindre réaction !
Dans un tout autre pays, un événement pareil aurait suffi pour déclencher une révolte déferlante qui aurait balayé tout sur son passage.
Mais qui va faire la révolution au Liban ?
Serait-ce l’illuminé ceinturé de C4 qui veut crever pour Allah, ou le Cro-Magnon Fasciste tatoué de la croix-poignard ? A moins que cela ne soient les traitres larbins prêts à vendre leur cul au plus payant !
Sans chercher à en expliquer les causes (trop long…), une nécrose générale ronge le peuple Libanais désormais composé en majorité de minables résignés, de loques apathiques ou de brutes insensibles.
Alors ma révolution, je la fais sur les pages de ce blog ; mais cela ne m’est d’aucune consolation.
Ibrahim Tyan.
* Visitez « Les carnets du Beyrouthin »





