Saturday, July 14, 2007

Le café d'Aïn-el-Mraïsseh.




Il m’est arrivé souvent au cours mon enfance, d’entendre Feu mon père ainsi que d’autres adultes de sa génération, utiliser dans leur jargon d’anciens Beyrouthins une expression dépréciative qui consistait à comparer l’objet de leur désapprobation au ‘’Café d’Aïn-el-Mraïsseh’’.

Que de fois n’entendis-je le cher homme, après une inspection-surprise effectuée dans ma chambre, me sommer sur un ton sans réplique : ‘’Je te donne une heure pour mettre de l’ordre dans tout ce foutoir ; ma parole on se croirait au café d’Aïn-el-Mraïsseh ici’’.
Ou lorsque vaincu par l’ennui, il m’arrivait parfois de piquer un petit somme à l’église durant l’office du Dimanche, son souffle dans mon oreille me ramenait sans ménagement à la sainte réalité : ‘’Réveille-toi et tiens-toi bien droit’’ me chuchotait-il ‘’ici tu n’es pas au café d’Aïn-el-Mraïsseh’’.

Je dois donc aux tances paternelles dont l’unique effet fut d’éveiller en moi le désir de voir de plus près ce lieu ‘’peu recommandable’’, ainsi qu’aux directives de quelques camarades de collège natifs de la région, le privilège de la découverte dans ma prime jeunesse d’adolescent d’Achrafieh, du vénérable café ‘’Al-Bahreïn’’ dont le sobriquet populaire de ‘’Café d’Aïn-el-Mraïsseh’’ prévalut sur son nom véritable, et survécut ainsi dans la mémoire plébéienne.

Pourtant le coup de foudre ne fut pas immédiat, et l’endroit de prime abord avait tout pour rebuter le petit petit-bourgeois domestiqué et cul-bénit que j’étais.

Imaginez-vous des marches en bois branlantes fixées à même la roche, qui vous menaient en-dessous de la route, toujours plus bas jusqu’au niveau des vagues, vers une méchante bicoque sommaire aux vitres opaques de saleté, et dont l’intérieur sombre et enfumé débouchait sur une invraisemblable jetée faite de planches pourries qui fendait la mer, juchée sur des pilotis aussi précaires que vermoulus.

Un véritable coupe-gorge marin, sans doute l’œuvre d’un vieux charpentier à moitié toqué et ivrogne de surcroit.

Mais l’âge venant, ma vision des êtres et des choses s’éclaircit considérablement ; le fond primant désormais sur la forme, je commençais enfin à saisir pourquoi le Rabelais de ma jeunesse prêchait de casser l’os afin d’en extraire ‘’la substantifique moëlle’’. Il m’arrivait donc de plus en plus souvent en fin d’après-midi, de dégrafer ma cravate et de laisser mon bureau de Hamra aux bons soins du personnel, pour me rendre seul ou avec quelques amis au café d’Aïn-el-Mraïsseh.

Chaque étape principale de ma vie est attachée à un café que je choisissais pour sa personnalité qui rimait avec mon état du moment ; Pour le Café d’Aïn-el-Mraïsseh, le contraire s’est passé.

C’était ‘’lui’’ qui jeta sur moi son dévolu.

Insensiblement je devins un ‘’accro’’ de cette table située au bout de la jetée, que la Méditerranée cernait de trois cotés et de ces couchers de soleil grandioses, explosions chatoyantes de flamme, de splendeur et de tranquillité.

Apres la défaite quotidienne des légions de lumière, un long moment de paix et de silence s’installe dans l’univers, avant l’avance inéluctable de l’armée de l’ombre triomphante à travers le ciel, les êtres et les choses.

Assis devant ma table solitaire au bout de la jetée, entouré des derniers poudroiements d’or et d’écarlate, avec pour seuls compagnons ma cigarette et le chuintement langoureux de la Méditerranée, je ne pouvais imaginer de meilleurs auspices pour communier l’espace d’un éclair hélas trop furtif, microcosme éphémère avec le macrocosme éternel.

Avec le temps, je découvris que l’aspect rudimentaire de l’endroit n’était que pur leurre, le café y était excellent et de loin supérieur à la lavasse standard servie dans les Mövenpick, Strand, Modca, Express, et autres établissements à la mode du moment. Les Tasses et les verres étaient d’une propreté impeccable, dans les narguilés brulait un authentique tabac Iranien « Ajami » et non cette merde Egyptienne bon marché d’aujourd’hui, poisseuse de mélasse et de parfum synthétique écœurant, et le plat de Foul qui débordait d’huile d’olive extra-vierge arrivait accompagné de petits pains chauds et d’un extraordinaire plateau bigarré où la tendre ciboulette fraîche avoisinait avec de brillantes olives noires, des radis croquants, des branches de menthe verte et d’une belle tomate rutilante. Un pur délice.

Hicham, Zeidan et Bilal étaient à mes petits soins et réussirent à me faire croire que j’étais leur client préféré jusqu’au jour où je les vis s’occuper avec le même zèle de Michel Abou-Jaoudé (célèbre analyste politique du journal An-Nahar) qui venait souvent accompagné de Samir Nasri. (Critique cinématographique bien connu).

Mais mon mec favori était incontestablement Mahmoud le cuistot, qui était aux anges lorsque je pointais quelquefois en galante compagnie ; alors il sortait tout son art pour expédier à notre table un mezzé de derrière les fagots au milieu duquel trônait une succulente friture de poissons frais, de quoi épater ma compagne et de ‘’me blanchir la face’’. Et le bougre y parvenait !

Mahmoud avait entreposé dans sa cuisine un ancien poste de radio massif qui devait dater de l’époque de Marconi et dont l’aiguille chercheuse s'était volontairement bloquée sur une seule et unique station : « Saout-el-Arab Minal’ Kahira ».

Le soir tombé, les reflets dans l’eau des luminaires et le doux murmure continuel des vagues ajoutés aux effets bénéfiques d’une bonne bouteille dispensaient à la nuit Beyrouthine bien plus de magie encore.

Mahmoud, à travers la lucarne de sa cuisine me fait un clin d’œil en m’indiquant sa radio dont il hausse légèrement le volume. Il sait ce que j’aime, et les premières mesures de ‘’Keliobatra’’ (Cléopâtre) de Mohammad Abdel-Wahab fusent dans l’air balsamique de la nuit d’été, au dessus des eaux tranquilles d’Aïn-el-Mraisseh :

Notre nuit est faite de vin et de désir
Et d’un voile de lumière qui protège nos ombres…

Les buveurs de la nuit, ivres se sont assoupis
Mais nous ont devancés au réveil
Ah, s’ils avaient connu un amour comme le nôtre
Ils seraient encore paupières closes…

Chaque fois qu’une coupe trinque
Le buveur nous regarde avec indulgence…

Ô mon amour, ce soir je suis en mal d’amour
Ah si je pouvais te faire partager
Les joies de mon cœur.



Qui donc parmi les paroliers ou interprètes Arabes d’aujourd’hui, oserait écrire ou chanter pareilles strophes ?

Ibrahim Tyan.

Ps. Comme tant d’autres choses, le café d’Aïn-el-Mraïsseh à disparu aujourd’hui, remplacé par une horrible bâtisse kitsch et vulgaire et la jetée en bois à été démolie pour faire place à une rade en béton pour canots à moteur.

Friday, July 6, 2007

Pour entretenir le flambeau.



Ramsès II, fils de Sethi Premier, Seigneur des Deux Terres, [Ouser-Maât-Rê] ; Maître des apparitions en gloire et troisième Pharaon de la XIXème Dynastie, doit frémir d’orgueil du bord de la barque solaire d’Osiris, au spectacle de la stèle millénaire qu’il érigea jadis en haute Egypte en l’honneur de son seigneur et maître Amon-Râ, et qui trône aujourd’hui, respectueusement chapeautée d’or, au beau milieu de la place de la Concorde, au cœur même de la plus prestigieuse des villes-lumière des temps modernes.

A Paris, pour retrouver les ombres illustres de Gertrude Stein et Alice B. Toklas, Ingres, Henry James ou Chateaubriand, il suffit de déjeuner à la ‘Closerie des Lilas’, ou de prendre un verre au café des ‘Deux Magots’ pour que revivent devant vos yeux les images de Picasso, Hemingway, Apollinaire, ainsi que celles de Lénine et Trotski, (et leur célèbre échiquier) ; Elsa Triolet, André Gide, Jean Giraudoux, Fernand Léger, Prévert, Sartre et Simone de Beauvoir.

* * * *

En 1965, Moshe Dayan publia un livre intitulé : ‘Journal de la campagne du Sinaï 1956’ dans lequel les plans et les cartes militaires relatives à l’opération « Kadesh » menée à l’époque par l’armée israélienne, et qui se solda par l’occupation du territoire Egyptien du Sinaï et de la rive ouest du canal de Suez, étaient dévoilés phase par phase dans leurs plus infimes détails.

En juin 1967, le Israéliens réappliquèrent presque à la lettre le même plan : [Opération Kadesh révisée], en lançant sur les mêmes pistes, trois corps d’armée dans une vaste manœuvre d’encerclement pour réoccuper le Sinaï et la rive ouest du canal.

Aux journalistes qui s’étonnaient à l’issue de la guerre des six jours, qu’Israël prit l’incroyable risque de recourir au même plan d’attaque de 1956 pourtant déjà dévoilé au grand public et disponible dans toutes les librairies, un Dayan grassement cynique, rétorqua avec tout l’humour graveleux qui lui était propre : Aucun risque puisque de toute façon, les Arabes ne lisent pas.

* * * *

Il existe un terme Libanais délicieux pour dépeindre l’état d’esprit du nigaud, ahuri devant un phénomène qui le dépasse ; on dit qu’il en reste: « Bouche bée et couilles ballantes. »

Semblable est aujourd’hui l’attitude du bédouin fondamentalement inculte, et de par ce fait même, ô combien impuissant et vulnérable, devant le raz-de-marée déferlant de la civilisation - imposture Yankee.

Arnold Toynbee publiait déjà en 1951 : « … l'hypertrophie technologique de notre civilisation s'est accompagnée d'une atrophie des comportements et des valeurs intellectuelles et spirituelles de civilisation, que ce soit du domaine de la pensée, de la croyance, de la culture au sens le plus large. »

Au Liban, dont la cote intellectuelle est résolument en chute libre depuis trente ans, nos ‘’dirigeants’’, devant lesquels, un Don Vito Corleone ferait figure d’humaniste philanthrope, profitent toujours de leurs prestations vespérales télévisées, pour nous dégueuler à la face les mêmes borborygmes inintelligibles au milieu desquels on peut distinguer les termes sempiternels de DÉMOCRATIE et de CONSTITUTION.

Ô prodige incroyable et merveille des merveilles, que d’ouïr ces visionnaires illuminés pontifier et catéchiser si savamment sur la DÉMOCRATIE et les VALEURS RÉPUBLICAINES, sans pour cela posséder une traître notion d’Aristote, de Platon, de Cicéron ou même d’un Jules César !

Encore un miracle Libanais !

* * * *

* Question : Est-ce que Farid Mkari est au courant que La caractéristique de la civilisation occidentale est l'acquisition d'une puissance technologique assez grande pour interrompre le cycle des autres civilisations ?

* Question : Est-ce que Georges Adwane soupçonne que la puissance technique occidentale est assez grande pour dissimuler un processus de décadence normale en une perversion du déséquilibre, et en une fuite en avant technologique ?

* Question : Est-ce que le Cheikh Saad sait que la civilisation occidentale ne vise à rien moins qu'à l'incorporation de toute l'humanité en une grande société unique, et au contrôle de tout ce que, sur terre, sur mer et dans les airs, peut être exploité grâce à la technologie occidentale de pointe ?


* Réponse à tout : Depuis qu’au Liban, on a réussi (avec l’aide de Dieu) à exterminer la race malfaisante et chimérique des Ibrahim El Yazigi, Amine El Rihani, Gebran Khalil Gebran, Charles Malek, Michel Chiha, Petro Trad, Omar Daouk, Hassan Kamel El Sabbah, Maurice Gemayel et autres illuminés trublions et corrupteurs, Personne ne se pose plus (grâce soit rendue à Dieu) ce genre de questions absurdes et improductives.

* * * *

Sans culture authentique, donc sans pensée ni esprit, l’homme de notre temps devient une proie facile au conformisme auquel s’est habitué l’essentiel de la population humaine. La force de la complicité établie entre le citoyen et le mensonge virtualisé qu'on lui présente comme explication de son temps est des plus offensantes.

Si nous savons y faire, nous pouvons cependant utiliser à notre profit les structures de liberté que le système se contraint lui-même à respecter, parce que de cette liberté dépendent aussi les bénéfices dont il se nourrit.

Internet est le plus bel exemple du phénomène. Structure d'une infinie liberté et disponibilité, établie pour faire circuler le commerce et l'information favorables au système, elle aboutit également et surtout, à permettre la circulation de l'information antisystème dans une mesure qui était encore inespérée il y a quelques années.

Audace et liberté, audace fortement liée à la liberté, et audace parce que liberté, voilà les antidotes dont il faut faire usage.

Ibrahim Tyan.

Ps. J’avais presque oublié que les CONSILIERI de nos DONS nationaux vont se rendre en France dans une semaine pour se réunir dans la banlieue romantique de Saint-Cloud sous l’égide de Bernard Kouchner.

Connaissant d’avance leur discours, je ne peux qu’envier le père Bernard et donnerais cher pour être à la place du veinard.

Ah ma mère! Ce qu’il va se bidonner…

Ibrahim

Wednesday, June 27, 2007

Petite escapade, probablement sans lendemain.



Tædium Vitae

Ma génération se sacrifia,
et la suivante en fit de même,
aujourd’hui je vis des enfants,
mais des idées, toujours les mêmes.

Ventre stérile toujours béant,
visions et chimères lointaines,
et la terre s’abreuva de sang,
et le ciel de prières vaines.

Ne criez pas, c’est du perdu.
Ne pleurez plus la coupe est pleine.
Mais tirez les pieds au pendu,
vous écourterez sa peine

J’ai entendu tous les menteurs,
me débiter leurs fredaines.
Et la nuit les pas des voleurs,
s’enfuir la besace pleine.

Et la mort au bout de la rue,
ravir coupables et innocents,
Mêlant ainsi leurs chairs, leur sang ;
C’est l’égalité obtenue.

Le galbe de ton sein,
la chute de tes reins,
l’ourlet de tes lèvres,
sont ma seule prière.

Advienne que pourra,
je sais, tu es à moi,
et que ton nom sera,
ma parole dernière.

Ibrahim Tyan.

Monday, June 25, 2007

De Charybde en Scylla...



…OU LES ÉGAREMENTS MORTELS DES SUNNITES AU LIBAN.

Aussi loin que remonte l’histoire du Grand-Liban, les Sunnites y ont toujours représenté l’élément récalcitrant et réfractaire, voire perturbateur.

Leur rejet inhérent pour l’esprit même du pacte national sur lequel la constitution d’un Liban indépendant et souverain fut établie est beaucoup plus redevable à la présence d’un président Chrétien Maronite quasi omnipotent à la tête du système, plutôt qu’à la prédominance de leur Arabisme sur leur Nationalisme, condition qui relèverait chez eux de l’effet plutôt que de la cause.

Durant ma vie, j’ai eu la chance, de rassembler autour de moi une pléiade d’amis de toutes les appartenances et les confessions, voire des agnostiques, des hérétiques, ou tout simplement des athées purs et durs ; merveilleuse expérience qui s’est avérée avec le temps, particulièrement fructueuse et enrichissante.

Entre la pensée utopique, idéaliste et mystique d’un Jésus détaché des conditions matérielles (…mon royaume n’est point de ce monde), et celle pragmatiste et utilitaire du conquérant, monarque, pontife et législateur pointilleux qu’était le prophète Muhammad ( …l’argent et la progéniture sont les ornements de l’existence sur terre ), les points de rencontre entre ces deux pensées monothéistes, (malgré le bon-vouloir des esprits conciliants), restent minces et problématiques.

Durant les années 1960, il m’est souvent arrivé de lire à Beyrouth, sur les murs des quartiers Musulmans Sunnites de Kaskass, Mullah, Tarik el Jdidé ou Tallet el Khayat, le même graffiti toujours griffonné à l’aérosol rouge, qui exprimait invariablement le même message : La présence d’un chef Chrétien à la tête des croyants est Haram.

Ce qui était au demeurant, parfaitement légitime et compréhensible, du point de vue d’un musulman sincère et pratiquant, qui vit selon les préceptes de la Sunna d’Allah et de son prophète.

Toute la question est là ; et si l’on peut discuter, changer, plier ou amender des lois humaines selon les besoins ou les circonstances, un authentique croyant ne pourrait en aucun moment envisager de soumettre une loi de provenance Divine au même traitement, sous peine de mettre en péril son propre salut en ce monde, et dans l’autre.

Devant une telle perspective, qui l’en blâmerait ?

Sans parler du sentiment de gêne et de sourde infériorité, ressenti par le Musulman Libanais vis-à-vis de ses coreligionnaires Arabes, pour être le seul parmi tous à être gouverné par un Chrétien et ceci en contradiction flagrante avec un commandement fondamental du Très-Haut.

De grandes issues peuvent avoir parfois à la base une cause simplissime et triviale ; c’est Pascal, grand homme de science, de lettres et de foi du XVIIe qui cite, non sans humour parmi ses Pensées : « Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, la face du monde en eût été changée. »

Apres avoir donc intriqué inlassablement pendant des décennies, notamment avec les Syriens, les Nasséristes et les Arafatistes, pour saisir le pouvoir au Liban, les Sunnites se virent à deux doigts du but lorsqu’ils sortirent seuls gagnants de la nouvelle constitution instituée à Taëf en 1989, qui procéda à ‘’émasculer’’ le président Chrétien en le dépouillant de toutes ses facultés cruciales antérieures, au profit du conseil des ministres réuni.

Depuis lors, une marginalisation systématique des Chrétiens Libanais, et une déchéance progressive de leur influence politique, sociale, et culturelle sur le pays se fit avec l’aide de l’occupant Syrien, mais aussi avec la complicité de certaines ‘’images’’ politiques et religieuses Chrétiennes qui favorisèrent cette issue par opportunisme ou par simple inconscience politique.

Aujourd’hui, le courant Sunnite d’Al Mustaqbal en la personne du Premier Ministre Fouad Sanioura, nanti de tous les attributs et pouvoirs jadis relevant de l’autorité du seul président Maronite, gouverne ‘techniquement’ le pays ; mais de graves fautes et des erreurs de jugement, de prévision et de prospective, ont transformé le trophée tant convoité qu’il croyait enfin sien, en une poignée de cendres bientôt éparpillés aux quatre vents, et tous les Libanais avec.

*** L’échec sur le plan économique est grandiose. La négligence des secteurs de l’agriculture et de l’industrie pourtant jadis florissantes, sous prétexte de favoriser le ‘’tourisme’’, ajoutée à l’économie clandestine, cabalistique et erratique adoptée par le gouvernement Haririste ainsi que la politique désespérée de l’emprunt sauvage, un système fiscal aberrant et déraisonnable et l’atteinte par la corruption à des niveaux inimaginables, ont fini par transformer ce Liban jadis aisé et prospère, en un pays saigné à blanc, insolvable et mendiant, dont la plus grande aspiration consiste désormais à accéder au rang de lupanar à l’usage des pétro – bédouins.

*** Les altérations dramatiques advenues à la démographie du pays après l’exode massif et occultement provoqué des Chrétiens vers l’étranger et l’évincement du pouvoir de leurs autorités de valeur encore résidentes, au profit de quelques larbins serviles conservés pour la forme, ont irrémédiablement changé la face de ce qui fut un jour, le seul havre de civilisation et de libre-pensée dans un Moyen-Orient obscurantiste et totalitaire.

Artisans véritables d’un Liban ‘’phare de l’Orient’’, le départ progressif des Chrétiens prive le pays d’une inestimable force économique, sociale et culturelle faite de libéralisme, de créativité et de productivité, et d’une culture unique qui rallie la subtilité et la profondeur de l’héritage Arabo – Byzantin, à la richesse et la rigueur de la civilisation Franco – Latine influencée par la luminosité de la pensée Hellénique, désormais en cours de remplacement par une mince couche factice de ‘culture’ Américanisante bidon.

Le joyau authentique qu’était le Liban ne s’était pas fait tout seul et par hasard, du jour au lendemain ; cette vérité historique essentielle semble néanmoins échapper aux mentalités épaisses de la horde du 14 Brumaire dont la lucidité politique est désormais paralysée par l’orgueil totalitaire, la cupidité, et le sectarisme revanchard.

*** Effrayés au lieu de s’en réjouir par les victoires spectaculaires sur Israël, enregistrées par la résistance Islamique Libanaise représentée notamment par le Hizbollah Chiite, les Sunnites Libanais qui ont brandi sans le moindre résultat pendant plus d’un demi-siècle, l’étendard du Jihad contre l’occupant Sioniste, se conduisent aujourd’hui en commerçants jaloux, évincés d’un marché qu’ils considéraient jusqu’alors comme étant le leur, par la ‘’concurrence malhonnête’’ du parti Chiite.

Non contents de s’être attirés l’inimité de la majorité écrasante des Chrétiens Libanais, les Sunnites du Hariristan sont aujourd’hui en confrontation directe avec le formidable bloc Chiite, dans une manœuvre désespérée et irresponsable, en vue de l’attirer vers un conflit armé qui fournirait à Israël et aux forces de l’OTAN, le prétexte d’intervenir directement au Liban, en leur faveur ; …espèrent-ils !

*** Depuis le premier jour de l’Indépendance en 1943, l’opposition Sunnite, Islamiste fut-elle, Nassériste, Baasiste, Arafatiste ou autre, trouva éternellement en la Syrie un allié précieux et un réservoir inépuisable d’appui moral, physique et matériel, sans lequel il leur aurait été virtuellement impossible de réussir dans le moindre de leurs desseins.

L’aide Syrienne n’a jamais été bénévole, celà est un fait bien connu, n’empêche que La place que les Sunnites occupent actuellement au Liban est grandement due à cette aide.

En se retournant aujourd’hui contre la Syrie et en s’alignant sans vergogne dans les rangs de ses ennemis, les Sunnites Hariristes se sont faits un ennemi mortel du régime le plus criminel, le plus sanguinaire et le plus implacable que la région ait jamais produit.

Et qui les poursuivra jusqu’à la tombe.

D’où leur dépendance désormais pathologique envers leurs nouveaux ‘protecteurs’ Américano – Sionistes avec toutes les servitudes, les concessions et les avilissements infinis que cette situation sans issue peut entraîner.

*** Mais le pire demeure leur implication avec Al Qaeda qu’ils crurent pouvoir utiliser pendant un certain temps à leurs propres fins, pour les rejeter tout de suite après selon leur tactique préférée.

Erreur grossière et bêtise fatale qui les plaça, et le Liban en entier, dans le collimateur d’Azraël en personne.

Et l’on vit pour la première fois depuis deux ans la destination des attentats criminels se préciser singulièrement, de Verdun aux forces de la FINUL, en passant par Aley, Tripoli et Walid Eido.

On ne joue pas au plus malin avec le Diable, ni l’on ne tire impunément la queue à Ibliss.

Que de prix payé depuis quarante ans, rien que pour la suppression de l’aspect Chrétien du Liban.

Ibrahim Tyan.

Friday, June 22, 2007

Pour qu'ils ne soient pas partis en vain.



Les familiers avec ce site savent ce que le Liban représente pour moi, ainsi que de mes positions fermes du côté de la Vie, de l’Amour et de l’Espoir.

J’ai trop vécu et trop vu, trop lu et trop entendu, pour finir dans la peau d’un apologiste de la violence et de la mort, ou d’un chantre de la vengeance et de l’intolérance.

Mais cette même expérience m’a aussi appris que dans une situation telle que la nôtre aujourd’hui, rien n’est plus dangereux que la cessation du combat avant que l’hydre blessée ne soit dûment décapitée, et la publication d’un bulletin de victoire avant terme.

D’où les quelques lignes qui suivront.


* * * *

Si les colonnes blindées de l’armée libanaises n’investissent pas l’entière superficie du camp, forçant ainsi les restants des bêtes immondes qui ont dans un acte de criminalité injustifié et non provoqué, décapité ses soldats endormis et sans défense, à brandir leur culotte du haut de leur fusil en guise de drapeau blanc, il n’y a pas de victoire.

Et si la photo des survivants capturés, transportés à bord des camions de l’armée, les yeux bandés et les mains liés derrière le dos, cinglant vers une prison militaire dans l’attente de comparaitre devant un tribunal militaire, ne fait pas la une dans les journaux du matin, nos soldats seraient morts en vain.

Et à moins que le commandant en chef de l’armée Libanaise, accompagné des officiers de son état-major, n’apparaissent au bulletin du soir à la télévision, inspectant à pied, le territoire entièrement nettoyé, ni l’honneur, ni le prestige de l’armée ne seront saufs, à plus forte raison, l’avenir du Liban.

Ibrahim Tyan.

Sunday, June 17, 2007

Et vive la science !



C’était durant la période matinale du Samedi 16 Juin 2007 que je vis et entendis sur la chaine Al-Moustaqbal, un ‘’invité’’ établir avec l’animatrice, la comparaison entre la sauvagerie criminelle des meurtriers de Walid Eido et l’humanité exemplaire d’un pilote Israélien qui, durant l’agression de 2006, perdit un temps fou à survoler un pont à détruire dans le Nord-Liban, dans l’attente du départ deux enfants qui s’y trouvaient..

Je restai sur ma frustration car le reste de l’histoire se perdit dans la conversation et je ne sus jamais si les mioches finirent par calter, permettant ainsi à Menahem le miséricordieux de mener à bien sa mission.

Depuis l’avenue du bon Dr. Freud, les orateurs des tribunaux détectèrent dans ses préceptes, une véritable mine d’or pour soustraire à la justice des gibiers de potence évidents.

Ainsi donc, l’incendiaire criminel devint un pyromane, le voleur de profession un Kleptomane, le parjure un mythomane, et le tueur à gages un psychopathe.

Mais comment trouver excuse devant le tribunal de l’histoire pour les propos insensés et avilissants auxquels je viens d’assister sur la ‘’chaine du futur’’ ?

En invoquant les séquelles d’un cas aigü du syndrome de Stockholm pardi !

Et vive la science.

Ibrahim Tyan.

Monday, June 11, 2007

l'entrée en scène d'AZRAËL.



Cela fait plus de deux ans que la fanfare de la clique du 14 février soumet le Libanais à un énorme matraquage médiatique, perpétuel et incessant, sur la nécessité impérative du désarmement du Hizbollah et de la cessation définitive de son existence en tant ‘’qu’état dans l’état ‘’.

Aujourd’hui, la menace des nombreux îlots fondamentalistes Sunnites, armés jusqu’aux dents et parsemant le territoire national, ainsi que l’éclosion brutale de la violence dans le camp palestinien de Nahr-el-Bared dans le Nord Liban, assènent une gifle magistrale à cette autorité ploutocratique et sectaire qui, par une nuit sans lune et sans vigie, fit main-basse sur le pouvoir avec l’appui des forces du Tagoth International, qui ne prennent plus la peine de camoufler leur véritable substance prédatrice , dans un monde rendu désormais unipolaire et livré comme aux plus sombres périodes de son histoire, à la merci des serres implacables de l’abus et de l’intolérance la plus absolue.

La résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU stipulant entre autre dans son deuxième volet : ‘’le désarmement et la dissolution de toutes les milices’’ sur le territoire Libanais, le bon sens le plus élémentaire aurait par cela entendu avant tout, le désarmement des milices, groupes, groupuscules, sociétés, clans, unités et autres groupements présents sur le sol national, dont l’armement intensif ne s’appuie sur aucune justification valable, et qui varient des diverses milices Palestiniennes jusqu’aux milices locales des FL et des PPS, en passant par les groupes Islamistes, Salafistes et fondamentalistes dont les ramifications se perdent dans le noir de la nébuleuse d’Al Qaeda, ou tout platement des bandes armées de ‘simples’ gangsters, tueurs à gages ou hors-la-loi qui ont toujours trouvé abri et sanctuaire, au sein du magma formé par les divers groupes déjà mentionnés.

Mais la clique au pouvoir choisit d’ignorer, voire de protéger et même de sponsoriser à maintes occasions cette olla-podrida sinistre et maléfique, pour centrer son agression sur l’armement du Hizbollah dans une intense campagne diffamatoire qui vise à Diaboliser ce Hizb, somme toute, tout aussi irritant pour eux, de par son palmarès national glorieux que de par sa discipline exemplaire et sa conduite civique sans reproche, et de le charger de l’entière responsabilité des malheurs qui ont accablé et accablent toujours la Nation.

Les raisons pour ce comportement absurde et offensant sont exposées d’une manière magistrale dans le très puissant, très lucide, et très complet article publié par mon vieil ami BeO sur son site « Heuristiques Libanaises » et intitulé : ‘’le parachèvement de la mue Sunnite’’.

Aujourd’hui, je crains fort qu’il ne soit trop tard pour faire ou dire quoique ce soit.

N’en déplaise à certaines âmes candides et petites natures, et les sanglots longs des violons de la clique des proxénètes pour bédouins, qui pleurnichent déjà sur la saison touristique (ou bordélique) encore ratée.

En vérité je vous le dis : Celui ou ceux d’entre les Libanais, qui ont magouillé, comploté, soutenu ou protégé Al Qaeda, croyant ainsi pouvoir l’utiliser à leurs fins, ont grand ouvert la porte à AZRAËL et sonné le glas du Liban.

A mes fils qui me demandaient mon estimation, lors du premier jour des accrochages entre l’armée Libanaise et les assassins de Fatah-el-Islam, sur la durée que pourraient prendre les combats avant que l’armée Libanaise ne puisse trancher l’affaire en sa faveur, je répondis : - Ce ne sera point l’affaire d’un jour, ni d’une semaine, ni d’un mois…-

Devant la mine déconfite de mes garçons, je ravalais jusqu’au fond de la gorge le reste de ma phrase : - Ni d’un an, ni de deux !

15.000 soldats Libanais d’élite, sont aujourd’hui bloqués au Sud pour empêcher le Hizbollah de ‘nuire’ à Israël, la chancelière ménopausée des Allemands, l’ayant déclaré sans détours.

10.000 autres sont déployés à Beyrouth et dans sa banlieue pour diverses inepties, tels la garde des ambassades et personnalités étrangères, ainsi que les domiciles et les personnes de nos ministres, députés, et autres nullités Nationales ainsi que les sièges des institutions officielles, tandis qu’une majeure partie est maintenue pour la protection et la défense du Grand Sérail contre le peuple Libanais.

En outre, et selon le correspondant de la BBC International, le nombre des troupes Libanaises mobilisées pour l’opération à Nahr-el-Bared équivaudrait à plus de 30% des effectifs globaux de l’armée.

Donc, le premier objectif est presque atteint et la courageuse mais modeste armée Libanaise est étirée au maximum. Au fait, elle est tellement étirée que le maintien de l’ordre dans le camp Palestinien de Ain-el-Heloueh au Sud Liban et la sécurité de la maigre garnison Libanaise s’y trouvant, sont désormais confiés officiellement aux combattants fondamentalistes de Ousbet-el-Ansar (Abou-Mehjen, ça vous dit quelque chose ?) dont le passé rengorge de crimes contre l’état, ne fut-ce que le meurtre infâme des quatre magistrats Libanais à Saida en pleine session du tribunal.

Mais n’allez surtout pas raconter cela à Sitt Bahia el Hariri qui chante leurs louanges à qui veut bien entendre, et les soutient et les protège avec la prunelle même de ses yeux.

Le bourbier du Nord est immense et l’armée Libanaise fait face actuellement à TOUTES les factions Palestiniennes et fondamentalistes réunies qui la combattent aujourd’hui sous l’écran de fumée de Fatah-el-Islam. Son dilemme est insoluble.

Reculer lui serait catastrophique.
Avancer est suicidaire.
Accepter la ‘solution diplomatique’ lui porterait le coup de grâce.

Enfin délivrée du joug pesant du grand vendu, la France propose d’accueillir chez elle une table ronde réunissant des représentants de toutes les factions Libanaises en dispute.
Thanks Frenchies but it’s too little, too late.
Le lait à déjà été répandu et Perrette n’y peut plus rien !

Comme au bon vieux temps, le temps des Abawats est revenu. Abou-ceci par ci, et Abou-cela par là, c’est à eux de décider maintenant.

Cette terre leur à été promise et ils sont prêts à mourir pour elle.

Eux au moins savent apprécier les choses à leur juste valeur.

Et nous fêterons désormais chaque année, au vingt sept Août, le martyre de Moustapha ZABRI, alias Abou-Ali.

( Ceux qui seraient tentés de croire que je me suis laissé aller ici à une obscénité gratuite n’ont qu’à consulter ce lien )

Ibrahim Tyan.